Les plantes sont bien plus intelligentes qu’elles en ont l’air

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Les plantes sont bien plus intelligentes qu’elles en ont l’air

 

Arbre

Epipremnum aureum

 

 

Qui dit intelligence laisse supposer cerveau. Dépourvues de système nerveux, les plantes en seraient-elles privées ? Loin de là, répondent les scientifiques. Depuis une trentaine d’années, des travaux ont démontré que les plantes sont capables de recevoir et traiter de l’information, de répondre à un environnement qui les stimule et d’adapter leurs réponses pour optimiser leur survie. D’étonnants comportements ont ainsi été mis au jour, laissant à penser qu’il existe une véritable intelligence végétale…

 

 

Une capacité de proprioception

Comme les êtres humains et les animaux, les plantes sont dotées d’une capacité de proprioception, c’est-à-dire qu’elles ont une perception de leur propre forme et posture, leur permettant de contrôler leurs mouvements et de maintenir leur droiture. Des cellules spécialisées permettent ainsi à la plante de percevoir sa courbure, de connaître son inclinaison, afin de mettre en œuvre un processus de redressement, lorsque le végétal a été incliné par une tempête par exemple.

 

Grâce à cette capacité de proprioception, mêlée à leur sens de la gravité, les arbres peuvent par exemple réorienter leur mouvement au cours de leur croissance, afin de conserver leur équilibre.

 

 

Les plantes sont dotées de mémoire

Il existe une forme d’apprentissage et d’anticipation chez la plante, qui fait preuve de mémoire. L’exemple du desmodium gyrans est à ce titre significatif. Cette plante, sensible à l’onde sonore, réagit en bougeant certaines feuilles, certains diront qu’elle “danse”. Plus étonnant encore, si on l’expose régulièrement à des ondes sonores, la plante “dansera” de mieux en mieux, c’est-à-dire qu’elle apprend. Il y a ici une forme d’entraînement, fondé sur la mémoire.

 

La sensitive (mimosa pudica) elle aussi est dotée de mémoire. Cette plante, connue pour replier ses feuilles lorsqu’on la touche et qu’elle se croit menacée, est capable de mémoriser l’absence de danger et d’adapter ses comportements. « Lorsqu’elle est cultivée à l’intérieur, elle pousse sans connaître la pluie. Le jour où vous la placez dehors, au contact des premières gouttes, ses feuilles se referment parce qu’elle perçoit ces petits chocs comme un danger. Mais au bout de quelques pluies, elle aura compris qu’elle ne court aucun risque et gardera ses feuilles ouvertes. Exposée de nouveau à l’averse après plusieurs années passées au sec, elle ne se repliera pas, ayant mémorisé l’absence de danger. », explique le botaniste Francis Hallé.

 

Mais où peut bien se situer le siège de la mémoire dans un organisme qui n’a pas de cerveau, ni de système nerveux ? Dans les protéines, nous dit l’Université de Cambridge. L’équipe de Cambridge a ainsi détecté chez l’arabette des dames plus de 500 protéines semblables au prion.

 

 

Les plantes communiquent entre-elles

Les plantes communiquent pour se prémunir des attaques des parasites et des prédateurs. Cette forme de communication est très élaborée. Elles se préviennent ainsi mutuellement de l’arrivée d’un ravageur.

 

 

Une communication par voie chimique

Une première forme de communication s’effectue par voie chimique. Les plantes s’alertent ainsi les unes les autres par l’émission de composés volatiles. Une expérience a démontré qu’il existe une intelligence sociale des végétaux d’une même espèce, ainsi qu’une communication chimique. Au début des années 1980, près de 2 000 antilopes koudous ont été retrouvées mortes dans des parcs fermés d’une réserve naturelle d’Afrique du Sud. En cause : la communication chimique entre des acacias. Les arbres broutés par les koudous auraient ainsi transmis à leurs congénères des messages d’alerte les conduisant à augmenter sensiblement la teneur en tanins (un poison défensif) de leurs feuilles.

 

Il semble que ce ne soit pas là une réaction purement physiologique. Par le biais de l’émission d’un gaz, l’éthylène, les acacias envoient des signaux aux autres acacias, pour anticiper le fait que leurs congénères vont bientôt être broutés à leur tour. Ceux-ci, avant même d’être confrontés à l’animal brouteur commencent à produire du tanin, par anticipation. Il y a une dimension cognitive dans ce phénomène.

 

Des signaux chimiques peuvent également être émis par les racines. Ainsi, lorsque la tomate tombe malade, elle avertit ses voisines via un message transporté par un champignon racinaire. En présence de ce champignon, les tomates saines se mettent à produire des enzymes de défense.

 

 

Une communication sonore

Dans la revue Trends in Plant Science, des chercheurs britanniques et australiens ont suggéré que les plantes pourraient également communiquer entre elles à l’aide de cliquetis, inaudibles pour les êtres humains. Grâce à de puissants amplificateurs, les chercheurs ont ainsi pu “écouter” des pousses de maïs, et identifié des cliquetis, en provenance de leurs racines. En émettant ensuite un bruit artificiel similaire à ces cliquetis, ils ont pu constater que les plantes poussaient en direction de cette source sonore.

 

 

Les plantes mettent en place des stratégies d’adaptation à leur environnement

Stratégies de défense

Les plantes déploient tout un arsenal biochimique pour se défendre. Par exemple, un haricot attaqué par un puceron appelle au secours en émettant un signal chimique volatil qui attirera un prédateur de l’insecte. L’émission de substances toxiques permet également de neutraliser les prédateurs, comme nous l’avons montré tout à l’heure avec l’exemple des acacias.

 

Les plantes peuvent également modifier leur physiologie pour se défendre contre des contraintes répétées. A chaque coup de vent par exemple, faisant ployer la plante, un mécanisme se déclenche, induisant la production de molécules spécifiques qui envoient un signal aux zones de la plante en croissance. « On observe alors que le diamètre s’élargit dans la direction de la flexion. La tige est ainsi renforcée. C’est un avantage adaptatif pour la plante, qui devient au fil du temps plus résistante au vent. », souligne Eric Badel, chercheur au sein de l’UMR Piaf, à Clermont Ferrand. Voilà qui explique par exemple pourquoi, dans les régions ventées, les arbres développent un tronc plus large.

 

 

Stratégies de séduction et de chasse

Les plantes savent se rendre attirantes lorsqu’en dépend leur survie. Les plantes carnivores par exemple ont conçu d’incroyables leurres pour attirer les insectes et les piéger. « Pour attirer leurs victimes, les plantes utilisent des leurres optiques et chimiques d’une efficacité redoutable», explique Laurence Gaume-Vial, écologue au CNRS. Drosera ou Pinguicula sécrètent par exemple des microgoutelettes gluantes qui imitent la rosée du matin. L’insecte qui s’y pose y reste collé. De longs tentacules visqueux l’enveloppent alors et l’entraînent progressivement vers le centre de la feuille, où sont concentrées les glandes digestives.

 


 

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L’hypothèse d’une neurobiologie végétale

Dès 1880, Charles Darwin postule que les racines de la plante sont l’équivalent du système nerveux chez les animaux. Cette hypothèse est aujourd’hui confirmée par celle, formulée par le biologiste italien Stefano Mancuso, d’une neurobiologie végétale. Les plantes disposeraient ainsi, selon le chercheur, de l’équivalent d’un système nerveux, permettant à l’information de circuler sous forme électrique.

 

C’est dans les racines des plantes que serait traitée l’information, tout comme dans le système nerveux des vertébrés.

 

« Le rôle des racines, et plus précisément de l’apex, est crucial et complexe. Si je pars du constat que l’intelligence est une propriété émergente d’une multitude de neurones, je dirais que les plantes fonctionnent sur le même modèle que notre cerveau (…) En fait, l’appareil racinaire tout entier se conduit comme une colonie, au sein de laquelle chacun des milliards d’apex explore le sol, envoie et capte des signaux chimiques ou électriques, comme le ferait une fourmi dans la colonie. Nous voilà précisément face à une prodigieuse intelligence en essaim. », explique Stefano Mancuso.

 

Ainsi, la “machinerie entière de la neurotransmission” est présente chez les plantes, et plus particulièrement dans leurs racines, qui fonctionnent comme un cerveau, en réseau.

 

 

Conclusion : les végétaux seraient « plus aboutis que les animaux« 

Les plantes sont donc dotées de multiples facultés que l’on pensait réservées au monde animal et humain. Elles ont des comportements très sophistiqués et  sont capables de percevoir et de traiter de l’information afin de pouvoir s’adapter.  C’est là une forme de cognition et d’intelligence, d’un point de vue anthropomorphique.

 

« Moi, je défends l’évidence qu’en dépit de ce qui la sépare essentiellement de nous -son immobilité-, une plante est capable de résoudre les mêmes problèmes que nous réglons, nous, en nous déplaçant : chercher de la nourriture, s’adapter aux conditions climatiques, se défendre, se reproduire. », explique Stefano Mancuso. « Non seulement les plantes sont intelligentes, mais tout organisme vivant l’est. Sinon, il serait balayé par l’évolution. », ajoute le chercheur.

 

Selon le botaniste Francis Hallé, les plantes seraient même « plus abouties » que les animaux. On sait que le riz, par exemple, possède deux fois plus de gènes que l’homme, ce qui prouve qu’il est plus complexe.

 

En quelques années, les scientifiques ont totalement renouvelé notre vision des plantes. La découverte des capacités extraordinaires des plantes doit nous inviter à l’humilité, et nous faire reconsidérer nos positions par rapport au reste du vivant.

 

Plante - 2

 


 

Source :

https://www.notre-planete.info/actualites/323-intelligence-vegetaux

13 comments

    1. Mon père le fait également. Il y a eu des tas d’expériences dont certaines qui sont incroyables…. elles pressentent, et ce bien avant que l’on passe à l’action, si elles vont subir un quelconque stress…

      Aimé par 1 personne

    1. Je m’y connais très peu dans ce domaine mais à la lecture de plusieurs ouvrages sur le sujet… Le doute n’est plus permis. Tout du moins, c’est ce qu’il me semble.

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