Les vertiges : Troubles de l’équilibre [Vidéo]

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Vertige - 2

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1. Qu’est-ce que c’est ?

Le vertige est une illusion de mouvement soit du corps dans l’espace, soit de l’espace par rapport au corps. Il est généralement en rapport avec un problème de l’oreille interne.

 

Une personne prise de vertige a la sensation caractéristique de voir tout tourner autour d’elle. Il est nécessaire de faire la différence entre le vertige et le déséquilibre.

 

Le vertige peut avoir pour origine une atteinte du système vestibulaire périphérique (oreille interne, nerf vestibulaire) ou central (centres vestibulaires).

 

Il est également possible de qualifier de vertige de simples sensations d’instabilité dont l’origine est plus générale et sans atteinte vestibulaire. La personne a alors l’impression fugace que cela tourne autour d’elle.

 

Le bilan d’un vertige doit être complet. Il doit rechercher successivement si la cause est liée ou non au système vestibulaire et si, en cas d’atteinte vestibulaire, l’origine est périphérique ou centrale.

 

 

2. Quel mécanisme ?

Le mécanisme des vertiges est complexe et multifactoriel. L’oreille interne, les yeux et les pieds sont impliqués.

 

Le système vestibulaire a un fonctionnement complexe dans lequel plusieurs types d’informations et de structures sont sollicités pour agir les unes en fonction des autres. La sensation vertigineuse est habituellement la conséquence d’un conflit d’information entre ces trois différentes structures.

 

Ces trois types d’informations qui sont respectivement vestibulaires (issues des vestibules situés dans l’oreille), visuelles et proprioceptives (issues de récepteurs au niveau de la plante des pieds) nous permettent de savoir en permanence si nous bougeons ou si c’est l’environnement qui bouge ou si ce sont les deux, mais aussi dans quelle direction et à quelle vitesse.

 

L’équilibre est une fonction sensorielle qui utilise pour fonctionner des récepteurs sensoriels situés dans le labyrinthe de l’oreille, le système visuel, les récepteurs situés dans les articulations et la plante des pieds. Ces récepteurs envoient des informations aux centres cérébraux qui assurent l’équilibre en envoyant des signaux d’adaptation à des organes capables d’actions correctives : les muscles des globes oculaires, les muscles des membres inférieurs et de la colonne vertébrale, le système cardio-vasculaire.

 

 

De manière plus détaillée :

  • Le labyrinthe de l’oreille interne comprend les canaux semi-circulaires et les organes otolithiques. Les canaux semi-circulaires sont au nombre de trois de chaque côté et disposés perpendiculairement les uns par rapport aux autres. Ils sont sensibles aux mouvements d’accélération angulaire. Les organes otolithiques sont au nombre de deux de chaque côté : le saccule et l’utricule. Ils contiennent des cellules sensorielles reliées par des cils à une sorte de plaque gélatineuse contenant des microcristaux de calcium. Du fait de la masse représentée par ces cristaux, ces organes sont sensibles à la pesanteur et aux accélérations linéaires. Ils informent en permanence les centres vestibulaires de l’inclinaison de la tête par rapport à la verticale.

 

Les vestibules de l’oreille où se trouve le labyrinthe (un dans chaque oreille) disposent d’une activité symétrique. En présence d’une lésion qui altère un labyrinthe ou un nerf vestibulaire, un violent déséquilibre se produit car l’activité liée au labyrinthe sain se poursuit. On parle de syndrome vestibulaire. La relation entre les vestibules et le système visuel a pour but de maintenir stable l’image visuelle sur la rétine. Dès que l’image visuelle sur la rétine est instable, il se produit une sensation vertigineuse.

 

  • La vision donne des informations précieuses et essentielles aux centres de l’équilibre sur les déplacements de l’individu, sa position par rapport au milieu extérieur et comment ce milieu extérieur se situe et se comporte par rapport à lui.

 

  • Des récepteurs présents dans les articulations informent les centres vestibulaires de la position des différentes parties du corps par rapport au sol. Ainsi, les atteintes articulaires des membres inférieurs ou de la colonne vertébrale peuvent être à l’origine de sensations d’instabilité en altérant le fonctionnement cérébral. Enfin, il existe dans la plante des pieds des récepteurs informant les centres de l’équilibre sur les irrégularités du sol. Une altération de ce système est également une cause possible d’instabilité et donc un risque de vertige.

 

 

3. Quelles causes ?

C’est la localisation de l’atteinte qui permet de différencier les origines d’un vertige : atteinte de l’oreille interne, du labyrinthe, du nerf vestibulaire, atteintes des centres de l’équilibre, mais aussi problèmes au niveau du rachis cervical ou problème visuel. 

 

  • Les causes labyrinthiques.

 

 

La maladie de Ménière associe vertiges, surdité et acouphène (bourdonnements d’oreilles) d’un même côté. Bien souvent, les signes végétatifs d’accompagnement (nausées, vomissements, pâleur, sueurs) sont intenses et parfois trompeurs. Le vertige évolue par crises dont la durée varie de quelques dizaines de minutes à 48 heures.

 

Le vertige paroxystique positionnel bénin ou VPPB est l’une des causes les plus fréquentes de vertige. Il s’agit d’un vertige rotatoire très intense, évoluant par crises très brèves (quelques secondes), déclenchées par les changements de position.

 

  •  Les atteintes du nerf vestibulaire.

 

 

La névrite vestibulaire est l’atteinte virale du nerf vestibulaire (virus du zona, autres virus). Elle se manifeste par une grande crise vertigineuse intense et brutale, isolée sans signes auditifs, ni neurologiques.

 

Le neurinome du nerf auditif (neurinome de l’acoustique) est une tumeur bénigne développée aux dépens de la gaine du nerf qui comprime progressivement le nerf au fur et à mesure de sa croissance.

 

  •  Les causes cérébrales.

 

 

Les tumeurs cérébrales dominent les préoccupations, essentiellement les tumeurs de la fosse postérieure (cervelet, tronc cérébral). Le diagnostic repose sur le scanner cérébral et surtout l’IRM encéphalique.

 

Les accidents vasculaires cérébraux ischémiques (AVC) dans le territoire vertébro-basilaire se manifestent par une crise vertigineuse intense, durable ou transitoire, associée à des troubles neurologiques également durables ou transitoires (troubles sensitifs et moteurs des membres, troubles visuels, troubles de déglutition, troubles végétatifs). Le diagnostic est facilité par l’IRM.

 

La migraine est également une cause centrale de vertige. Le vertige peut annoncer la crise de migraine (aura), ou appartenir au tableau clinique de la migraine basilaire, essentiellement rencontrée chez les adolescents.

 

Dans la sclérose en plaques un vertige peut être un symptôme inaugural dans près de 10 % des cas.

 

Un syndrome vertigineux associé à des troubles de la conscience et des mouvements stéréotypés fait évoquer une épilepsie focalisée.

 

Les troubles de l’équilibre sont fréquents au cours de l’évolution de la maladie de Parkinson.

 

  •  Les vertiges d’origine cervicale.

 

 

Enfin, les vertiges d’origine cervicale regroupent les manifestations neurologiques des anomalies de la charnière cervico-occipitale, ainsi que les manifestations multiples du « syndrome cervico-céphalique » associant céphalée postérieure, vertige déclenché par l’hyper extension du cou, acouphènes, brouillard visuel, paresthésie pharyngée et des membres supérieurs.

 

 

4. Qu’est-ce que je ressens ?

La première étape de la prise en charge d’une personne vertigineuse est l’interrogatoire. Il permet de préciser les impressions ressenties qui peuvent être :

 

  • La rotation des objets environnants ou de son propre corps.

 

  • Une instabilité subjective.

 

  • Un véritable déséquilibre accompagné de l’appréhension de tomber ou de réelles chutes.

 

  • Une sensation de faiblesse ou de dérobement des membres inférieurs, d’étourdissement, d’éblouissement, de malaise, de tête vide, d’impression de sol cotonneux.

 

 

Certains signes d’accompagnement peuvent également être présents comme une hypoacousie, des acouphènes, des nausées ou vomissements, des douleurs au niveau du rachis cervical ou des signes plus généraux : augmentation du pouls, sensation de malaise avec sueurs, troubles visuels.

 

 

5. Comment vivre avec ?

Certaines règles peuvent réduire la fréquence des crises. D’autres en limitent les complications, en particulier quand il existe un risque de chute.

 

Les règles hygiéno-diététiques concernant la maladie de Ménière comportent :

 

  • Un mode de vie équilibré.

 

  • L’absence d’excès de tabac ou d’alcool.

 

  • Un apport modéré en sel.

 

  • Les techniques de relaxation peuvent être utiles pour certains patients (yoga, gymnastique) de même que l’absence de conflits et de stress qui peuvent être à l’origine de crises.

 

 

Chez la personne âgée instable, les mesures préventives de la chute sont capitales. En effet, la chute chez la personne âgée est souvent source de complications (fractures du col du fémur, autres fractures) et de perte de confiance qui peut conduire la personne à limiter sa marche et ses sorties.

 

 

Les conseils et mesures visant à prévenir les chutes comportent :

 

  • L’aménagement de l’habitation si elle présente des dangers avec la nécessité d’éliminer tous les obstacles pouvant être à l’origine d’une chute.

 

  • Un éclairage de bonne qualité avec par ailleurs une vérification de la vision de la personne âgée.

 

  • Le port de semelles adaptées et de soins chez le pédicure.

 

  • L’utilisation d’une canne pour les déplacements extérieurs, voire intérieurs.

 

  • Un bilan rhumatologique des membres inférieurs et de la colonne vertébrale afin d’indiquer une kinésithérapie adaptée à chaque cas.

 

 

6. Quels examens ?

Il existe de nombreux examens pour aider à poser le diagnostic de vertige et son origine. Ils sont d’abord cliniques :

 

  • L’examen des conduits auditifs et des tympans avec un otoscope doit être systématique.

 

  • Il en est de même de la mesure de l’audition avec un diapason, examen simple à réaliser en préalable à un audiogramme.

 

  • Certaines manœuvres tentent de reproduire le vertige tandis que d’autres recherchent des troubles de l’équilibre comme le test de Romberg (sujet debout, pieds joints au garde à vous, et les yeux fermés), ou encore le test de marche aveugle ou du piétinement aveugle.

 

  • La recherche d’un nystagmus qui est un mouvement de va et vient synchrone des deux yeux, involontaire et rythmé.

 

 

Puis para cliniques :

–  Le test calorique visant à mettre de l’eau froide et chaude dans le canal auditif et d’étudier quel type de nystagmus cela peut provoquer.

 

–  Le vidéonystagmographie, examen étudiant le fonctionnement du système vestibulaire par l’intermédiaire du mouvement des yeux. Pour cela, on utilise une caméra infrarouge qui permet de filmer les yeux dans l’obscurité, évitant ainsi que la fixation fausse l’examen.

 

–  L’audiogramme.

 

–  Les potentiels évoqués auditifs, qui permet d’enregistrer l’activité électrique des voies nerveuses auditives de l’oreille et du cerveau.

 

–  Le scanner qui permet de visualiser l’oreille interne et l’IRM qui offre la possibilité d’étudier le système nerveux central.

 

 

7. Quel traitement ?

Le traitement de la crise vertigineuse est avant tout celui de la cause lorsque celle-ci nécessite des mesures urgentes.

 

C’est le cas des accidents vasculaires du tronc cérébral et du cervelet.

 

Une hospitalisation d’urgence en service de réanimation neurologique est nécessaire pour une prise en charge thérapeutique et un bilan neuroradiologique immédiat, du fait du risque d’œdème compressif.

 

En dehors de ces situations d’urgence, le traitement symptomatique de la crise vertigineuse fait appel à différents traitements médicamenteux.

 

Le traitement du vertige positionnel bénin repose sur une manœuvre dite « libératoire » qui consiste à basculer brutalement la personne, en position allongée, d’un côté au côté opposé.

 

 

8. Votre consultation

Pour faciliter votre consultation avec votre médecin, ne rien oublier et optimiser votre entretien, voici les informations à renseigner car très utiles à votre médecin.

 

Quels papiers apporter ?

  • Votre carte vitale et votre carte de mutuelle.

 

  • Votre dernière ordonnance et les médicaments que vous prenez actuellement.

 

  • Les résultats des examens qui auraient en rapport avec votre consultation.

 

  • Des informations sur le vertige.

 

  • Son type : rotatoire, petit vertige, sensation chronique d’instabilité ou à l’opposé grande crise unique de vertige durant plusieurs jours.

 

  • Sa durée : de quelques minutes voire secondes à plusieurs heures, et con caractère récidivant.

 

  • Son mode de déclenchement : certaines positions, un long trajet en voiture, en train…

 

  • Les éventuels signes auditifs associés à la crise vertigineuse.

 

  • Surdité et/ou acouphènes, avant, pendant ou après la crise, sensation d’oreille pleine.

 

  • A l’inverse, amélioration d’une surdité préexistante au début de la crise vertigineuse.

 

  • Vos éventuels antécédents ORL.

 

–  Des otites, une intervention chirurgicale sur l’oreille, des vertiges par le passé.

 

  • Des cas familiaux de vertige, de maladie de Ménière.

 

  • Un antécédent, même ancien, de traumatisme crânien ou de traumatisme cervical (coup du lapin), de migraine.

 

  • Sur le plan médicamenteux.

 

– Un traitement antibiotique prolongé par les aminosides (gentamycine).

 

  • La prise actuelle de médicaments antihypertenseurs, diurétiques, neurosédatifs, cardio-vasculaires.

 


 

Ne pas confondre les vertiges avec…

 

 

Le vertige d’origine psychologique survient le plus souvent chez les sujets souffrant d’agoraphobie (peur des grands espaces, de la foule) et doit être suspecté chez les patients restant chez eux pendant de longues périodes.

 


 

Time : 23 mn 20 / [1]

 


 

Vertige - 3

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Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vertige

http://sante.lefigaro.fr/sante/symptome/vertiges/quest-ce-que-cest

https://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/sa_962_vertiges.htm

https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=vertige

https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=maladie_meniere_pm

 

Article :

Le Figaro

 

Vidéo :

[1] Allô Docteurs parle de la maladie de Ménière – Laurent59123dk / YouTube

 

Sur le même sujet :

L’Acrophobie : Comment surmonter son vertige et sa peur du vide [Vidéos]

2 commentaires

  1. Bonjour. Les vertiges : Troubles de l’équilibre. Touchons du bois, il me semble que parfois, cela peut-être assez grave. Je me doute juste, qu’il faut très vite consulter. Soignez vous bien!!

    Aimé par 1 personne

Répondre à nuage1962 Annuler la réponse.

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