Jacques Attali : une pandémie permettra la mise en place des bases d’un véritable gouvernement mondial [Vidéo]

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Emmanuel Macron - Jacques Attali

Emmanuel Macron & Jacques Attali / Pour illustration

 

 

Il fallait Jacques Attali pour y penser ! Dans sa rubrique du magazine « L’Express du 6 mai 2009 », l’ancien sherpa de François Mitterrand dévoile quelques fantasmes intimes du monde oligarchique. En bref : là où le krach financier a jusqu’ici échoué, une bonne petite pandémie pourrait précipiter nos dirigeants à accepter la mise en place d’un gouvernement mondial !

 


 

Jacques Attali - 1

Jacques Attali / Pour illustration

 

 

 

Une pandémie majeure ferait surgir la prise de conscience de la nécessité d’un altruisme, au moins intéressé

 

 

L’Histoire nous apprend que l’humanité n’évolue significativement que lorsqu’elle a vraiment peur : elle met alors d’abord en place des mécanismes de défense ; parfois intolérables (des boucs émissaires et des totalitarismes) ; parfois futiles (de la distraction) ; parfois efficaces (des thérapeutiques, écartant si nécessaire tous les principes moraux antérieurs). Puis, une fois la crise passée, elle transforme ces mécanismes pour les rendre compatibles avec la liberté individuelle et les inscrire dans une politique de santé démocratique.

 

 

La pandémie qui commence pourrait déclencher une de ces peurs structurantes.  

Si elle n’est pas plus grave que les deux précédentes frayeurs de ces quinze dernières années liées à un risque de pandémie (la crise de la vache folle en Grande-Bretagne et celle de la grippe aviaire en Chine), elle aura d’abord des conséquences économiques significatives (chute de l’activité des transports aériens, baisse du tourisme et du prix du pétrole) ; elle coûtera environ 2 millions de dollars par personne contaminée et fera baisser les marchés boursiers d’environ 15 % ; son impact sera très bref (lors de l’épisode de la grippe aviaire, le taux de croissance chinois n’a baissé que pendant le deuxième trimestre de 2003, pour exploser à la hausse au troisième) ; elle aura aussi des conséquences en matière d’organisation (toujours en 2003, des mesures policières très rigoureuses ont été prises dans toute l’Asie ; l’Organisation mondiale de la santé a mis en place des procédures d’alerte à l’échelle planétaire ; et certains pays, en particulier la France et le Japon, ont constitué des réserves considérables de médicaments et de masques).

 

Si l’épidémie est un peu plus grave, ce qui est possible, puisqu’elle est transmissible par l’homme, elle aura des conséquences véritablement planétaires : économiques (les modèles laissent à penser que cela pourrait entraîner une perte de 3 trillions de dollars, soit une baisse de 5 % du PIB mondial) et politiques (en raison des risques de contagion, les pays du Nord auront intérêt à ce que ceux du Sud ne soient pas malades, et ils devront faire en sorte que les plus pauvres aient accès aux médicaments aujourd’hui stockés pour les seuls plus riches) ; une pandémie majeure fera alors surgir, mieux qu’aucun discours humanitaire ou écologique, la prise de conscience de la nécessité d’un altruisme, au moins intéressé.  

 

Et, même si, comme il faut évidemment l’espérer, cette crise n’est pas très grave, il ne faudra pas oublier, comme pour la crise économique, d’en tirer les leçons, afin qu’avant la prochaine – inévitable – on mette en place des mécanismes de prévention et de contrôle, ainsi que des processus logistiques de distribution équitable des médicaments et de vaccins. On devra, pour cela, mettre en place une police mondiale, un stockage mondial et donc une fiscalité mondiale. On en viendra alors, beaucoup plus vite que ne l’aurait permis la seule raison économique, à mettre en place les bases d’un véritable gouvernement mondial. C’est d’ailleurs par l’hôpital qu’a commencé en France, au xviie siècle, la mise en place d’un véritable Etat.

 

En attendant, on pourrait au moins espérer la mise en œuvre d’une véritable politique européenne sur le sujet. Mais, là encore, comme sur tant d’autres sujets, Bruxelles est muet.

 

j@attali.com

 


 

Time : 7 mn 31 / [1]

 


 

Jacques Attali - 2

Jacques Attali / Pour illustration

 


 

« Le monde se divise en trois catégories de gens : un très petit nombre qui fait se produire les événements, un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s’accomplir, et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s’est produit en réalité. »

 

 

Nicholas Murray Butler (1862-1947), Président de la Pilgrim Society, membre de la Carnegie et du Council on Foreign Relations (CFR)

 


 

Il appartient à chacun de se faire sa propre opinion

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Attali

https://solidariteetprogres.fr/actualites-001/attali-une-petite-pandemie

https://blogs.lexpress.fr/attali/2009/05/03/changer_par_precaution/

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/avancer-par-peur_758721.html

 

Article :

Jacques Attali / L‘Express

 

Vidéo :

[1] Jacques Attali : une pandémie facilitera la création d’un gouvernement mondial

18 commentaires

    1. Tout est donc bien comme cela… pensez dependant que les humains ont besoin du Nord géographique comme point de référence… dans l’Infini! Nous ne sommes pas à une incohérence près ici bas.

      Aimé par 2 personnes

    1. Ah oui, je l’avais oublié celle-là. 65 ans ! Mais chut ! Car l’on va se faire taxer de complotistes, conspirationistes, et autres… / lol

      Merci pour ce rappel.

      J'aime

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