Hunger Games : Citations et Phrases cultes

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Soundtrack : Hunger Games – The Hanging Tree

 

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Mockingjay

Time : 4 s

 


 

Hunger Games

 

Hunger Games - 1

 

« Puisse le sort vous être toujours favorable. »

 

 

 

Citations et Phrases cultes

 

« L’espoir est la seule chose plus forte que la peur. »

Le président Snow

 

Hunger Games - 9

 

« Pourquoi avons-nous besoin d’un gagnant ? »

« Que voulez-vous dire ? »

« Je veux dire, pourquoi avons-nous besoin d’un gagnant ? Si nous voulions juste intimider les districts, nous pourrions mettre les 24 tribus en rangs d’oignons et les exécuter, ce serait plus rapide ! »

« L’espoir ! »

« L’espoir ? »

« L’espoir, car c’est la seule chose plus puissante que la peur. »

Le président Snow et Seneca Crane

 

Hunger Games - 21

 

« Si peu d’espoir est favorable, trop d’espoir est dangereux. »

Le président Snow

 

Hunger Games - 23

 

« N’oublie jamais qui est ton véritable ennemi. »

Haymitch Abernathy à Katniss

 

Hunger Games - 12

 

« Espérer. C’est la seule chose plus forte que la peur. Un peu d’espoir est efficace, beaucoup d’espoir est dangereux, une étincelle est bien, tant qu’elle est contenu. »

Le président Snow

 

Hunger Games - 17

 

« Je refuse d’être seulement un pion dans leur espèce de jeux. »

« Tu veux dire que tu ne tueras pas ? »

« Non, c’est pas ça, je tuerais s’il le faut, je ferai comme tout le monde c’est évident mais, je veux juste pouvoir leur montrer, d’une façon ou d’une autre, que je ne leur appartiens pas… et, et si je dois mourir, je veux rester celui que je suis. »

Peeta et Katniss

 

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La dictature totalitaire comme miroir d’une réalité économique ?

 

Hunger Games - 19

 

 

Dans un futur indéterminé, une nation autoritaire et totalitaire [1], Panem, s’est construite sur les cendres de l’Amérique du Nord. Elle est composée de 12 districts, chacun spécialisé dans un domaine de production particulier, et d’une capitale, « Le Capitole ».

 

Les Hunger Games naquirent après que la rébellion du 13ème district fut violemment réprimée, afin de rappeler aux habitants de Panem ce qu’il en coûte de s’en prendre au Capitole.

 

Le système politique de Panem comprend des éléments appartenant aux régimes autoritaires et totalitaires antiques et modernes.

 

Les Hunger Games ont une double utilité, il s’agit d’un instrument d’oppression envers les populations des districts, les obligeant à offrir un tribut et donc à vivre dans la peur, d’être choisi ou de perdre un proche, mais également d’un moyen de divertissement pour la population du Capitole.

 

Comme nous le verrons plus bas, les Hunger Games sont inspirés des jeux du cirques romain et plus particulièrement des combats de gladiateurs. Cependant, les jeux romains n’étaient pas utilisés comme un instrument de terreur sur la population, mais plutôt comme un divertissement. Tandis que les Hunger Games sont clairement utilisés dans un but répressif, les jeunes gens tirés au sort pour participer étant appelés « tributs » (rappelons qu’un tribut est à l’origine une contribution matérielle donnée en signe de soumission ou d’allégeance). En prenant les enfants des districts, Le Capitole assoit son pouvoir. Les Hunger Games servent aussi à divertir le public du Capitole au dépend des districts dont les enfants vont mourir.

 

La peur et la répression sont des éléments fondamentaux des dictatures et régimes totalitaires, et les Hunger Games cristallisent ces deux éléments en les poussant à leur paroxysme. Cependant le régime totalitaire et la dictature transparaissent au travers d’autres éléments.

 

Les pacificateurs sont une milice totalitaire utilisée pour surveiller, contrôler et réprimer la population. L’utilisation d’une milice, de la police ou de l’armée pour surveiller et réprimer la population est un élément récurrent dans les systèmes autoritaires et totalitaires. Lors des séquences se déroulant dans les districts, les pacificateurs apparaissent de temps à autre à l’image pour rappeler la surveillance à laquelle sont soumis les habitants de Panem.  De même, ils interviennent pour écraser l’insurrection qui suit la mort de Rue dans le district 11.

 

Hunger Games - 1

 

De la même façon, les barbelés qui entourent Panem sont un symbole fort et clair du manque de liberté de la population.

 

Hunger Games - 2

 

L’utilisation de la propagande [2] est elle aussi vivement critiquée tant dans le film que dans le livre. Lors du tirage au sort, un film propagandiste (c’est-à-dire utilisant des mensonges dans le but de servir une idéologie précise) est diffusé aux potentiels tributs et aux spectateurs. De la même façon l’expression « Happy Hunger Games » et la gaîté de la présentatrice alors qu’il s’agit pour la majorité de la population d’un évènement atrocement triste sont un exemple frappant de propagande.

 

Bien qu’il en partage des éléments clés (la milice, les barbelés, la propagande, la misère du peuple…), le régime totalitaire de Panem ne s’apparente à aucun régime totalitaire existant ou ayant existé.

 

Étroitement lié à ce régime totalitaire, le  système économique est foncièrement inégalitaire : les 12 districts de Panem sont chacun spécialisés dans un domaine de production précis et contrôlés par le Capitole. Le Capitole est la partie la plus riche du Pays, puis la richesse des Districts décroit en fonction de leur rangs : les districts 1 et 2, spécialisés respectivement dans le luxe et la maçonnerie sont les plus riches, tandis que les districts 11 et 12, spécialisés dans l’agriculture et la mine sont les plus pauvres. Comme le livre, le film insiste sur l’extrême misère du district 12 qui contraste violemment avec l’opulence du Capitole.

 

Bien qu’il puisse s’agir d’un prétexte scénaristique ou d’une critique de la dictature en général, selon nous, la dictature du Capitole est une métaphore du système économique actuel.

 

La dictature serait donc une métaphore du manque de choix où se trouvent les gens dans la misère. En effet de nombreuses personnes ont la « liberté » de s’en sortir (dans le sens ou aucune loi ne les en empêche), mais aucune possibilité réelle de s’en sortir car ils sont entièrement enfoncés dans la misère. L’exploitation des districts par le Capitole correspondrait alors à l’exploitation des populations par les classes dominantes. Les districts ne sont pas tous exploités de la même façon tout comme les populations ne sont pas exploitées au même niveau.

 

Hunger Games - 3

De la misère du district 12…

 

Hunger Games - 4

…aux fastes du Capitole

 

Nous voyons surtout dans Hunger Games, une critique du déterminisme social et de l’exploitation. En effet, un enfant qui nait dans un district ne pourra jamais quitter son district et s’il a eu le malheur de naître dans un district pauvre il ne pourra jamais en sortir.

 

Le seul moyen de devenir riche pour un enfant venant d’un district pauvre est de gagner les Hunger Games, et théoriquement les chances sont les mêmes pour tous. Cependant, les enfants des districts riches, les tributs de carrière, ont reçu un entraînement depuis leur enfance et sont bien nourris tandis que les autres étaient principalement occupés à essayer de ne pas mourir de faim. De ce fait, les gagnants des Hunger Games sont principalement des gens venants des districts riches. Sur 74 éditions, il n’y a qu’un seul gagnant du district 12.

 

On retrouve ce déterministe dans la réalité. Dans les pays développés, les enfants venant de familles riches ou même aisées ont plus de chance de réussir dans la vie que les enfants venant de familles pauvres… [3] Il existe certes des exemples de « self-made men » qui ont réussi en étant partis de rien, mais cela reste rare. De la même façon, la formule « Puisse le sort vous être toujours favorable »  semble fondamentalement ironique, car si en théorie les chances entre les tributs sont égales (interdiction de s’entraîner avant les jeux), en pratique les tributs de carrière s’entraînent effectivement avant les jeux.

 

En plus du déterminisme social, la notion d’exploitation est très présente dans le livre comme dans les films, puisque le Capitole « exploite » les districts qui travaillent pour lui. On retrouve ce rapport entre exploitants et exploités dans de nombreuses entreprises, notamment les entreprises qui sont délocalisées dans les pays pauvres pour employer des enfants. La notion du plus grand nombre de gens qui travaillent pour que seule une petite partie de la population en profite résonne comme une métaphore du monde actuel puisque qu’on sait que 10% des habitants les plus riches de la planète possèdent 83% de la richesse mondiale [4].

 

La métaphore du capitalisme comme dictature répressive permet d’illustrer les principaux travers du capitalisme (l’exploitation, les populations réduites à la misère) mais présente deux défauts majeurs.

 

La métaphore est caricaturale et n’intègre pas tous les éléments du Capitalisme dans sa critique comme par exemple la concurrence entre entreprises ou les échanges internationaux.

 

Et surtout, le fait que le régime soit une dictature porte à confusion. Si les films dépeignent un système oppresseur basé sur l’exploitation, le capitalisme est quant à lui, par définition, basé sur le libre-échange et la libre concurrence. Le fait d’utiliser la dictature semble paradoxalement dédouaner le capitalisme en rejetant la faute sur le système policier.

 

 

La violence et son spectacle

L’utilisation des Hunger Games comme instrument de divertissement rappelle la Rome antique impériale et ses jeux du cirque ainsi que des combats de gladiateurs. Le nom de « Panem » vient d’ailleurs très probablement de l’expression du poète satyrique romain Juvénal : « Panem et circenses » qui signifie littéralement « Du pain et des jeux ». Dans la Rome antique, les gladiateurs étaient soient des professionnels biens entraînés, soient des esclaves ou des prisonniers de guerre volontaires n’ayant d’autre choix pour changer de vie.

 

Aujourd’hui, la violence est non seulement très présente dans notre société (dans la fiction comme dans la réalité), mais elle devient même parfois un but, une fin en soi, comme par exemple dans le sous-genre du cinéma d’horreur qu’est le torture porn. En effet, dans ce genre de film, le scénario n’est généralement qu’un prétexte pour filmer les pires tortures infligées aux personnages. Pareillement, dans certains jeux vidéo, comme Grand Thief Auto ou Manhunt la violence n’est plus un moyen de survivre, d’affronter ses ennemis ou de réussir la quête mais la but même du joueur (celui-ci gagne des points en agressant ou en commettant des crimes).

 

Plus effrayant encore, le déferlement de la violence dans la vie réelle, qu’elle soit physique ou morale. Nombreux sont les personnes apparues à la télévision ou sur internet qui sont ridiculisée et moquées. Il existe des sites spécialisés en images violentes réelles comme des accidents, des tortures, des mutilations… Et un nouveau mouvement, le happy slapping, consistant à filmer l’agression d’une personne avec un téléphone portable et à diffuser ensuite les images sur le net. Internet, grâce à son anonymat et ses possibilités d’accéder à de multiples informations à favorisé ce déferlement de violence.

 

Lors d’une courte scène, le film interroge sur l’effet dans la vie réelle de tant d’exposition à la violence : alors qu’il est dans le Capitole pour dénicher des sponsors, Haymitch observe un petit garçon poursuivre et brutaliser sa petite sœur avec une épée.

 

Certaines études ont montré une corrélation entre l’exposition à la violence et les comportements violents ou agressifs dans la vie réelle [5].

 

Le livre Hunger Games dénonce clairement la violence des Jeux et le plaisir que prennent les spectateurs à regarder cette violence. Le fait que les participants aux Hunger Games aient entre douze et dix-huit ans exacerbe cette violence. Si les participants étaient des adultes, les Hunger Games seraient sans doute beaucoup moins terribles.

 

Adapter les livres en films présente un piège majeur : à l’image la violence est très souvent rendue photogénique et divertissante, comment adapter un livre qui présente des évènements violents pour dénoncer la violence sans valoriser celle-ci ?

 

A notre avis, le film réussit globalement à ne pas rendre la violence attractive à l’écran, notamment en ne s’attardant pas sur les scènes de combat et en cadrant volontairement serré afin que l’horreur de la situation ne soit pas montrée à l’écran mais exprimée par les personnages.

 

Là où l’horreur de la situation est la mieux exprimée est bien entendu la mort de Rue (qui est la plus jeune tribut). L’émotion de Katniss se répercute dans le district 11, soulevant un début de rébellion. Cependant lors de la mort des « anonymes » et surtout lors de la mort des tributs de carrière, l’émotion est loin d’être la même.

 

Les tributs de carrières sont clairement présentés comme des personnages antipathiques, brutaux et impitoyables : ils éprouvent de la joie à tuer et dans l’arène ce sont les ennemis majeurs de Katniss. Pourtant, ils sont eux-mêmes des victimes du système. Ils ont été élevés et entraînés dans l’optique de devenir des tueurs aguerris et de gagner la compétition. Dans le livre comme dans les films, les tributs de carrière sont déshumanisés, ils sont présentés comme des monstres n’ayant aucune émotion hormis le plaisir de tuer. Les seuls tributs que Katniss tue dans l’arène sont des tributs de carrière, leur déshumanisation sert-elle à justifier ou excuser le fait que Katniss devienne une tueuse ? Ou simplement à créer de « bons » méchants que le public pourra facilement détester ?

 

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Comment définir un personnage efficacement

 

Dans l’une de ses vidéos, la blogueuse féministe Anita Sarkeesian explique que lorsqu’elle a vu le film au cinéma, le public a manifesté de la joie lors de la mort de Clove, qui sauve Katniss et venge partiellement la mort de Rue. D’autant plus que Clove fait preuve d’une immense cruauté lorsqu’elle s’apprête à tuer Katniss avant que Thresh ne l’en empêche. Il est problématique que dans des films qui ont pour but de dénoncer la violence, la mort brutale d’une enfant, aussi odieuse soit-elle, provoque la joie du spectateur.

 

Les films retombent donc malheureusement dans les travers qu’il cherche à dénoncer. En déshumanisant les tributs de carrières, il récrée un schéma relativement manichéen de « gentils » et de « méchants », où les méchants doivent être vaincus par les gentils, alors que le réel « ennemi » est le système entier. Les tributs de carrière sont des victimes de ce système et les films auraient gagné à critiquer plus ce formatage d’adolescents en machines de guerre.

 

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Mais ne l’avait-elle pas un peu mérité ?

 

Il est intéressant de voir que Cato, le principal antagoniste, le tribut de carrière le plus brutal et dangereux est finalement humanisé à la toute fin du film (un élément qui n’apparaissait pas dans le livre), regrettant cette éducation à tuer qui est peut-être finalement aussi atroce que la misère dans laquelle ont grandi les autres tributs. Malheureusement, cette humanisation arrive un peu tard et aurait mérité une meilleure introduction…

 

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Finalement tribut de carrière c’est peut-être pas la joie…

 

Hunger Games a le mérite de dénoncer la violence omniprésente de notre société et la façon dont nous consommons cette violence à titre de divertissement. Regarder un candidat de télé-réalité se faire humilier est une forme de violence, regarder un film de torture ou pire une vidéo avec des gens réels pour le plaisir de voir des gens souffrir aussi. Pourquoi consommons-nous la violence à titre de divertissement ?

 

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Non ils ne sont pas devant un match de foot, ils vont regarder des gosses s’entretuer…

 

 

La solidarité et le refus de la violence, une nécessité et un moyen de lutter contre l’oppression

En plus de critiquer les inégalités sociales, Hunger Games présente la solidarité comme une nécessité, tant lors de la vie dans les districts que dans les jeux de la faim. Au début du film Katniss et son ami Gale s’entraident, ils chassent ensemble, partagent leurs vivres… Katniss va jusqu’à demander à Gale de prendre soin de sa famille lorsqu’elle part pour les jeux de la faim. Lorsque Katniss va vendre son butin au marché noir, une vendeuse lui fait généreusement cadeau d’une petite broche ornée d’un geai moqueur. Dans un flashback, il est montré que Peeta à un jour fait preuve de générosité envers Katniss en lui lançant une miche de pain. Dans l’arène, bien qu’il n’y en ait qu’un seul qui puisse s’en sortir, la solidarité reste une valeur fondamentale. Katniss n’aurait clairement pas pu s’en sortir sans l’aide de Rue qui l’aide sans rien demander en retour et sans l’aide de Peeta qui lui dit de fuir.

 

Non seulement la solidarité est montrée comme la seule façon de survivre à des situations atroces, mais le refus de la violence est lui aussi posé comme une façon de lutter contre l’oppression.

 

Car l’important dans la trilogie n’est pas tant l’oppression que la façon dont le peuple va lutter pour la supprimer. Si le premier tome (et donc le premier livre) sont consacrés à l’exposition des personnages, de l’univers et des Hunger Games, le reste de la trilogie est consacrée à la révolte.

 

Le premier film annonce déjà cette révolte lors du soulèvement du district 11 après la mort de Rue. Le film annonce également des éléments symboliques qui vont avoir de l’importance dans la suite de l’histoire, comme le symbole de Katniss avec la main levée et surtout la broche ornée du geai moqueur.

 

Katniss va être l’élément déclencheur de la révolution, en s’opposant au Capitole elle va le devenir presque malgré elle le symbole de la révolte. Au début du film, l’unique préoccupation de Katniss est de survivre et de revenir vivante des Hunger Games, mais son opinion change au fur et à mesure du film. Les actes de solidarité et de refus de la violence sont autant de révoltes contre le système brutal.

 

Lorsque Rue est tuée par un tribut de carrière, Katniss tue ce dernier par réflexe de survie, pas par vengeance. Sa colère ne s’exprime pas par la violence (contrairement à de nombreux films ou la quête du personnage principal est de venger quelqu’un) mais par l’installation d’un semblant de sépulture pour l’enfant.

 

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La mort de Rue et la façon donc Katniss « sacralise » sa mort créent une révolte dans le district 11 annonciatrice de la révolution qui commence à gronder.

 

A la fin, elle finit par décider de s’opposer au Capitole en choisissant de se suicider avec Peeta plutôt que d’en laisser un se sacrifier. Bien qu’elle prétende avoir agi par amour pour Peeta afin d’échapper la vindicte du Capitole, la broche au geai moqueur qu’elle arbore lors de son couronnement marque son opposition discrète.

 

Dans une société qui valorise énormément les notions de compétition et de réussite à tout prix, il n’est pas innocent de présenter des gens solidaires en dépit d’un contexte où tout est fait pour monter les gens les uns contre les autres… Il suffit de regarder un épisode de téléréalité pour constater que même quand il n’est pas question de vie ou de mort, les gens sont prêts à allègrement manipuler et se trahir les uns les autres. Les notions de solidarité et de refus de la violence sont logiques puisque les deux critiques principales du film sont l’injustice sociale et le spectacle de la violence.

 

 

Télévision, manipulation et distorsion de la réalité

Comme nous l’avons vu plus haut, Hunger Games ne critique pas seulement la violence de la société, mais également le fait que le public se délecte de cette violence. Cet élément est particulièrement pertinent aujourd’hui dans nos sociétés où les médias sont devenus un relais de la violence, non-seulement de la violence physique à travers des œuvres de fiction comme des films, des séries télé ou des jeux vidéo particulièrement violents, mais également de la violence morale : nombreux sont les exemples de « bashing » (une attaque violente et souvent gratuite envers une personne ou un groupe de personnes) ou les moqueries envers les gens via la télévision ou le net. Certains candidats de la téléréalité font partie des victimes de la violence morale. En effet, si certains (et ils sont peu nombreux) réussissent à tirer leur épingle du jeu ou reprennent une vie plus ou moins normale, nombreux sont ceux qui sombrent dans l’oubli, tombent en dépression ou font des tentatives de suicide. Les émissions de téléréalité sont nombreuses et variées et il est difficile de savoir dans quelle mesure les candidats sont manipulés par les productions. De plus, il est probable que de nombreux candidats soient castés pour être des éléments comiques dont les spectateurs pourront se moquer ou des éléments désagréables qui seront détestés.

 

Les Hunger Games reprennent le concept de la téléréalité, les candidats sont filmés 24h sur 24 et le public peut influencer le jeu en aidant les candidats (en leur envoyant des cadeaux qui peuvent les aider à survivre dans l’arène).

 

Comme des candidats de téléréalités, les tributs des Hunger Games sont obligés de jouer un rôle afin d’attirer la sympathie du public. Katniss et Peeta se retrouvent donc à jouer celui des « amants maudits du district 12 ». Ce qui est intéressant c’est qu’à force de jouer le jeu de la popularité et de l’amour, les deux adolescents se retrouvent confus à propos de leurs propres sentiments.

 

Lorsque Katniss et Peeta arrivent au Capitole, ils sont accueillis par des vivats et des acclamations. Peeta se retrouve à saluer la foule, surpris par les acclamations qu’il suscite et semblant même y prendre plaisir, oubliant que ce même public applaudira probablement sa mort dans quelques heures.

 

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De la même façon lors de son interview avec le présentateur, Katniss semble apprécier de tourbillonner dans sa robe de soirée sous les vivats du public.

 

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Katniss et Peeta sont également troublés par leur « histoire d’amour », lorsque Peeta avoue son amour pour Katniss lors de l’interview, celle-ci est très en colère et l’accuse de se servir d’elle. De la même façon, Katniss fait semblant d’aimer Peeta afin de lui sauver la vie lorsqu’il est blessé. Dans leur dialogue il est difficile de différencier ce qui relève de la comédie et ce qui relève de leurs véritables sentiments.

 

Lors de leur retour, après la fin des jeux, Katniss et Peeta sont toujours piégés dans cette relation, comme des candidats de téléréalités coincés dans leur stéréotype.

 

Évidemment, aucun candidat de téléréalité n’est jamais forcé de participer à une émission et les enjeux ne sont pas comparables (la vie contre la célébrité et de l’argent). Cependant les mécanismes à l’œuvre dans l’arène et la téléréalité avec ce qu’ils impliquent de manipulation et d’ambiguïté sont similaires.

 

Le film dénonce donc deux aspects différents de la téléréalité : le spectacle de la violence (car oui assister à l’humiliation d’un candidat en direct à la télévision c’est une forme de violence) et la fausseté des relations qu’implique un public (tant la relation avec le public que la relation entre les candidats entre eux, car il est impossible d’être naturel alors qu’on se sait regardé, a fortiori si l’amour du public est un enjeu).

 

 

Dépasser les traditionnels stéréotypes genrés

Il est rare qu’un film d’action à gros budget mette en scène une femme forte et active, sans qu’elle soit excessivement sexualisée (comme dans Lara Croft ou Charlie’s Angels). Pourtant, des films comme Alien ou Kill Bill ont prouvé qu’une femme pouvait porter un film d’action qui soit un succès commercial sans être nécessairement ultra-sexualisée.

 

On remarquera que s’il est rare de voir une héroïne s’approprier des comportements typiquement masculins (se battre, agir héroïquement, être des meneuses…), il est encore plus rare de voir des hommes adopter des comportements et des valeurs féminines et que cela soit valorisé dans le film [6].

 

L’héroïne de Hunger Games, Katniss, est une héroïne forte et active. Elle prend en charge sa famille. Lors d’une conversation avec Peeta, elle déclare qu’elle n’a pas la possibilité d’avoir des scrupules dans l’arène, et surtout vient au secours de ce dernier en lui sauvant la vie.

 

Bref, selon les normes de la société, Katniss est une héroïne « masculine » et son comportement guerrier est valorisé dans le film.

 

Le principal personnage masculin, Peeta, est lui un personnage aux valeurs plutôt féminines : il est romantique (il confie son amour pour Katniss au présentateur et la suite du film semble confirmer qu’il était sincère), généreux, plutôt non-violent (lors de sa conversation avec Katniss il souhaite résister pacifiquement au système). De plus, alors que le talent de Katniss est de tirer à l’arc, donc un talent « actif », son principal talent est de créer des camouflages, donc un talent « passif » (passif mais très utile puisque cette capacité permet de lui sauver la vie).

 

Ce qui est intéressant, c’est que même si Katniss reste le personnage central de l’histoire et est donc plus mise en valeur, les qualités « féminines » de Peeta sont également valorisées, même lorsqu’il est en position de faiblesse le personnage n’est pas ridicule.

 

Peeta et Katniss conservent cependant chacun des qualités typiques de leur sexe : Peeta est très fort physiquement et Katniss adopte à plusieurs reprise la fonction typiquement féminine du « care » (en français le soin aux autres).

 

Elle prend soin de sa sœur et de sa mère après la mort de son père et de Peeta lorsqu’il est blessé. C’est même sa sœur et sa mère qui lui donnent cette volonté absolue de survivre. Cependant Katniss gère le « care » de façon à la fois masculine et féminine :

 

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Elle console sa petite sœur qui a fait un cauchemar (fonction féminine et maternelle)

 

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Avant de partir chasser pour nourrir sa mère et sa sœur (fonction masculine de l’homme qui fait vivre sa famille)

 

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Elle soigne les blessures de Peeta et le nourrit (fonction féminine)

 

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Elle risque sa vie pour lui (fonction masculine)

 

 

De la même façon, c’est à un homme, son ami Gale qu’elle confie la tâche de prendre soin de sa famille. On peut supposer que Gale adoptera les mêmes fonctions à la fois féminines et masculines de Katniss : lorsque Katniss se sacrifie il entraîne sa sœur à l’écart (fonction féminine de s’occuper des enfants) et lorsqu’il vient lui dire adieu elle lui dit « Don’t let them starve »/« ne les laisse pas mourir de faim » (fonction masculine : nourrir la famille).

 

Dans le district, les rôles genrés sont clairement définis. La plupart des hommes travaillent à la mine, et les femmes s’occupent de leur foyer, tandis que dans l’arène la notion de genre disparait et tous les candidats sont à égalité dans la compétition.

 

Il est intéressant de montrer des héroïnes fortes et actives qui ne soient pas sursexualisées. Une étude de l’Annenberg School for Communication & Journalism a montré qu’il y avait seulement 30% de rôles féminins parlants au cinéma (et nous ne parlons même pas des premiers rôles). De plus les rôles féminins sont généralement moins importants que les rôles masculins.

 

Les filles manquent de personnages féminins importants et développés auxquels s’identifier. Et quand on leur propose des personnages féminins importants, on leur propose soit des femmes concentrées uniquement sur l’amour et les hommes (cf. les articles sur Twilight, Bromance vs Womance, Pocahontas), soit des héroïnes modelées selon les fantasmes masculins (Lara Croft, Charlie’s Angels, Sucker Punch…)

 

Hunger Games dépasse les stéréotypes genrés, non-seulement en proposant un personnage féminin fort, intéressant et développé, mais également en proposant des personnages masculins qui sortent des stéréotypes de la virilité.

 

Hunger Games est un film complexe et intéressant, défendant des valeurs rares dans les blockbusters hollywoodiens (une héroïne forte, une critique de la violence, de la télé-réalité…). On peut cependant regretter que le film soit ambigu sur sa position envers le capitalisme.

 

Hunger Games - 4

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hunger_Games_(film)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hunger_Games_(série_de_films)

http://www.lecinemaestpolitique.fr/hunger-games-2012-puisse-le-sort-vous-etre-toujours-favorable/

http://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/hunger-games-une-saga-plus-politique-qu-il-n-y-parait_747685.html

 

 

Référence :

[1] Pour mémoire, un rappel de la différence entre un régime autoritaire et un régime totalitaire :

http://leconservateur.bafweb.com/index.php?2007/11/01/998-differencier-autoritarisme-et-totalitarisme-l-exemple-des-dictatures-du-xx-eme-siecle

 

[2] L’utilisation de la propagande n’est pas le monopole des régimes totalitaires, certains pays libres l’ont utilisé lors des grandes guerres.

 

[3] Et ce pour de multiples raisons : les familles riches sont mieux éduquées, ils peuvent donc aider les enfants à faire leur devoirs ou payer des cours particuliers, prix d’accès aux études, etc…

 

[4] http://fr.wikipedia.org/wiki/In%C3%A9galit%C3%A9_des_richesses_dans_le_monde

 

[5] http://www.ledevoir.com/societe/medias/6566/la-violence-a-la-television-peut-avoir-des-effets-tangibles-sur-le-cerveau

http://www.research.vt.edu/resmag/sciencecol/media_violence.html

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/comm_0588-8018_1966_num_7_1_1097

http://pedagotic.uqac.ca/?post/2010/10/09/La-facilit%C3%A9-d-acc%C3%A8s-%C3%A0-la-violence-sur-Internet13

 

[6] Quand nous parlons de valeurs ou de comportements masculins ou féminins, nous parlons bien sûr de comportements que la société considère comme masculin ou féminin.

 

 

Film : 

Hunger Games (2012)

Hunger Games : L’Embrasement (2013)

Hunger Games : La Révolte, partie 1 (2014)

Hunger Games : La Révolte, partie 2 (2015)

 

Auteur d’origine : Suzanne Collins

17 comments

  1. J’avais lu les livres bien avant la sortie des films. Beaucoup de rapprochements avec une sorte de dénonciation du système m’ont sauté aux yeux.
    Mais cette trilogie était une lecture « jeunesse ». Le lectorat a retenu l’héroïne et rien d’autre (j’ai deux filles…….et leurs amis……bref).
    Le film était très attendu de ce lectorat, fille aînée était en licence de cinéma.
    L’actrice est devenue une véritable 🌟. Le seul mot intéressant que j’ai entendu est que le film ne montre pas vraiment à quel point les districts crèvent de faim.
    Les jeunes ont idéalisé un personnage sans porter attention à un futur proche. Tout est fait pour qu’ils ne se sentent pas concernés.

    Depuis, un autre phénomène dénonciateur est sorti : U4
    Intéressant à plusieurs niveaux. Mais je me demande si ce type de littérature, qui sera très probablement portée à l’écran, n’est pas plus manipulateur que dénonciateur.
    En effet, puisque c’est dit/écrit, ce ne peut être qu’une fiction. N’est-ce pas ?


    https://polldaddy.com/js/rating/rating.js

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    1. C’est de la préparation… De l’engramage. Ce qui aurait inacceptable il y a 30 est devenu quasiment banalisé à ce jour… Et ainsi de suite. Je pense qu’au vu de ton parcours que tu connais parfaitement les méthodologies. Et tu as parfaitement raison Annawenn. Cerise sur le gâteau… Compte le nombre de district. Analyse les noms de certains protagonistes du film, etc… Je ne l’ai pas fait dans cette publication car c’est encore trop tôt. C’est une trilogie (4 en fait) qui laisse bien peu au simple hasard. Je félicite ton discernement. Merci beaucoup pour ton commentaire Annawenn.

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  2. Le président Snow ressemble terriblement au gouverneur Mustapha Menier dans le film « Le meilleur des mondes » (Dailymotion)
    (observe bien la scène de la discothèque, les écrans laissent paraitre un générique avant et après l’allocution de Mustapha Menier, le générique n’est autre que l’étoile de David… Coïncidence vous avez-dit ? sic)

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    1. Bien vu Jo !

      Et le chiffre 12… Loin d’être anodin !

      Et le nom de certains protagonistes du film….

      Il n’en reste pas moins une bonne trilogie (4 en fait) mais a voir avec discernement et projection dans le temps.

      Merci pour ton commentaire Jo.

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      1. Je ne suis pas Jo mais bon … 😉
        J’ai commencé à regarder il y a un bon moment, pas pas toute la saga, je ne suis pas très cinéphile. (sauf les très vieux films de mon pays, des Bébel, Gabin , Fernandel, De Funes et toute cette génération)

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      2. Jamais ils ne me vendront leur « nouvelle France », ils n’ont déjà pas réussi à me vendre la révolution Française ni le gauchisme donc …

        Cette France est pas si loin, la preuve on s’en souvient.
        Leur délire est minuscule et très très fragile.
        Allez, ils ont réussi à tenir leur délire 20 à 30 ans, la belle affaire …

        La raie-publique judéo-maçonnique n’a pas 230 ans, mais 100 ans.
        (car après 1791 nous avons trois empereurs despotiques, donc la raie-publique n’était pas)

        Raie-publique de cent ans (et ses deux guerres mondiales républicaines) face à un pays qui a connu un tout autre régime bien plus stable pendant 14 SIÈCLES !!!

        La raie-publique est un incident de l’histoire, « ils ne sont pas arrivés », le chemin est long, très long, avant de pouvoir se masturber l’égo face à 14 siècles.
        (et quels siècles, rien à voir avec les étrons de la raie-publique…)

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      3. Salut Aphadolie, si ca continue, je vais completement chavirer et tomber en amour avec toi. loll Te lire est un delice. Je voyage a Los Angeles depuis 7 ans, et je peut te dire que les gens d’Hollywood s’amusent pendant le tournage, autant que pendant que le film passse dans nos cinema. Je loue un apartement a Santa Monica en Californie, entre Hollywood et Beverlyhill pour te situer. Les films les plus payants, sont rarement de bons films. Meme que j’avais deja ete inviter par deux fois pour les VIP, et ils nous offrent 3 ou 4 fins de film, et y inserent le meilleur punch selon le public. Ca fait d’ailleurs tres longtemps que nous n’avons pas eu un chef d’oeuvre. Les 10 meilleurs films de tout les temps datent des annees 50 et 60. Probablement pareille pour les livres. Raimbaud, Volteres et compagnies n’ont jamais ete remplacer, en plus de la Musique que vous avez en France depuis longtemps. Moi qui aimerait aller en travailler en France (Cote d-Azur), si je comprend bien, c’est pareille partout. lolll
        Non! La Californie est genial Aphadolie, au cas ou tu aurait envie de voyager! 🙂 A plus, jolie genie, 🙂

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      4. Bonsoir Jean,
        Je te remercie pour ton commentaire.

        Entièrement d’accord avec toi pour… Je te cite : « Les 10 meilleurs films de tout les temps datent des annees 50 et 60. »,

        Je te cite : « Moi qui aimerait aller en travailler en France (Cote d-Azur), si je comprend bien, c’est pareille partout. »,
        …Pas partout mais quasiment. Vivant en France, je n’ai qu’une hâte c’est de pouvoir quitter l’Hexagone ainsi que l’Europe.

        Pour : « La Californie est genial Aphadolie, au cas ou tu aurait envie de voyager! »,
        …J’espère pouvoir visiter cet état car il y a des villes que je voudrais découvrir.

        Au plaisir de te lire Jean.

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  3. Bonjour jolie Aphadolie, ca me manque quand je ne peut te parler plus souvent,
    Merci pour ton appreciation de Society. Malheureusement, je me suis fais voler mon sac, et le livre que j’avais ecrit etait dedans. C’est un  » Bref  ».
    J’ai aimer mieux voir le film, avant de lire, pour ne pas avoir trop de surprise. Ouffff!!! C’est tout simplement un film Marketing, si jamais un jour on le met dans les meilleurs films, je ne regarderai plus la TV. Cette revolte contre la societe aurait pu etre intelligente. Ca aurait du etre plus pensee. Malheureux que ces gens du cinema nous croit imbecile, malgre que ………………
    Pour ce monde de demeures, Je suis d’accord avec Annawenn et toi, on est en plein dedans.
    Certain diront que nous approchons de Babel.
    Bonne journee Aphadolie, toujours un plaisir de te lire.

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    1. Merci pour ton commentaire Jekiros,

      Je te cite : « Malheureux que ces gens du cinema nous croit imbecile, malgre que … »,
      …Pour la plus grande majorité, cela fonctionne à merveilles Jekiros A Hollywood, ils doivent bien en rire et ce dire que plus c’est gros…. Plus ça passe !

      Au plaisir de te lire.

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