Les trois tamis de Socrate

Publié par

 

Ancient Greek philosopher Socrates

Socrate (470-469 av. J.-C. – 399 av. J.-C.)

 

 

 

Un homme accourut un jour vers Socrate le Sage.

 

« II faut absolument que je te raconte. », dit-il, visiblement excité, « Aurais-tu jamais cru cela ? Tu sais, ton ami… »

 

« Arrête ! » L’interrompt Socrate, « As-tu passé ce que tu désires si ardemment me communiquer par les trois cribles ? »

 

« Que veux-tu dire ? »

 

« Le premier crible est celui de la vérité ; ce que tu as à me dire, est-ce absolument vrai ? »

 

« Je le pense. », reprit l’autre, « Mais enfin, je ne l’ai pas vu de mes propres yeux, c’est un camarade, Untel, qui m’a confié sous le sceau du secret que… »

 

« Le deuxième crible. », interrompt à nouveau Socrate, « Est celui de la bonté ; ce que tu vas me dire, est-ce une chose bonne ? Parles-tu en bien de ton prochain ? »

 

« Pas précisément, plutôt le contraire. »

 

« Le troisième crible enfin est celui de la nécessité ; est-il absolument indispensable que je sache ce qui semble te mettre en un tel émoi ? »

 

« Indispensable ? Non, pas tout à fait, mais enfin, je pensais… »

 

« Eh bien, mon ami, si ce que tu as à me dire n’est ni indispensable, ni charitable, ni incontestablement vrai, pourquoi le colporter ? Efface-le de ta mémoire et parlons de choses plus sages. »

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Socrate#Pi.C3.A9t.C3.A9_de_Socrate

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tamis#Les_trois_tamis_de_Socrate

 

Marc de Smedt et Michel Piquemal, Paroles de sagesse éternelle, Albin Michel, 1999

7 comments

  1. J’adore! Je prefere également ce genre de discours.
    Les colporteurs me fatiguent… ramassis de mensonges (volontaires ou pas) et de jugements, sortant tout droit de quoi? De l’interpretation que la personne a eu d’un fait ou d’un discours.
    C’est inutile et fatiguant.
    Et puis, comme on dit: la critique est facile mais l’art est difficile…

    J'aime

    1. Bonsoir Clémentine,

      Désolé de répondre aussi tardivement.

      L’analyse de Socrate portée sur le discours me parait avisée, sage et juste.

      Colportage, mensonge, jugement, interprétations…Je te rejoins totalement. C’est éreintant et tellement inutile si l’on prend de le temps d’y réfléchir quelque peu.

      Je te cite : « Et puis, comme on dit: la critique est facile mais l’art est difficile… »,
      …Excellente conclusion.

      Ton commentaire résume assez bien ma pensée.

      Je te remercie Clémentine… Tes mots viennent enrichir Les trois tamis de Socrate.

      Aimé par 1 personne

  2. A reblogué ceci sur Boycottet a ajouté:

    « Eh bien, mon ami, si ce que tu as à me dire n’est ni indispensable, ni charitable, ni incontestablement vrai, pourquoi le colporter ? Efface-le de ta mémoire et parlons de choses plus sages. »

    Aimé par 1 personne

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.