Nestlé & Coca-Cola : Une longue histoire d’exploitation, de privatisation des ressources naturelles et de dégradation de l’environnement

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Coca Cola - Inde - 2

 

 

2011 : Coca-Cola au centre de conflits sur l’eau en Inde

Le géant américain est accusé de vider les nappes phréatiques. L’Etat du Kerala demande des compensations.

 

Le Parlement du Kerala, un Etat du sud de l’Inde, a voté, jeudi 24 février 2011, la mise en place d’un tribunal spécial pour statuer sur les demandes de compensation contre le géant américain Coca-Cola, accusé d’avoir pollué et surexploité des nappes phréatiques, mettant en danger la santé de milliers d’habitants. Pertes agricoles, pollution aquatique, maladies : le montant des dommages est évalué à 48 millions de dollars (34 millions d’euros).

 

L’usine en question a été construite en 2000 sur les terres cultivables de Plachimada, un bourg situé au milieu de rizières fortes consommatrices en eau. Quelques mois après le démarrage de l’activité de l’usine, des habitants ont commencé à se plaindre du goût de l’eau, puis de la baisse du niveau des nappes.

 

Chaque jour, 500 000 litres ont été puisés en moyenne et 150 000 litres d’eaux usées rejetées. L’usine a été fermée en 2004, à la suite de protestations des habitants et sur ordre du comité de contrôle de pollution du Kerala. Mais Coca-Cola revendique toujours le droit de l’exploiter et a porté l’affaire devant la Cour suprême, qui n’a pas encore tranché.

 

Les études scientifiques sont pourtant accablantes. Dès 2003, le professeur John Henry, alors toxicologue à la faculté de médecine de l’Imperial College, à Londres, avait prévenu « Des conséquences dévastatrices des eaux usées pour la population des environs. ». Ces eaux contiendraient de fortes concentrations en chlore et en cadmium entraînant cancers, maladies cutanées et problèmes respiratoires.

 

Malgré des conclusions similaires dans l’enquête menée par le comité de contrôle antipollution du Kerala, Coca-Cola continue de nier ces accusations. La semaine dernière, le fabricant a « déploré » la création du tribunal spécial jugeant le texte de loi voté au parlement du Kerala « dépourvu de faits et de données scientifiques ».

 


 

Coca Cola & Nestlé

 

 

2013 : La face cachée des marques

Pendant plus d’un siècle, les entreprises du secteur agroalimentaire et des boissons les plus puissantes au monde se sont appuyées sur des terres et une main-d’œuvre bon marché pour créer des produits peu coûteux et dégager des bénéfices colossaux. Ces bénéfices se sont accumulés au détriment de l’environnement et des communautés locales dans le monde entier et ont joué un rôle dans la crise actuelle du système alimentaire.

 

Ce rapport se concentre sur dix des entreprises du secteur agroalimentaire les plus puissantes au monde : Associated British Foods (ABF), Coca-Cola, Danone, General Mills, Kellogg, Mars, Mondelez International (anciennement Kraft Foods), Nestlé, PepsiCo et Unilever, et vise à renforcer la transparence et la redevabilité de ces dix géants tout au long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. « La face cachée de marques » passe au crible les politiques des entreprises dans sept domaines essentiels pour parvenir à une production agricole durable, mais historiquement négligés par l’industrie agroalimentaire : les femmes, les petits agriculteurs, les travailleurs agricoles, l’eau, la terre, le changement climatique et la transparence. Oxfam compare les politiques mises en œuvre par les différentes entreprises et encourage ces dernières à se lancer dans une « course à l’excellence » pour améliorer leurs performances sociales et environnementales. Voici les principaux constats du rapport « La face cachée des marques » :

 

  • Plusieurs des dix géants de l’agroalimentaire ont affirmé leur volonté de défendre les droits des femmes, mais aucun ne s’est engagé à mettre fin à la discrimination à l’égard des femmes dans leurs chaînes d’approvisionnement.

 

  • Aucune de ces sociétés ne s’est dotée de politiques permettant de protéger les communautés locales contre les accaparements de terres et d’eau. Pourtant, toutes achètent des matières premières – notamment huile de palme, soja et sucre – dont la production donne trop souvent lieu à des violations de droits fonciers. Aucun de ces groupes ne prône la tolérance zéro contre les accaparements de terres dans leurs chaînes d’approvisionnement.

 

  • Les dix sociétés restent excessivement opaques concernant leurs chaînes d’approvisionnement agricoles, ce qui rend leurs déclarations en matière de développement durable et de responsabilité sociale difficiles à vérifier. Nestlé et Unilever font preuve de la plus grande transparence quant aux pays dans lesquels elles s’approvisionnent. Cependant, aucune société ne fournit suffisamment d’informations sur ses fournisseurs.

 

  • Les dix sociétés étudiées réalisent en général des économies en eau, mais n’ont pour la plupart pas mis en place de politiques limitant leur incidence sur les sources d’eau locales. Seule Pepsi a publiquement reconnu l’eau comme un droit fondamental et s’est engagée à consulter les communautés locales. Nestlé a élaboré des directives sur la gestion de l’eau à l’intention de ses fournisseurs et se classe au premier rang pour ses politiques en la matière.

 

  • Toutes ces entreprises ont pris des mesures en vue de réduire leurs émissions directes de gaz à effet de serre, mais elles ne sont que cinq – Mondelez, Danone, Unilever, Coca-Cola et Mars – à rendre compte des émissions agricoles liées à leurs produits. Seule Unilever s’est engagée à réduire de moitié l’empreinte de ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020.Aucune n’a encore adopté de politiques visant à aider les agriculteurs qui font partie de leurs chaînes d’approvisionnement à mieux résister aux changements climatiques.

 

  • Aucune ne s’est engagée publiquement à payer un prix décent aux agriculteurs ou à leur accorder des conditions commerciales plus justes. Seule Unilever – la mieux classée s’agissant des relations avec les paysans – a établi à l’intention de ses fournisseurs des directives précises qui permettent d’aborder certaines problèmes majeurs auxquels sont confrontés les agriculteurs.

 

 

Oxfam publie également une note dénonçant l’inaction de Nestlé, Mondelez et Mars face aux inégalités rencontrées par les femmes qui cultivent le cacao utilisé dans leurs produits au chocolat. Ces trois entreprises achetant à elles trois plus de 30 % du cacao mondial, elles ont une capacité d’influence considérable sur ces inégalités.

 


 

Obésité - Mexique

 

 

2014 : Mexique – Coca-Cola et Nestlé coupables d’encourager l’obésité

Le gouvernement mexicain veut infliger des amendes à Coca-Cola, PepsiCo, Hershey’s, Nestlé et à une filiale locale d’Unilever, pour violation de la nouvelle réglementation pour les publicités sur les aliments encourageant l’obésité chez les jeunes.

 

La Commission fédérale pour la protection contre les risques sanitaires (Cofepris) a repéré six spots publicitaires ne respectant pas cette réglementation. Elle «a ordonné leur retrait immédiat et prépare des sanctions» contre les entreprises », a annoncé la Commission dans un communiqué.

 

Le français Nestlé est passible d’une amende pour un spot publicitaire de ses céréales chocolatés, tandis que les américains Coca-Cola et PepsiCo le sont pour la diffusion de publicités de leurs boissons gazeuses diffusées avant la projection de films pour enfants dans deux cinémas de Mexico.

 

Alvaro Perez, membre de la Commission, a déclaré à l’AFP que, sauf s’il existe «une preuve de non responsabilité directe», ces entreprises risquent des amendes allant de 10.000 à 85.000 dollars, qui seront fixées d’ici deux à trois semaines.

 

Il s’agirait des premières amendes infligées à une entreprise depuis que le gouvernement mexicain a décidé le 15 juillet dernier de restreindre les publicités sur les boissons et les aliments sucrés avant les programmes de télévision et les films destinés aux enfants, afin de lutter contre le surpoids et l’obésité qui touchent 30% des enfants du pays.

 

L’obésité est l’un des principaux problèmes de santé au Mexique, pays de 118 millions d’habitants. Selon des données officielles, quelque 70% des adultes et 30% des enfants sont concernés par le surpoids et l’obésité.

 

Le Mexique est le plus grand consommateur de boissons sucrées au monde, avec 163 litres par tête et par an. Le pays, dont l’alimentation comprend une forte proportion de plats frits, est le plus touché par le diabète parmi les 34 pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

 

Une réforme fiscale adoptée fin octobre a augmenté l’impôt sur les aliments hautement caloriques de 8% et mis en place un prélèvement d’un peso (0,06 euro) par litre de boisson sucrée vendue.

 


 

Coca Cola - Inde

 

 

2014 : Inde – Coca-Cola contraint de fermer une usine

Accusée d’utiliser trop d’eau, la société Coca-Cola a dû fermer une usine dans le nord de l’Inde. Une décision saluée par la population locale, qui lutte depuis longtemps contre la pénurie d’eau.

 

Coca-Cola a été obligé de fermer une usine en Inde, car la société aurait violé les réglementations environnementalesnote le Business Standard. Le quotidien économique de New Delhi explique que la fermeture de l’usine, située dans la ville de Bénarès (Etat de l’Uttar Pradesh), fait suite à une décision du conseil environnemental de la région.

 

Le Financial Times, de son côté, ajoute que la société Hindustan Coca-Cola Beverages, une filière de Coca-Cola en Inde, aurait utilisé trop d’eau alors que « Le niveau de la nappe phréatique dans l’Uttar Pradesh est dangereusement bas depuis plus de dix ans ». Le journal économique anglais note que la décision fait suite à une campagne de protestation menée par la population locale, citant un militant qui estime que la décision représente « une énorme victoire et la confirmation très attendue que les communautés locales peuvent prendre à partie des entreprises puissantes. »

 

Le géant des sodas, de son côté, a rétorqué que les accusations sont “trompeuses” et “fausses”, et que son utilisation d’eau a été “responsable” et “judicieuse”. Depuis 2003, les sodas sont ouvertement critiqués en Inde, car ils contiendraient de nombreuses substances nocives (dont des pesticides). En 2006, le gouvernement du Kerala, dans le sud de l’Inde, a interdit la production de Coca-Cola, mais un tribunal a annulé cette décision.

Cela n’aura duré qu’un temps : quelques jours plus tard, un tribunal a permis la réouverture de l’usine.

 


 

Coca Cola - Sang

 

 

2016 : En Inde, Pepsi et Coca Cola soupçonnées de surexploiter les rivières en pleine sécheresse

 

Pepsi et Coca Cola sont accusés d’utiliser l’eau de rivières de l’Etat du Tamil Nadu à des fins commerciales alors que la population souffre d’une grave sécheresse.

 

Dans l’Etat du Tamil, à l’extrême sud de l’Inde, deux usines produisant des boissons pour Pepsi et Coca Cola ont dû fermer temporairement sur décision de la cour d’appel locale. La justice a accepté la plainte d’une association qui les accuse d’utiliser l’eau de la rivière locale à des fins commerciales alors que la population souffre d’une grave sécheresse depuis plus d’un an.

 

 

Les usines de sodas et les riziculteurs sont en concurrence pour l’eau

Cette sécheresse est due avant tout aux pluies très faibles depuis un an dans cette région tropicale du Tamil Nadu. La production agricole sur place se compose essentiellement de riz, les paysans inondent habituellement leurs champs grâce aux rivières ou au nappes phréatiques. Or, il y a tellement peu d’eau aujourd’hui que peu de paysans ont pu planter le mois dernier. Toute l’agriculture vivrière est donc menacée, et avec elle la survie de la population.

 

Les deux usines de Pepsi et Coca Cola sont celles qui consomment le plus d’eau dans la région. Elles entrent directement en concurrence avec les agriculteurs locaux puisque pour produire leurs sodas et leur eau en bouteille, elles utilisent les mêmes sources. « Nous n’avons même pas d’eau à boire, ce n’est pas normal qu’une entreprise s’en serve pour produire et vendre des sodas. » confie un plaignant.

 

 

L’intérêt général avant l’intérêt commercial

La haute cour de Madras a jugé qu’il était de l’intérêt général de protéger l’accès de l’eau à la population, en empêchant sa commercialisation par des sociétés privées. Elle a donc demandé la suppression de l’approvisionnement en eau des deux usines Coca Cola et Pepsi jusqu’au 8 janvier prochain.

 

Ce n’est pas la première fois que les deux entreprises font face à une telle opposition. L’an dernier dans le même Etat, d’énormes manifestations ont empêché l’ouverture d’une usine Coca Cola. Les agriculteurs craignaient que les sources d’eau, déjà à un niveau critique, soient vidées. Le gouvernement local, qui avait pourtant déjà vendu le terrain, a dû faire marche arrière.

 

Il y a deux ans, L’extension d’une autre usine Coca Cola dans le nord de l’Inde a été refusée par les autorités. Elles ont considéré que les nappes phréatiques étaient déjà surexploitées. Il faut dire qu’un quart du territoire indien est en voie de désertification.

 


 

Map - Trust - Coca cola - Nestlé

 


 

 

Afrique - Coca Cola

Le continent africain est également surexploité par ces firmes

 


 

Nestlé & Coca-Cola pourvoyeurs de pauvreté, de dégradation de l’environnement et… de mort

 


 

Coca cola - Trinqué

 

Coca Cola - Mexique

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nestlé

https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Coca-Cola_Company

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/03/04/coca-cola-au-centre-de-conflits-sur-l-eau-en-inde_1488352_3244.html (2011)

https://www.oxfamfrance.org/rapports/face-cachee-des-marques/face-cachee-des-marques (2013)

https://www.20minutes.fr/planete/1108185-20130226-nestle-danone-coca-cola-accuses-nuire-a-environnement (2013)

https://www.20minutes.fr/economie/1421349-20140723-20140723-mexique-coca-cola-nestle-coupables-encourager-obesite (2014)

https://www.courrierinternational.com/article/2014/06/20/coca-cola-contraint-de-fermer-une-usine (2014)

http://www.altermondes.org/coca-cola-laisse-un-gout-amer-au-kerala/ (2016)

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/en-direct-du-monde/en-direct-du-monde-en-inde-pepsi-et-coca-cola-soupconnees-de-surexploiter-les-rivieres-en-pleine-secheresse_1945455.html (2016)

10 comments

  1. comment peut-on profiter de la misères des autres pour s’enrichir .. mais ce qui est embêtant pour ceux qui éviter ses produits
    c’est qu’ils ont tellement de marques qu’il est difficile de s’y retrouver

    Aimé par 2 personnes

    1. L’on ne peut pas tout boycotter en tant qu’individu mais collectivement c’est tout autre chose. Chacun boycottant 2 ou 3 produits différents des autres, etc… Mais là réside notre plus grande faiblesse car nous sommes devenus individualiste pensant que l’on est autosuffisant. Mais seul, l’on ne peut rien faire mais de façon exponentielle, c’est tout autre chose. Il faut commencer par soi-même. Enfin je pense. Leur pouvoir résidant dans l’argent qu’ils créaient ex-nihilo, est l’une de leurs plus grandes faiblesses. Mais pour qu’il y ait un impact, il faut atteindre un certain seuil et nous sommes très loin de l’avoir atteint. Ils nous ont trop ‘bien’ divisé. Il faudrait quelque chose qui nous unisse tous. C’est l’une de mes idées qui n’est pas forcément la clé. Le débat est ouvert.

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  2. Très bel article. Il est clair que ces géants de l’industrie bénéficient d’un certain nombre de largesses de la part des gouvernements des pays dans lesquels ils s’installent. Sinon comment comprendre que les populations soient ainsi abandonnés à elles même.

    Aimé par 1 personne

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