Ces substances chimiques obésogènes qui nous empêchent de perdre du poids

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Les substances chimiques obésogènes qui nous empêchent de perdre du poids

 

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Lorsqu’une de vos amis(es) se plaint qu’il (elle) n’arrive pas à perdre du poids, vous pouvez penser qu’il (elle) n’y met pas suffisamment du sien. Après tout, perdre du poids, c’est seulement consommer moins de calories qu’on en dépense, n’est-ce pas ?

 

Et bien pas toujours. Les scientifiques ont démontré que l’obésité est souvent causée par de multiples facteurs comme les prédispositions génétiques, les différences de métabolisme et des facteurs négatifs du style de vie comme le stress et le manque de sommeil. Actuellement, la communauté médicale a identifié un nouveau facteur, les obésogènes, des produits chimiques qui subsistent dans l’air que nous respirons ou les aliments que nous consommons et qui perturbent le fonctionnement hormonal. Ces produits nuisibles ont aussi une incidence sur la fertilité masculine et le cancer; des études ont démontré qu’une exposition à l’un de ces produits, au stade du fœtus ou de l’adulte peut provoquer au moins l’un des résultats suivants :

 

  • Pousser les cellules adipeuses à se développer plus rapidement.

 

  • Augmenter le nombre de cellules adipeuses.

 

  • Perturber la régulation de l’appétit.

 

  • Provoquer des changements métaboliques qui diminuent l’efficacité du régime et de l’exercice comme outils de perte de poids.

 

 

En début d’année, l’Institut national américain de la santé annonçait un investissement de plusieurs millions de dollars pour financer des recherches afin d’identifier dans l’environnement les produits chimiques responsables de la croissance de l’épidémie d’obésité. Le point de départ de cette préoccupation repose sur une découverte scientifique : nous serions exposés à un produit chimique qui déclenche la production d’un plus grand nombre de cellules adipeuses. Ce sujet sera élaboré plus loin dans le texte.

 

Le docteur Arya Sharma, professeur au département de médecine et président du groupe de recherche et de contrôle de l’obésité trouve qu’il est important de mieux comprendre le rôle des produits chimiques qui perturbent le fonctionnement hormonal dans la gestion et le traitement de l’obésité. « Mais il est tout aussi important de bien comprendre que les causes de l’obésité varient de façon importante d’un individu à l’autre, de même que les solutions.», dit-il.

 

Autrement dit, diminuer l’exposition aux produits chimiques ne permettra pas de solutionner la lutte ponctuelle ou permanente contre l’obésité. Jusqu’à ce qu’on ait déterminé l’importance du rôle des obésogènes sur le gain de poids, Arya Sharma et ses collègues croient qu’il serait plus prudent pour les femmes enceintes de se protéger contre une exposition à ces produits. « Pour la plupart d’entre nous, il ne serait pas mauvais d’identifier les produits à combattre et d’adopter des précautions réalistes. », souligne-t-il.

 

 

Comment fonctionnent les obésogènes ?

Le mot obésogène qualifie une substance naturelle ou artificielle qui provoque l’augmentation du poids; il a été inventé par Bruce Blumberg, professeur au département de biologie de la cellule et du développement à l’Université de Californie à Irvine. « Le mot s’est imposé spontanément. », explique-t-il. En 2003, il découvrait un lien de causalité entre l’augmentation du poids et le tributylétain, un produit de préservation du bois appliqué sur les quilles de bateau et dont il subsiste des résidus dans l’océan. Pendant que son groupe de chercheurs étudiait comment certains perturbateurs endocriniens, dont le tributylétain, peuvent provoquer la réversion sexuelle chez le poisson, ils ont découvert que ce produit chimique activait un récepteur hormonal nommé PPAR gamma, qui est le régulateur principal du développement des cellules adipeuses. Il régule le sort des cellules souches multipotentes stromatolithiques pour les prédisposer à produire du gras au lieu du tissu osseux. Cette étude a été publiée en 2006.

 

« Chez les souris, nous avons découvert qu’une exposition au tributylétain avant la naissance, prédispose ces cellules à devenir des cellules adipeuses. Malgré toutes nos interventions pour en faire des cellules osseuses, elles se sont transformées en cellules adipeuses. », explique Bruce Blumberg. « Même si nous ne pouvons vérifier les résultats de cette découverte sur les humains, pour des raisons de sécurité, nous savons que l’activation des PPAR gamma par les médicaments pour le diabète Actos et Avandia provoque l’augmentation du poids chez l’humain. »

 

D’après l’état actuel des connaissances, le nombre de cellules adipeuses d’une personne est programmé aux premiers stades de la vie. Par après, l’organisme défendra vigoureusement ce nombre. À ce jour, le tributylétain est la seule explication valable au lien de causalité entre l’augmentation du poids et un perturbateur endocrinien. « Cependant, nous connaissons d’autres produits chimiques qui peuvent produire des cellules adipeuses, mais nous ne savons pas encore comment ils fonctionnent.  Les chercheurs poursuivent activement leurs travaux dans ce domaine. », explique Bruce Blumberg,

 

 

Les présumés coupables

La meilleure explication d’un lien de causalité entre une exposition prénatale à une faible dose de perturbateurs endocriniens et le développement de l’obésité se trouve dans les recherches faites sur des animaux. Un nombre croissant de recherches démontre qu’il existe une réaction significative lors de l’exposition des humains à certains produits chimiques et le gain de poids. En plus du tributylétain, voici les produits chimiques qui préoccupent les scientifiques.

 

Formule chimique

 

1) Le bisphénol A (BPA) et le phthalate que nous ingérons par le plastique polycarbonate et la résine d’époxy utilisés dans la fabrication des contenants alimentaires de plastique et la couche intérieure des boîtes de conserves et des bouteilles de boisson. En 2009, Santé Canada a interdit l’utilisation du BPA dans les bouteilles de plastique destinées aux bébés de crainte qu’une exposition à ce produit n’affecte les nouveau-nés et les petits enfants. Il a été démontré par la suite que l’exposition aux niveaux de BPA contenus dans les aliments emballés comme l’eau en bouteille, les conserves et les aliments pour nouveau-nés est sans danger.

 

Même si la durée de vie chimique du BPA est relativement brève, beaucoup de recherches sont effectuées sur ce produit parce que nous y sommes exposés de façon constante. Deux études japonaises publiées en 2002 et 2007 ont démontré que le BPA provoque non seulement la conversion des cellules en cellules adipeuses mais augmente la quantité de matières grasses stockées dans ces cellules chez les souris.

 

De plus, d’après une étude publiée en 2010 dans Biotechnology Letters, on croit que le BPA et le phtalate de butyle benzyle, utilisés dans la fabrication des produits de vinyle pour en augmenter la souplesse comme dans les jouets d’enfants,  pourraient provoquer l’obésité, tout comme le tributylétain, en activant les récepteurs PPAR gamma et en produisant plus de cellules adipeuses. Selon Santé Canada, le fait de toucher ou lécher ces jouets ne présente pas un risque pour la santé; mais un contact prolongé avec la bouche, comme sucer un objet, peut être dangereux pour un enfant en bas âge, en fonction de la quantité de phtalate relâchée par le produit. En janvier 2011, Santé Canada a émis des nouveaux règlements limitant la quantité de phtalate dans les produits ou les jouets destinés aux enfants.

 

Il y a de plus en plus de preuves démontrant que le phtalate peut influencer le métabolisme. Une étude publiée en 2008 dans Toxicology a étudié, chez les rats, l’exposition du fœtus à certains types de phtalate: le phtalate de diisobutyle, utilisé dans les plastiques et le vernis à ongles; le paraoxybenzoate de butyle, un antifongique présent dans certains cosmétiques et absorbé par la peau;  l’octanoate perfluoré, émanant de sources aussi variées que les déchets industriels et les tapis résistants aux taches. On a découvert que ces composés altéraient le niveau d’insuline et de leptine qui ont un rôle à jouer dans la programmation du métabolisme.

 

Plus tôt cette année, une étude sur des humains publiée dans Environmental Health Perspectives a démontré que des concentrations plus élevées de phtalate et de BPA dans le sang peuvent être associées au mauvais fonctionnement de la glande thyroïde qui contrôle le métabolisme.

 

 

2) Le phénoxybenzène polybromé, un composé ininflammable utilisé dans une gamme importante de produits comme les mousses pour meubles, le plastique du téléviseur, les produits électroniques, les gaines et matériaux isolants des fils électriques,  le recouvrement des draperies et des meubles rembourrés. Mais on ne comprend pas encore comment notre corps peut absorber ces produits. En 2007, on a publié dans Obesity les résultats d’une recherche portant sur des animaux et démontrant que ces produits chimiques solubles dans l’eau, ont tendance à s’agglutiner dans les cellules adipeuses, perturbent de façon significative la production d’insuline, altèrent le fonctionnement des cellules adipeuses et provoquent une obésité métabolique chez les rats. Le métabolisme est ralenti au point où les rats sont devenus obèses.

 

 

3) Le dichlorodiphényldichloroéthylène (DDE). Ce produit, dérivé du DDT, un pesticide maintenant interdit, est toujours présent dans l’environnement parce que sa dégradation est très lente. Nous y sommes exposés par les produits du sol que nous consommons, et le DDE est présent en petites quantités dans l’eau et dans l’air. La toute première revue de la littérature sur le sujet publiée en 2011 dans Obesity Review, démontre que les femmes qui ont une concentration plus élevée de pesticide dans le sang en début de grossesse, ont eu des enfants qui ont pris du poids plus rapidement. « Leur taux de croissance a été presque deux fois plus rapide au cours des six premiers mois et 60% avaient un indice de masse corporelle élevé à 14 mois. », affirme Michelle Mendez, coauteure de l’étude et chercheuse au Centre de recherche sur l’épidémiologie environnementale à l’Université de Barcelona en Espagne. « Un nombre important de recherches démontre qu’une croissance rapide au cours des premiers mois de la vie est associée à un risque d’obésité au cours de l’enfance et même de la vie adulte. »

 

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Qui est à risque?

Les chercheurs se concentrent sur l’exposition durant la période prénatale parce que c’est le moment où les cellules souches programment le développement des cellules adipeuses. Cependant, Bruce Blumberg fait remarquer que nous savons que les cellules souches adultes peuvent se transformer en cellules adipeuses après avoir été exposées à des produits chimiques. Par exemple, comme nous l’avons mentionné, les médicaments pour le diabète Avandia et Actos provoquent la formation d’un plus grand nombre de cellules adipeuses. Les recherches démontrent également que le fructose, un obésogène naturel, trompe l’organisme en lui faisant croire qu’il a faim en influençant la ghréline et la leptine, des hormones qui contrôlent la sensation de satiété.  On croit que les personnes qui ont un régime riche en fructose sont plus à risque d’avoir un excès de poids ou de souffrir d’obésité, même si on tient compte que les aliments sont plus riches en calories.

 

Comme plusieurs produits chimiques que l’on étudie actuellement sont largement répandus, une question se pose : pourquoi tout le monde n’est-il pas obèse ? « Parce ce que personne n’est affecté de la même façon. », répond Bruce Blumberg. « Si j’administre le même médicament à mille personnes, j’aurai une grande variété de réponses. Plusieurs personnes réagiront de la même façon, certaines auront des réactions négatives et d’autres n’en auront tout simplement aucune. Notre problématique est de trouver quel segment de la population est le plus à risque. »

 

« Et il poursuit en disant que, comme les plastiques et les pesticides sont beaucoup plus utilisés depuis les années 70, il serait réaliste de conclure que les personnes nées après ces années ont bien plus de chances d’avoir été exposées aux obésogènes au cours de la période prénatale et durant leur vie

 

Pouvons-nous dire que le gain de poids qui survient vers 40 ans est attribuable aux obésogènes parce que parce que la population y a été exposée de façon constante et croissante au stade fœtal ou durant l’enfance ? Non, répondent Arya Sharma et ses collègues, précisant qu’il n’y a jamais une seule cause qui explique l’obésité. Doit-on accuser les obésogènes d’être la cause des problèmes de poids des moins de 40 ans ? Bruce Blumberg se montre plutôt hésitant : « Je n’en ferais pas la cause unique. »

 

Le domaine émergeant de la métabolomique, l’analyse des molécules générées au cours du métabolisme, fait miroiter la possibilité d’élaborer un test qui permettrait de mesurer le niveau d’exposition  aux produits chimiques et l’impact sur le poids corporel. Arya Sharma précise que cette technique n’aurait pas beaucoup de valeur au plan clinique, puisque l’exposition a déjà eu lieu. « Nous devons donc nous en remettre à des stratégies de base de gestion du poids, qui comprennent l’évaluation du régime et des aliments suspects, et l’exercice physique. Mais cela ne convient pas à tous

 

Mais pour Bruce Blumberg, « Il serait tout de même utile pour une personne de savoir si un produit chimique peut affecter son poids; cette personne saura qu’elle devra mettre plus d’énergie que d’autres pour maintenir un poids santé. »

 

 

Comment se protéger ?

Il n’existe pas beaucoup de solutions pour éviter certains obésogènes, notamment les pesticides et les retardateurs de flamme, parce que les produits qui en contiennent sont toujours dans l’environnement à la surface du globe et qu’il faut énormément de temps aux résidus chimiques pour de désagréger. Pour Michelle Mendez, « Il faut maintenant étudier comment les efforts faits pour se donner un régime sain et équilibré et un niveau d’activité physique adéquat réduisent le risque que les enfants qui ont pris du poids rapidement au début de leur vie demeurent obèses à long terme. Ces pratiques sont un bon conseil à donner aux femmes enceintes. »

 

Et Bruce Blumberg ajoute qu’« il est bon pour chacun de consommer des aliments sains, et de viser à mettre moins de produits chimiques dans son assiette. Les gens de tout âge peuvent profiter de ces habitudes, et particulièrement les femmes enceintes et les jeunes enfants. »

 

 

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Source :

http://www.carevox.fr/nutrition-regimes/article/ces-substances-chimiques

http://selection.readersdigest.ca/sante/prevention/les-produits-chimiques-vous-empechent-ils-de-perdre-du-poids/

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