La société d’exposition [Vidéo]

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La description de cette société de surveillance a quelque chose d’asphyxiant et l’on comprend la posture qui consiste à détourner le regard tant la description de la société d’exposition dont nous avons une conscience encore vague donne le sentiment d’être pris au piège. Il y a par ailleurs un sentiment d’impuissance pour les néophytes au regard de la complexité du monde numérique.

 

Pour en parler, Olivia Gesbert reçoit Bernard Harcourt, philosophe et professeur de droit américain (auteur de « La société d’exposition », un essai sur les nouvelles formes de surveillance).

 


 

Bernard Harcourt - 2

Bernard Harcourt / Pour illustration

 

 

« Tout fonctionne par👍, par ♥️, par le plaisir. En nous séduisant, nous donnons toutes nos informations volontairement tout le temps »

 

Bernard Harcourt, philosophe et professeur de droit américain publie La société d’exposition, un essai sur les nouvelles formes de surveillance.

 

« Notre autre numérique est comme un hologramme de nous-même constitué par toutes les traces que nous avons laissés et qui créent un double qui est plus fiable que notre moi analogique. Nous pensons, imaginons ce que nous sommes. Notre moi numérique est composé de toutes les choses que nous lisons et regardons. », Bernard Harcourt

 

La description de cette société de surveillance a quelque chose d’asphyxiant et l’on comprend la posture qui consiste à détourner le regard tant la description de la société d’exposition dont nous avons une conscience encore vague donne le sentiment d’être pris au piège. Il y a par ailleurs un sentiment d’impuissance pour les néophytes au regard de la complexité du monde numérique.

 

« Toute la nouvelle logique qui circule dans cette société d’exposition consiste à trouver la personne numérique la plus proche de la nôtre pour nous faire des propositions, pour savoir ce que nous voulons. Cette rationalité est entièrement ancrée dans les algorithmes. Ce n’est pas comme cela qu’on tentait de prédire les gens et leurs désirs auparavant. », Bernard Harcourt

 

« On donne nos données qui sont une mine d’or aux sociétés et au gouvernements. Nous sommes dans un système économique qui a radicalement changé. Cela représente la même chose que l’or ou le pétrole jadis. On peut les vendre, les connecter et ainsi tout savoir sur les personnes individuellement et en groupe. », Bernard Harcourt

 

Harcourt revient sur la prise de risque de personnages comme Snowden et montre par le péril de ses révélations la structuration de plus en plus opaque de la société de surveillance.

 

« Il y a un fusionnement de la société, de l’économie et de la politique. On voit les grandes sociétés comme Facebook qui sont en train de faire de la politique sur le choix des contenus, sur ce qu’on peut dire ou non, sur de la propagande économique. On voit des gouvernements qui font du commerce en participant à la création de métadonnées. En somme, on voit les frontières se briser entièrement. », Bernard Harcourt

 

Le fait d’abandonner volontairement le domaine du privé et l’intimité à la société d’exposition participerait d’une « mortification de soi ». On peut parler de renoncement à la liberté et de servitude volontaire.

 

« La rationalité sécuritaire est précisément ce qui nous piège et nous enfonce dans ce monde où nous sommes de plus en plus transparents. Bien sûr il y a des nécessités et des bénéfices sécuritaires mais ce monde de plus en plus transparent aura des dérives et c’est là qu’il faut travailler. L’information recueillie l’est pour de bonnes raisons mais aussi pour nous transformer et nous surveiller de toutes les manières. », Bernard Harcourt

 


 

Bernard Harcourt - 1

Bernard Harcourt / Pour illustration

 


 

Source :

http://bernardharcourt.com/

https://en.wikipedia.org/wiki/Bernard_Harcourt

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/vie-privee-sur-internet-du-renoncement-a-la-desobeissance

 

Article :

Olivia Gesbert / France Culture

 

Vidéo :

[1] Bernard Harcourt : « La société d’exposition » – France Culture / YouTube

2 commentaires

  1. Cela fait peur en effet et c’est pour cette raison que je ne laisse aucune données personnelles sur Facebook ou sur un blog. Lorsqu’il y a une opinion à donner sur un sujet ou une pétition quelconque à signer, si bonne soit la cause, je m’abstiens toujours. C’est ma façon de mettre ma carapace et d’offrir aux surveillants le moins de données qui pourraient leur servir.
    Je viens de terminer de lire dans un hebdomadaire un long reportage sur la façon dont le Chinois, donc le pouvoir chinois, surveille les entrepris étrangères en leur posant des questions auxquelles elles sont obligées de répondre, des caméras qui les surveillent pou savoir si elles ont bien mis en marche les dernières directives.
    Si ces entreprises ne suivent pas rapidement les ordres, elles sont sous-notées par le pouvoir. Des sous-notes qui les privent d’aides et qui peuvent aller jusqu’à une fermeture temporaire.
    Si la P.M.E. a du mal à suivre dans les temps qui sont assez courts, elle est fermée par le pouvoir et a interdiction de fabriquer et de s’approvisionner en matières premières et pièces détachées venues de l’étranger. Une façon sournoise de couler la P.M.E. pour la racheter par la suite et en exclure les patrons étrangers car, en Chine, on ne peut pas avoir de filiales avec un actionnaire étranger majoritaire mais juste des co-entreprises avec un actionnariat chinois majoritaire à 51% ; Donc, en cas de fermeture, la P.M.E. n’a plus voix au chapitre et les Chinois accaparent cette entreprise, ses brevets et son savoir-faire. Et tout cela grâce à une surveillance par informatique !

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