Les grandes crises financières mondiales du 17ème au 21ème siècle

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Time : 6 mn 08

 


 

Crise financière - 1

 

 

Définition

« Détérioration brutale, brève et extrêmement cyclique d’un ensemble d’indicateurs financiers : taux d’intérêt à court terme, prix des actifs (action, immobilier, foncier), cessation de paiement des entreprises et faillite des institutions financières… »

Raymond Goldsmith (1904-1988), économiste américain

 

Le terme crise financière s’emploie pour désigner la déstabilisation du système bancaire et financier d’une ou de nombreuses économies. La crise financière inclut les monnaies, les institutions financières et le marché boursier. Une crise financière peut être de différentes natures et toucher un seul ou plusieurs secteurs économiques. Elle peut se situer à différentes échelles planétaire régionale ou nationale. Elle peut s’étendre par contagion et devenir international. Elle peut avoir pour conséquence de ralentir l’économie mondiale voir de générer une crise économique et une récession.

 

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l_Enseigne de Gersaint - Watteau (1720)

L’Enseigne de Gersaint – Watteau (1720)

 

 

Liste des crises monétaires et financières de 1637 à 2015

 

 

1637 : En février 1637, après plusieurs années de spéculations sur le cours des bulbes de tulipes aux Pays-Bas, les prix s’effondrent brusquement provoquant la ruine de nombreux spéculateurs. Cet épisode concernant le marché de la tulipe est considéré par certains historiens comme le premier exemple de bulle spéculative économique et financière de l’histoire.

 

1720 : En 1720, à quelques mois d’intervalle, deux crises financières interviennent en France et en Angleterre concernant les titres de compagnies exploitant les ressources du Nouveau Monde, la Compagnie des mers du Sud et la Compagnie du Mississippi de John Law. Ces crises sont connues en Angleterre sous le nom de South Sea Bubble et Mississippi Bubble. La Révolution financière britannique est affectée. En France, elle est connue sous le nom de faillite du Système de Law et est la conséquence du taux d’endettement massif de la France en 1715.

 

1788 : En France, le cours de la Caisse d’escompte s’effondre progressivement au printemps 1788 puis subitement durant l’été, conduisant entre temps le Trésor royal au bord de la banqueroute et à la convocation des Etats généraux.

 

1792 : La Panic of 1792 (mars et avril) américaine suit la création en 1791 de la The First Bank of the United States, première banque centrale américaine. Sa cause est le lancement d’une politique massive de prêts à taux réduits causant une flambée hystérique d’emprunts, suivie d’une brusque remontée des taux, rendant incapable les emprunteurs de tenir leurs engagements et causant leur faillite en chaine.

 

1797 : Le 26 février 1797, la Banque d’Angleterre, à court de réserves, décide de suspendre les paiements en espèces devant l’afflux des demandes de conversion auxquelles les banques du pays sont confrontées. Des bruits d’invasion ont en effet conduit une foule de particuliers, fermiers et petits commerçants à retirer leurs avoirs auprès des banques de province. La banqueroute de plusieurs d’entre elles renforcera le mouvement et il en résultera ce qui est considéré comme la première panique bancaire.

 

1810 : En 1810, alors que l’Angleterre est soumise au blocus de Napoléon, le système de crédit s’effondre, provoquant de nombreuses faillites. Les causes en sont multiples au-delà du blocus lui-même. D’une part, la livre, détachée de l’or pour ne pas augmenter les impôts en dépit de la situation de guerre, était minée par l’abus du crédit et par l’inflation. D’autre part, l’Angleterre était confrontée à des difficultés de recouvrement de ses ventes en Amérique du Sud. Enfin, la politique des licences et la contrebande avaient conduit à une réduction des réserves bancaires. Le marasme qui s’ensuivit donna notamment naissance au luddisme.

 

1819 : La crise de 1819 est la première crise financière de grande ampleur aux États-Unis. Elle marque la fin de l’expansion qui a suivi la Guerre de 1812, dont le financement avait asséché les réserves bancaires et conduit à une suspension des paiements en espèces en 1814. Il en est résulté une inflation des émissions monétaires privées qui se sont investies dans des placements fonciers spéculatifs avant que la Banque centrale (Second Bank of the United States) n’engage une politique restrictive qui provoquera une vague de faillites et une profonde récession agricole et industrielle.

 

1825 : En 1825, à la suite de spéculations intenses sur les investissements latino-américains (banques, assurances, armement de bateaux, construction de canaux…), le cours de ces valeurs s’effondre à la Bourse de Londres. De nombreuses banques font banqueroute et, dans la seule année 1826, environ 3 300 entreprises font faillite. Cette crise, qui a principalement touché la Grande-Bretagne, est l’une des premières crises boursières de l’histoire.

 

1836 : En 1836, l’Angleterre connaît un nouveau krach boursier à la suite de la décision du président américain Andrew Jackson de subordonner la vente de terres d’État à un paiement en métaux précieux. Cette décision donne un brusque coup d’arrêt à la spéculation foncière en Amérique. Les banques américaines ayant contracté des emprunts à Londres, la crise financière touche durement le Royaume-Uni et aura des répercussions jusqu’en Allemagne. Peu après, le 10 mai 1837, la bulle spéculative éclate aux États-Unis lorsque les banques américaines suspendront leurs paiements en espèces.

 

1847 : En Angleterre et en France, l’engouement pour les actions des compagnies de chemin de fer et la sous-estimation du coût des travaux d’investissement ont fait monter les actions à des cours démesurés. L’effondrement des cours de Bourse en 1847, à la suite de nouveaux appels de fonds qui ont mis fin à la confiance, révèle une crise du crédit qui provoque une panique bancaire et la faillite de nombreuses banques ainsi que la suspension de l’activité de plusieurs compagnies. Peu après, la révolution politique en France engendre une panique boursière qui entraîne une nouvelle vague de faillites.

 

1857 : En août 1857, la banque Ohio Life and Insurance Company, confrontée à une forte demande de crédit, suspend ses paiements. Elle est rapidement suivie par les banques de New York, du Maryland et de Pennsylvanie, puis par d’autres banques importantes à Baltimore, Philadelphie et Boston. Le taux de l’escompte s’accroît fortement et, dans le courant de septembre, les actions de chemin de fer enregistrent une forte baisse à la Bourse de New York. La crise américaine se propage immédiatement en Angleterre sous la forme d’une crise de change qui se complique rapidement d’une crise de crédit intérieur. Bien que moins violente, elle atteint également la France où la Bourse de Paris connaît une forte baisse. Elle est suivie d’une récession économique dans tous les pays unis par des liens monétaires, financiers et économiques.

 

1866 : Des prises de risques considérables (notamment sur le secteur ferroviaire) suivent l’introduction de la responsabilité limitée en 1862 pour les compagnies (notamment les banques). Elle est précédée d’un ralentissement boursier qui s’est propagé à travers toute l’Europe au début de l’année. La faillite de la maison d’escompte Overend & Gurney le 10 mai 1866, due à un défaut de paiement de la Mid-Wales Railway Company déclenche un krach boursier le vendredi 11 mai (Black Friday), et une panique bancaire qui entraîne une crise de liquidité, avec une série de faillites en chaîne.

 

1873 : La Crise bancaire de mai 1873, démarrée par un krach le 9 mai à Vienne, est née d’une spéculation immobilière effrénée qui se retourne quand l’Exposition universelle de 1873 se révèle décevante. Berlin, dopée par loi monétaire prussienne du 4 décembre 1871, et Paris, portée par les spéculations du Baron Haussmann, sont les plus touchées par le retour de manivelle. Les faillites de banques se multiplient, elles se méfient les unes des autres. Aux États-Unis, les difficultés de la Jay Cooke & Co déclenchent la Panique du 18 septembre 1873. Suit la « grande stagnation » de l’économie mondiale entre 1873 et 1896.

 

1882 : C’est une scorie du Krach de 1873. Le 19 janvier le cours des titres de la banque s’effondre provoquant sa faillite et une crise boursière et bancaire de grande ampleur essentiellement circonscrite à la France. Créée quatre ans plus tôt, l’Union Générale avait fondé un développement fulgurant sur des investissements hasardeux, notamment dans les mines, les assurances et les sociétés foncières, en particulier en Russie, en Autriche-Hongrie et dans les Balkans, et la spéculation boursière.

 

1890 : La plus ancienne banque britannique est en faillite en raison de son exposition à la dette souveraine de l’Argentine, surendettée et en défaut de paiement. La banque d’Angleterre, soutenue par la Banque de France, viendra à son secours pour éviter des faillites en chaîne, mais les banques londoniennes cherchèrent à compenser leurs pertes sur les titres argentins en vendant des titres sur la place de New York contribuant ainsi à transmettre la panique.

 

1893 : Krach financier qui eut lieu aux États-Unis lorsque les investisseurs tentèrent de convertir leurs avoirs fédéraux en or.

 

1907 : La panique bancaire américaine de 1907, aussi nommée Panique des banquiers, survient lorsque le marché boursier s’effondre brusquement, perdant près de 50 % de la valeur maximale atteinte l’année précédente. Partie de New York, la panique se propage à tout le pays, de nombreuses banques et entreprises étant acculées à la faillite.

 

1923 : En Allemagne, l’hyper-inflation atteint son apogée en novembre 1923. Sa cause immédiate est l’exigence française de réparations de guerre (« le Boche paiera »). L’armée française occupe la Ruhr comme gage, paralysant la première région industrielle du pays. En quelques mois, les denrées s’achètent en milliards de marks et il faut une brouette pour transporter les billets. La crise monétaire s’aggrave d’une agitation intérieure (communistes en Saxe et Thuringe, putsch de Hitler à Munich). Américains et Britanniques, qui ont de gros intérêts en Allemagne, convainquent la France de réduire ses prétentions et d’évacuer la Ruhr.

 

1929 : Le Krach du New York Stock Exchange entre le 24 octobre et le 29 octobre entraîne une crise bancaire qui précipite les États-Unis dans la Grande Dépression. Les événements de ces journées déclenchent la plus grave crise économique mondiale du 20ème siècle.

 

1966 : Après plusieurs années de forte croissance de l’économie, les banques américaines se trouvent à court de réserves dans un contexte où la Réserve Fédérale conduit une politique restrictive afin de contenir l‘inflation. La crise se traduira par une chute des cours boursiers, une baisse des liquidités et une hausse des taux d’intérêts provoquant un fort ralentissement de l’activité économique. Elle est considérée comme la première crise moderne, des épisodes similaires de resserrement du crédit se reproduisant en 1969 et 1974.

 

1971 : Suspension unilatérale le 15 août par les États-Unis de la convertibilité en or du dollar, qui mène aux « Accords de Washington » du 18 décembre 1971. Après une période de transition, cela mènera à l’adoption en février 1973 suite des « Accords de Washington » du 18 décembre 1971, du système des changes flottants, encore en vigueur aujourd’hui, qui fut effectivement mis en place le 19 mars 1973 et fut entériné par les accords de la Jamaïque du 8 janvier 1976.

 

1974 : Le 26 juin, dépôt de bilan effectif de la banque allemande Herstatt alors que la partie en dollars américains des opérations de change de la banque, à cause du décalage horaire, n’est pas dénouée. Première prise de conscience du risque systémique sur les marchés financiers modernes. Le choc pétrolier fait chuter les obligations anglaises car il aggrave une inflation déjà présente. Le gouvernement travailliste est obligé de demander 3,9 milliards de dollars au FMI en 19761, en raison d’un marché obligataire boycotté, après un pic d’inflation à 25 % en 1975.

 

1979 : À partir du mois d’octobre, le nouveau gouverneur de la banque centrale américaine, Paul Volcker, fait monter les taux au jour-le-jour du marché monétaire américain, qui dépasseront plusieurs fois 20 %, afin de mettre – avec succès et au prix d’une sévère récession – un terme à l’inflation élevée caractéristique des années 1970.

 

1980 : Une tentative spectaculaire mais infructueuse de corner du marché de l’argent métal par un pétrolier texan, Nelson Bunker Hunt, et son frère William Herbert Hunt, a été manifestement imaginée et planifiée pendant les années d’inflation, où les anciens métaux précieux pouvaient apparaître comme des valeurs-refuge. Elle se heurte à la hausse gigantesque des taux courts américains et s’achève par la faillite des frères Hunt, une démonétisation durable des métaux précieux

 

1982 : À la suite du choc pétrolier de 1973, les pays en voie de développement s’étaient lourdement endettés, et ce d’autant plus facilement que les banques de dépôt cherchaient à utiliser les énormes dépôts de pétrodollars dont elles disposaient. Mais cet endettement servait principalement à couvrir des déficits budgétaires, pas à financer l’investissement, ce qu’a encore aggravé le deuxième choc pétrolier de 1978, alors que les banques étaient encore plus enclines à prêter. Une partie importante de la dette des PVD était à taux variable et à court terme. La hausse des taux courts américains décidée fin 1979 a donc considérablement alourdi la charge de la dette. Le pays où la situation de la balance des paiements s’est dégradée le plus rapidement a été le Mexique, qui a fait défaut brusquement en août 1982. Cela a eu un effet de raréfaction générale du crédit et provoqué une crise bancaire mondiale. La banque centrale américaine dut baisser ses taux en catastrophe, tandis que le FMI accordait des lignes de crédit d’urgence aux PVD. Le stock de dettes en suspens demeura un problème majeur du système financier mondial jusqu’à l’adoption du plan Brady en 1989. Cet épisode, qui a mis en évidence « les imperfections de l’intermédiation bancaire dans l’offre de crédit », a fait beaucoup pour le développement des marchés financiers et la désintermédiation bancaire.

 

1985 : Le 21 novembre, une panne informatique à la Bank of New York immobilisa près de 28 heures le système de règlement-livraison des emprunts d’État américains et ne fut dénouée que grâce à un concours sans précédent — 20 milliards de dollars — de la Banque centrale américaine.

 

1987 : À partir de janvier 1987, à cause du déséquilibre causé sur le marché des changes par les accords du Louvre, qui ont enrayé de force la baisse du dollar, les taux d’intérêt à long terme américains remontent considérablement, tandis que les marchés d’actions continuent, eux, de progresser. À la fin de l’été, les taux à 10 ans sont ainsi remontés de 300 points de base, rendant illogique la valorisation des actions, qui amorcent un important mouvement de repli. Le 19 octobre, la hausse des taux à 10 ans sur l’année atteint même brièvement 400 points de base et provoque finalement le krach le plus spectaculaire jamais enregistré en une journée sur un marché d’actions. La banque centrale américaine décide d’intervenir massivement comme prêteur de dernier ressort pour éviter des faillites en chaîne de maisons de titres et banques d’investissement.

 

1989 : Entre le début de l’année et l’automne 1989, le rendement moyen des junk bonds passe de 450 points de base au-dessus de celui des emprunts d’État américains à plus de 1 000 points de base (c’est-à-dire 10 % de taux actuariel) au-dessus de celui des dits emprunts d’État. Mode de calcul : index Merrill Lynch des junk bonds moins le taux actuariel du Constant maturity Treasury 7 ans. Le point culminant de la bulle spéculative japonaise est atteint le 29 décembre 1989 sur le marché japonais des actions, avec un plus haut en séance à 38,957.44 pour l’indice Nikkei.

 

1990 : Le 2 août 1990, l’Irak envahit le Koweït. Depuis, 1988, l’Irak cherchait à revaloriser ses revenus issus de sa production pétrolière, accusant le Koweït de lui « voler » son pétrole. Les conséquences du conflit sur le plan financier furent : une augmentation du prix du baril, et une tension maximale sur les marchés financiers (remboursement des emprunts des pays en voie de développement et émergents), qui conduisit le FMI à prendre deux mesures, le Enhanced Structural Adjustment Facility (ESAF) et le Compensatory & Contingency Financing Facility.

 

1992 : Peu avant la tenue du référendum français du 20 septembre 1992, qui entretient une incertitude importante sur l’avenir de l’Union monétaire européenne, la lire italienne doit quitter le SME. Dans la foulée, George Soros et d’autres gestionnaires de hedge funds arrivent à forcer le 16 septembre (Black Wednesday) la sortie de la livre sterling du SME. Après les résultats du référendum, pourtant positifs, les mêmes, ayant pris goût à l’effet de levier que leur procuraient les marges de fluctuation étroites du SME, font une tentative spectaculaire mais infructueuse sur le franc français, faisant au passage monter le taux au jour-le-jour du marché monétaire français à plus de 20 % pendant toute la crise.

 

1993 : En août, deuxième tentative sur le marché des changes de faire céder la parité Deutsche Mark / franc français, couronnée de succès. Les marges de fluctuation du Système monétaire européen (SME) sont élargies considérablement, de façon à décourager définitivement la répétition de ce phénomène.

 

1994 : Les marchés obligataires, qui avaient trop anticipé la poursuite de la baisse des taux courts, effectuent une correction brutale de plus de 200 points de base pendant presque toute l’année. L’ancrage fixe du peso mexicain au dollar était, à terme, incompatible avec le niveau élevé de l‘inflation au Mexique. Néanmoins, cet ancrage donnait l’illusion générale d’une garantie de change. Ajouté à la suppression d’obstacles structurels aux mouvements de capitaux, il provoque de 1990 à 1993 un afflux considérable de liquidités étrangères dans l’économie mexicaine : plus de 90 milliards de dollars, lesquels viennent dollariser l’économie mexicaine et, surtout, nourrir un boum des crédits bancaires au secteur privé, qui croissent de 25 % par an pendant la période. Mais l’inflation érode petit à petit la compétitivité mexicaine et les comptes extérieurs du pays se détériorent, le déficit de la balance des paiements atteignant 8 % du PIB. À partir du 20 décembre 1994, les sorties de capitaux s’accélèrent et le peso dévisse. Bill Clinton, président des États-Unis, proche voisin économique du Mexique, intervient pour stopper cette crise, et les États-Unis avec des organisations internationales, prêtent 50 milliards de dollar US au Mexique une semaine après le début de la crise, dont 18 via le FMI. En 1995, le PIB mexicain enregistre une baisse de 7 %.

 

1997 : Le mécanisme est très voisin de celui qui a conduit deux ans et demi plus tôt à la crise mexicaine de 1994. L’ancrage fixe au dollar US de plusieurs monnaies de la région, en particulier le baht thaïlandais, donnait là aussi l’illusion d’une garantie de change et le système bancaire local s’endette considérablement à court terme et en devises, sans se préoccuper du risque de change, notamment pour financer les deux gigantesques vagues de spéculation qui ont lieu dans toute la région : immobilière et boursière. Les banques locales se livrent donc à une double transformation : elles empruntent à court terme, en devises, pour prêter à long terme, en monnaie locale. Quant aux garanties des prêts, elles sont constituées par des immeubles surévalués ou par des actions également surévaluées… L’afflux de capitaux étrangers est, de son côté, facilité par la politique monétaire expansive que mène la banque centrale japonaise pour lutter contre la déflation. Mais les créanciers étrangers réduisent progressivement leur exposition au cours de l’année 1997 et le 2 juillet 1997, les autorités thaïlandaises doivent laisser flotter le bath. Le piège se referme alors sur les économies de la région : crise des taux de change et crise bancaire.

 

1998 : Cette longue crise très aigüe des marchés obligataires, provoquée par la démesure des dirigeants du hedge fund Long Term Capital Management, la spectaculaire crise des finances publiques russes et le Flight to quality qu’elle a causé, a peut-être été l’alerte la plus importante connue par le système financier mondial : jamais on n’est passé aussi près d’un éclatement définitif des relations entre les divers instruments financiers.

 

2000 : Un économiste américain prédisait que grâce à la « nouvelle économie », il n’y aurait plus jamais de crise. L’éclatement de la bulle internet est arrivé peu après, contribuant au Krach boursier de 2001-2002. Crise de surinvestissement dans les télécoms, de surendettement d’une partie des sociétés, et de négligence de certaines contraintes : pour acheter un article par internet, il suffit de quelques clics, mais pour le livrer dans la qualité et les délais prévus, il faut une logistique que nombre de « net-vendeurs » n’avaient pas. Le Krach boursier de 2001-2002 est parfois comparé au Krach de 1847.

La crise en Turquie éclate le 20 novembre 2000 et se produit dans le cadre d’un plan de stabilisation ambitieux adopté à la fin de 1999, visant à ramener l’inflation, qui était alors de 65 % en moyenne annuelle, à 25 % en 2000 et à moins de 10 % en 2002. Ce plan comporte notamment un ancrage de la livre turque par rapport au dollar US de façon à faire baisser les anticipations inflationnistes. Certes, l’inflation sera ramenée à moins de 35 % en glissement annuel en février 2001, mais entre-temps l’afflux de capitaux extérieurs encourage les banques turques à spéculer sans retenue à la baisse des taux d’intérêt, en achetant des quantités importantes d’emprunts d’État, financée au taux au jour-le-jour en livres turques ou, pire, en dollars. Or, comme au Mexique en 1990-1994, la compétitivité de la Turquie s’érode, mais à trois fois la vitesse du Mexique, et la balance des paiements se détériore rapidement, créant une panique sur le marché des taux d’intérêt où les banques essaient de liquider leurs positions. Entre le 10 novembre et le 10 décembre, les taux des emprunts d’État turcs à moyen terme passent de 40 % à 110 %. Devant la perspective de faillites bancaires turques, le marché monétaire turc s’assèche et les crédits en devises ne sont pas renouvelés. Un important prêt d’urgence du FMI en décembre se révèlera insuffisant et, en février, le gouvernement devra laisser flotter la livre, qui se dépréciera de 50 % par rapport au dollar. Un deuxième programme d’aide, beaucoup plus important, sera alors mis en place sous l’égide des États-Unis.

Hyperinflation au Zimbabwe [2000 – 2009].

 

 

2001 : Non seulement un certain nombre d’établissements financiers de première importance avaient des services divers dans les tours du World Trade Center et aux alentours, mais plusieurs nœuds de communication vitaux pour les systèmes de paiement et de compensation des marchés financiers furent touchés par l’attaque. La banque centrale américaine, la Fed, a injecté immédiatement sans limite toutes les liquidités demandées par les banques qui étaient victimes d’une asymétrie dans leurs règlements, c’est-à-dire qui avaient des règlements à effectuer mais n’avaient pas encore été créditées par leurs autres contreparties. L’injection fut si massive que le taux au jour-le-jour du marché interbancaire domestique américain, dit taux des Fed Funds, tomba à zéro pendant plusieurs jours. La Fed continua pendant plus d’une semaine à fournir à volonté les liquidités demandées par les banques, préférant ne pas jouer avec le risque systémique. De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) accorda 130 milliards d’euros de liquidités supplémentaires aux banques européennes. Enfin, il y eut une baisse surprise concertée des taux directeurs de la Fed, de la BCE et de la Banque d’Angleterre.

À l’automne 2001, les spreads de crédit des junk bonds retrouvent un niveau proche de celui atteint pendant la crise de 1989. Les attentats du 11 septembre puis une légère contagion de la part de la crise économique argentine  leur feront à nouveau dépasser 1 000 points de base.

 

2002 : À l’approche de l’élection présidentielle du 27 octobre, la probabilité grandissante de la victoire à celle-ci de Luíz Inácio da Silva, dit « Lula », crée des inquiétudes de plus en plus aigües chez les détenteurs de la dette publique brésilienne. L’Argentine vient de faire défaut sur sa dette et la peur grandit qu’une fois élu, « Lula » fasse adopter un moratoire des paiements d’intérêt. Tout au long de l’année l’écart de rendement entre les obligations émises en dollar US par le Brésil et les emprunts d’État américain progresse, pour culminer en octobre à 2 300 points de base (c’est-à-dire 23 % en écart de taux actuariel). Ce niveau attribuait implicitement au Brésil une probabilité de faire défaut proche de 100 %. En même temps, le real s’était déprécié, perdant la moitié de sa valeur. Le plus frappant est que cette crise s’est poursuivi malgré la mise en place d’un concours colossal de 30 milliards de dollars par le FMI, dont 6 seulement avant l’élection et 24 débloqués après. Cette bulle s’est dégonflée rapidement une fois l’élection passée, quand il est devenu clair que le nouveau président ne se lancerait pas dans l’aventurisme financier.

 

2007 : Provoqué par la titrisation des créances douteuses issues de la bulle immobilière américaine des années 2000. La crise éclata pendant l’été 2007 (connu alors comme la crise des subprimes). Elle s’est manifestée par une baisse de l’immobilier, un effet domino provoquant l’effondrement de diverses grandes banques dans le monde et une baisse des bourses d’actions. Les banques centrales (BCE et Fed principalement) ont injecté d’importantes liquidités. L’adoption d’un plan de sauvetage du système bancaire aux États-Unis (plan Paulson) et d’autres mesures prises notamment en Europe n’ayant pas suffi à rétablir la confiance, une chute des bourses mondiales s’est déroulée en octobre 2008. Le marché interbancaire est de son côté presque totalement paralysé par des taux d’intérêts très élevés et une crise de confiance généralisée. L’économie non financière commence de son côté à être atteinte par la crise. Les fonds de retraite des États-Unis ont à ce moment perdu 2000G$ US en un an.

 

2009 : La crise grecque commence fin 2009 mais ne devient réellement visible qu’en 2010. Elle résulte à la fois de la crise économique mondiale et de facteurs propres à la Grèce : un fort endettement (environ 120 % du PIB) et un déficit budgétaire avoué qui passe de 6 % du PIB à 12,7 % pour finalement atteindre 15,4 % [1]. Cette crise est en grande partie due au manque de transparence dont a fait preuve le pays dans la présentation de sa dette et de son déficit. La crise menace de s’étendre à d’autres pays, notamment le Portugal et l’Espagne, des pays fragiles qui ont été amenés à prendre des mesures de rigueur. Pour certains, cette crise traduirait les difficultés d’une Europe menacée de déclassement.

 

2010 : La crise espagnole découle en partie de la bulle immobilière espagnole (1999-2008). Elle commence par la forte dégradation de la notation de la dette espagnole par les principales agences de notation. Il s’ensuit une fuite brutale des capitaux investis dans le pays. De nombreux secteurs sont durement frappés, notamment le secteur touristique, moteur de l’économie espagnole, déjà amputé par la baisse de la clientèle étrangère et achevé par la disparition de la clientèle nationale. De même, le secteur bancaire, avec la faillite de Bankia, connaît une très grave crise.

 

2014 : À la suite de l’annexion de la Crimée par la Russie, des sanctions économique de la part de l’Europe et de la baisse de prix du pétrole, le rouble russe connait un krach qui aura des répercussions économique très grave pour la Russie dont la mise en faillite de plus d’une soixantaine d’établissements financiers et d’une longue période de récession.

 

2015 : Le krach boursier en Chine commence le 12 juin 2015. Le tiers de la valeur des titres de la bourse de Shanghai a été perdu en l’espace d’un mois. Les entreprises inscrites voient donc leur capacité d’emprunt fortement réduite, ce qui ralentira leur croissance et affectera par ricochet les bourses américaines. Ce krach serait la conséquence d’une bulle financière commencée en novembre 2014.

 

Crise financière - 2

 


 

Time : 29 mn 43

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_financière

https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_économique

http://louis.pujol.free.fr/CRISES_FINANCIERES.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Transactions_à_haute_fréquence

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_crises_monétaires_et_financières

https://www.desjardins.com/ressources/pdf/crise01-f.pdf?resVer=1385155688000

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/044000560.pdf

 

2 comments

    1. La crypto-monnaie me semble inévitable au vu du plan mondialiste. Beaucoup de facteur indique 2018 mais cela peut varier à quelques années près. Quoi qu’il en soit, cela fait partie de leur agenda…

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