NASH : La nouvelle « épidémie du siècle »…

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La nouvelle « épidémie du siècle »

 

Foie- NASH - Santé

 

 

Depuis une vingtaine d’années, une épidémie insidieuse agresse le foie d’un Français sur trois, serait-ce en l’absence de tout alcoolisme… Son nom est apparu pour la première fois au printemps 2017 dans la presse grand public : NASH pour Non Alcoholic Steatosis Hepatitis.

 

Les maladies du foie s’en viennent à pas légers, comme en chaussons, sans prévenir – quand bien même il serait l’organe le plus volumineux qui soit à l’intérieur du corps et son centre anti-poison… Même en l’absence de douleur, elles n’en mettent pas moins « en jeu le pronostic vital »… Si « l’échographie régulière du foie n’est pas entrée dans les mœurs », il existe néanmoins des marqueurs biologiques permettant de les voir venir, rappelle le Dr. Dominique Lannes : « Le bilan hépatique perturbé, mais aussi, basiquement, trop de cholestérol et de triglycérides (gras), de glycémie (sucre), parfois jusqu’au stade diabète ».

 

Spécialiste du foie, le Dr. Lannes est hépato-gastro-entérologue à Paris, en cabinet, ainsi qu’à la Clinique du Trocadéro et à la Clinique du Mont-Louis. Il vient de consacrer à la maladie en voie d’identification, la stéato-hépatite non alcoolique (NASH) surnommée aussi « la maladie du soda », un ouvrage qui ne passera pas inaperçu. Et qui devrait inquiéter un bon tiers de nos concitoyens qui en seraient atteints, souvent à leur insu – l’ignorance ne préserve de rien : « Le foie se détruit marche après marche, selon un mécanisme d’escalier bien repéré par la médecine. Tout commence par une gentille stéatose. Sans régime alimentaire qui dégraisse le foie, elle reste « gentille » quelques années. Sept ans en moyenne. Ensuite, le foie peut en avoir marre d’être agressé par le gras et le sucre. On peut alors passer à ce qu’on appelle la NASH, quand « la graisse agresse » et fait se développer une fibrose, c’est-à-dire que des fibres dures commencent à agresser le foie. Elles étouffent les hépatocytes, un peu, beaucoup, jusqu’à durcir tout le foie si on ne fait rien. C’est la cirrhose. »

 

La cirrhose rappelle le Pr Didier Samuel, est un « processus lent qui se constitue sur plusieurs années, souvent vingt ou trente ans, en raison d’une agression chronique et permanente du foie » : « Cette agression entraine une modification de la structure hépatique qui devient nodulaire (on observe des micro- ou des macronodules à la surface du foie), ferme, voire dure, alors que le tissu d’un foie sain est lisse et souple. »

 

Foie - Santé - 2

 

De la qualité du greffon contemporain…

En une génération, le foie sain est devenu rare : « Un tiers de la population a aujourd’hui une stéatose, c’est-à-dire de la graisse dans le foie, sans le savoir. » Et l’épidémie ne fait que commencer la faute à l’agro business, la « malbouffe » outrageusement chargée en sucre, en gras et en bien d’autres douteuses substances…

 

En cas de maladie avérée, il n’y a souvent que « la greffe en point de mire » – bien entendu, « si le malade est greffable »… Elle est envisagée s’il n’y a pas « un envahissement de la veine porte ou des artères environnantes, ou des métastases extra-hépatiques qui rendent la récidive inéluctable »…

 

Mais voilà : compte tenu de l’expansion de la maladie, il est de plus en plus difficile de trouver des greffons sains, c’est-à-dire non stéatosés – le donneur décédé ayant pu « passer par la case malbouffe »… Sans oublier que les dits greffons ne se trouvent pas « à disposition en rayons dans un supermarché »…

 

Le problème de pénurie n’en est qu’au début. Il se pratique environ mille trois cents greffes du foie chaque année en France, « dans une grande majorité consécutive à la décompensation d’une cirrhose » – ce qui fait du foie « l’organe le plus greffé après le rein »…

 

L’immunothérapie suscite beaucoup d’espoirs : « La méthode, par injections, consiste à faire appel à nos propres défenses immunitaires, qu’elle stimule pour aller attaquer directement le mal à la racine. On voit des cancers éradiqués grâce à cette nouvelle méthode, qui dresse notre propre organisme à se battre contre les cellules tumorales. »

 

L’habitué de la grande distribution ou de la restauration rapide, l’amateur de bonne chère, l’addictif à la junk food ou l’inconditionnel de la dive bouteille qui soupçonneraient une anomalie hépatique peuvent toujours « tenter le sevrage du sucre rapide pour redevenir maître de son destin »… La prévention se joue sur le terrain de l’hygiène de vie, de la lutte contre le surpoids et la sédentarité. Sans oublier l’adieu à l’incomparable savoir-faire de nos viticulteurs, digne d’être classé au patrimoine immatériel de l’humanité : l’alcool est « l’agresseur numéro un du foie »… Autant renoncer aux trois verres de vin quotidiens consentis par l’OMS aux hommes – deux pour les femmes…

 

Après, « plus la graisse est incrustée depuis longtemps, plus elle sera difficile à éliminer, parce que la graisse se fibrose »… D’un cirrhotique, l’on dira qu’il que « jusque-là » il était en parfaite santé, pour la simple raison qu’il n’avait rien remarqué d’ « anormal » – alors que l’encrassement de son foie se poursuit à bas bruit…

 

En attendant, la « quête du Graal anti-NASH » se poursuit dans les laboratoires – et plus particulièrement dans ceux de deux sociétés de bio-technologie, Genfit et Intercept. Les multinationales suivent le mouvement, compte tenu de la progression exponentielle de la maladie.

 

Pour sa part, le Dr Pierre-Jean Thomas-Lamotte, neurologue, met ses pas dans ceux des grands Anciens et rappelle que l’inconscient aussi est à l’œuvre dans les maladies du foie : « C’est le gardien de l’identité et du maintien de mes potentialités dans mon cercle de vie (vie familiale, vie professionnelle). Les cellules permettent de faire des réserves durables. Un hépatocyte peut vivre jusqu’à 500 jours et reconstitution est rapide après ablation d’une grande partie de l’organe. L’hépatocyte peut stocker, assurer des transformations des matières, assurer la détoxification et il sert à l’assimilation des graisses (bile). En pathologie, le foie doit se renouveler lorsque le sujet change d’identité et de cercle de vie (hépatite pour détruire les anciennes réserves puis renouvellement hépatique correspondant aux fonctions nécessaires au maintien de la nouvelle identité), quand le sujet manque d’identité « en quantité » (tumeur bénigne, adénome ou cancer), quand le sujet est trop faible pour vivre son identité dans le groupe (cirrhose). »

 

Garder un foie sain, c’est une lutte de chaque instant contre bien de mauvaises habitudes, bien de renoncements ou de reniements aussi…

 

Afin de sensibiliser le grand public, des opérations d’information auront lieu, comme la première journée internationale d’information sur la NASH, qui aura lieu le 12 juin 2018 dans vingt-cinq grandes villes de France.

 

Foie - Santé

 


 

Source :

https://lalettreduphenix.wordpress.com/

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/la-nouvelle-epidemie-du-siecle-203553

https://www.nouvelobs.com/sante/20180314.OBS3568/une-nouvelle-epidemie-nous-menace-la-nash-maladie-de-la-malbouffe.html

 

Ouvrage :

Dr Dominique Lannes, NASH – La maladie de la malbouffe, Flammarion

Pr Didier Samuel, La crise de foie n’existe pas, Marabout

Dr Pierre-Jean Thomas-Lamotte, L’interprétation des maladies qui compensent les petites et grandes blessures de l’âme et comment en guérir, Le Jardin des Livres

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