Les footballeurs ont plus de risques de contracter une maladie du cerveau

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footeux

 

D’après une étude réalisée au Royaume-Uni, les adeptes du ballon rond seraient plus propices aux maladies du cerveau entraînant une démence après la fin de leur carrière.

La revue médicale Acta Neuropathologica a publié ce mercredi une étude selon laquelle les footballeurs professionnels seraient plus propices à contracter une maladie du cerveau pouvant provoquer une démence. L’étude met en avant le fait qu’un footballeur touche en moyenne de six à douze fois le ballon de la tête au cours d’un match soit environ 2 000 fois au cours de sa carrière. Si les traumatismes crâniens dans le football sont plus souvent causés par un contact entre joueurs que par un contact avec le ballon (seulement 12,6% des cas), Acta Neuropathologica précise que les conséquences qu’elle a décelées sont le résultat de ce qu’elle appelle des « impacts répétitifs non commotionnels ».

 

Un lien potentiel entre football et ETC

Comment s’est déroulée cette étude ? Entre 1980 et 2010, seize cas d’anciens footballeurs (tous des hommes avec en moyenne vingt-six ans de pratique derrière eux) ayant subi une déficience cognitive progressive ont été détectés au service psychiatrique de la vieillesse de Swansea, au pays de Galles. Deux n’ont pas voulu participer à l’étude lorsque quatorze ont accepté un suivi régulier (pendant près de trois décennies) jusqu’à leur mort. Six d’entre eux ont accepté que l’on analyse leur cerveau post-mortem. Dans tous les cas, une maladie démentielle progressive s’est développée chez les sujets à une moyenne d’âge de 63,6 ans et pour une durée moyenne de dix ans. Pour dix d’entre eux, cela s’est ajouté à une déficience motrice pouvant inclure la maladie de Parkinson. Et sur les six autopsies effectuées pour les besoins de l’étude, quatre ont révélé des signes d’encéphalopathie traumatique chronique (ETC), une affection cérébrale provoquant de fortes migraines, dégradation de l’oralité, altérations graves de la mémoire, dépressions lourdes et propensions suicidaires.

 

Des risques d’Alzheimer

« Nos résultats montrent un lien potentiel entre la pratique du football et l’ETC. », a ainsi expliqué à l’AFP le principal auteur de l’étude, le Dr Helen Ling, de l’Institut de neurologie de l’University College London (UCL). « Il y a un besoin urgent d’identifier ces risques. Une étude de grande échelle est indispensable et la coopération des organisations professionnelles, de la Fédération anglaise et de la Fifa sera nécessaire. » D’après celle-ci, les anciens joueurs, dont les autopsies ont démontré qu’ils étaient atteints d’ETC, avaient aussi la maladie d’Alzheimer. Mais selon le Dr Ling, le lien entre les deux affections reste flou.

Impossible cependant de ne pas faire le rapprochement avec le football américain où selon la revue Neurology (septembre 2012), les anciens joueurs sont quatre fois plus touchés par la maladie d’Alzheimer que la moyenne. Le Dr Ling a d’ailleurs estimé « qu’il est probable que ce soit une combinaison de ces deux maladies qui a provoqué la démence chez ces anciens footballeurs. ». C’est d’ailleurs à la suite du décès de Jeff Astle, ancien attaquant de West Bromwich Albion, à 59 ans, après cinq ans de déclin cognitif progressif que l’attention médiatique a été attirée par les cas de démence comme conséquence tardive de la vie de footballeur professionnel.

Deux choses sont toutefois à souligner. D’une part, les joueurs concernés par cette jouaient avant les années 80. Le ballon qu’ils utilisaient était en cuir et pesait 450 grammes. Une masse qui pouvait augmenter de 25% avec l’humidité. L’impact du choc ballon-tête s’en trouvait accru. Cependant, l’étude précise que de nos jours, les ballons plus légers se déplaçant plus rapidement auraient la capacité de provoquer un impact de la même force. Cet aspect ne remettrait donc pas en cause les résultats obtenus (quand bien même ces chocs ne représenteraient qu’une minorité des causes de traumatismes). D’autant plus que l’hypothèse selon laquelle un ballon synthétique pourrait provoquer des ETC a été soutenue par des résultats radiologiques d’un jeune footballeur de 29 ans en présentant une. D’autre part, cette possible corrélation entre football et ETC provenant (selon l’étude) « d’impacts répétitifs commotionnels », c’est la répétition des sessions qui accroîtrait le risque. Pas d’inquiétude donc pour le footballeur du dimanche.

 

 

Source :

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actu-pourquoi-le-football-abime-le-cerveau-28682.php

http://www.lexpress.fr/actualite/sport/chez-les-footballeurs-pro-le-risque-de-maladies-cerebrales-est-accru_1879511.html

http://www.huffingtonpost.fr/2013/06/12/football-faire-des-tetes-pourrait-endommager-le-cerveau-selon-une-etude-americaine_n_3420201.html

http://www.liberation.fr/sports/2017/02/16/selon-des-medecins-le-football-peut-rendre-fou_1548636

http://www.20minutes.fr/sport/football/2014515-20170215-selon-etude-footballeurs-plus-risques-contracter-maladie-cerveau

 

Note :

La répétition des chocs (jouer de la tête) finit par déclencher des mécanismes de mort neuronale dans certaines aires cérébrales, avec des conséquences cognitives notables. Ainsi, les joueurs ayant subi divers tests cognitifs ont présenté une baisse de leurs performances de mémoire verbale, notamment. Ce dont on peut avoir un aperçu en écoutant certaines interviews de joueurs de football.

6 comments

      1. Tout juste.

        Je l’avais lu dans une revue.

        Il m’aurait fallu éplucher les études publiées dans le web anglophone et je n’avais pas trop de courage pour m’atteler à cette tâche.

        Aimé par 1 personne

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