Effondrement des constructions de maisons individuelles en France [Infographie]

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Depuis 2018, les ventes de maison neuves s’effondrent, notamment dans les zones rurales.

 

 

Maison individuelle

Le nombre de projets de maisons individuelles est en forte baisse depuis plusieurs mois. Sipa/Gile Michel

 

 

Un carré de pelouse pour faire gambader les enfants, des chambres lumineuses, un dressing, un garage voire, quelques grognons nains de jardin… C’est le rêve de toute une vie, une aspiration ancestrale pour des millions de Français : faire construire sa maison ! Les Français n’ont jamais été aussi nombreux à espérer devenir propriétaires d’un logement modelé à leur image.

 

Au premier trimestre 2019, Maisons Pierre, le troisième constructeur de maisons individuelles, a encore enregistré un bond de 18 % des demandes de projets ! Alors que les taux d’intérêt sont à leur plus bas historique, tous les astres semblent alignés pour ces Français bâtisseurs.

 

Pourtant, un peu partout sur le territoire, les tractopelles s’arrêtent, les constructeurs mettent la clé sous la porte, les logements ne sortent plus de terre… En 2018, le nombre de maisons individuelles vendues est ainsi tombé à moins de 120 000, contre 135 000 en 2017, soit une chute de 11,3 % en un an.

 

 

Le PTZ diminué de moitié dans les zones rurales

Et les professionnels du secteur anticipent une année 2019 tout aussi dure. Fin avril, les régions les plus touchées par ce fléau étaient la Normandie (- 19 % de ventes sur un an), l’Occitanie (-12 %), l’Ile-de-France (-11 %) et Rhône-Alpes (-10 %). « Encore une fois, ce sont surtout les provinciaux qui trinquent. », s’étrangle Patrick Vandromme, le PDG d’Hexaôm, le leader du secteur.

 

 

Qu’est-ce qui cloche dans nos bourgs ?

Les spécialistes pointent les coupes sombres dans deux aides publiques qui soutenaient grandement la construction de maisons. Accordée sous conditions de ressources à plus 30 000 propriétaires modestes chaque année, « l’APL (aide personnalisée au logement) accession », a été purement et simplement supprimée en 2018.

 

Augmentant, mécaniquement, les traites des futurs propriétaires. Au même moment, le prêt à taux zéro – qui allège la charge d’intérêt d’un emprunt – lui, était rogné de moitié dans les zones C (rurales) et B2 (grosso modo, les villes de moins de 100 000 habitants). « Autant dire que 90 % du territoire est touché. », alerte Alexandre Sion de Maisons Pierre.

 

 

Les ménages modestes touchés de plein fouet

L’effet cumulé de ces deux mesures ? Un cocktail détonant ! La LCA-FFB, le lobby du secteur, avance un exemple : celui d’une famille à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne, zone C), de cinq enfants, gagnant 2 600 euros par mois. Leur projet (achat du terrain et construction) de 265 000 euros tombe tout bonnement à l’eau. Sans l’APL accession, les mensualités bondissent de 763 euros à 995 euros. Du coup, le taux d’endettement passe de 29 % à 38 %. Or, au-dessus de 33 %, la plupart des banques refusent d’octroyer des prêts

 

« Beaucoup de personnes modestes sont touchées par la remise en cause de ces aides. », constate Michel Mouillart, professeur d’économie à l’Université Paris-Ouest. « Or, dans les territoires ruraux notamment, ces Français n’ont pas accès à des logements sociaux, car il y en a trop peu. » Malgré tout, le gouvernement a prévu de poursuivre dans la voie des économies et d’arrêter le prêt à taux zéro dans les zones B2 et C au 1er janvier 2020.

 

« En 2017-2018, le secteur a déjà perdu 48 000 emplois. », alerte Patrick Vandromme, qui espère un revirement : « Julien Denormandie, le ministre du Logement, s’est publiquement engagé, en mars dernier, à rouvrir ce dossier. »

 

 

Le poids de l’APL et du PTZ (prêt à taux zéro) pour les ménages modestes

Voici les hypothèses de calcul du plan de financement d’un couple avec deux enfants, dont le revenu courant est de 27 000 euros par an (2 smics), qui vise l’acquisition d’un logement neuf de 95 m2 d’une valeur de :

 

> 220 000 euros en zone B2 (prix des logements assez élevés comme dans les centres-villes de certaines grandes agglomérations, certaines zones de la grande couronne autour de Paris)

 

> 200 000 euros en zone C (zones rurales)

 

Tableau - 1

 


 

Source :

http://www.leparisien.fr/economie/immobilier/ptz-reforme-apl-accession-supprimee-le-reve-de-la-maison-individuelle-s-ecroule-24-06-2019-8101107.php

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