La Grande Famine irlandaise (1845-1851) [Vidéo]

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Time : 27 mn 33 / [1]

 

La Grande famine irlandaise se déroule entre 1845 et 1851. Un événement historique, dévastateur, qui nous permet de passer à la loupe la situation du pays à l’époque et les raisons d’une telle catastrophe.

 


 

Irlande - Famine - 1

 

 

La Grande Famine est une famine majeure en Irlande entre 1845 et 1852. Cette catastrophe fut en grande partie le résultat de cinquante années d’interactions désastreuses entre la politique économique impériale britannique, des méthodes agricoles inappropriées et l’apparition du mildiou sur l’île. À l’époque, le mildiou anéantit presque intégralement les cultures locales de pommes de terre, qui constituaient la nourriture de base de l’immense majorité de la population, les paysans irlandais.

 

Un million de morts. Un million et demi d’émigrés. Le bilan de la Grande Famine qui touche l’Irlande entre 1845 et 1852 est terrifiant. Comment une telle catastrophe a-t-elle pu avoir lieu ?

 

Au début des années 1850, le bilan démographique et social de cette catastrophe est déjà très lourd et représente un million de morts et un million et demi d’émigrés pour un pays qui comptait 8,5 millions d’habitants en 1841.

 

C’est le mildiou, maladie due à un champignon parasitaire, qui est à l’origine de la « famine de la pomme de terre ». En effet, le Phytophthora infestans, vraisemblablement transporté par des navires venant d’Amérique du Nord, atteint l’Europe du Nord-Ouest à l’été 1845. Les conditions météorologiques de cet été-là (pluie et vent) contribuent à la propagation de la maladie. A l’automne, un tiers de la récolte habituelle irlandaise est perdu. Les petits paysans irlandais sont particulièrement affectés car, depuis le début du 19ème siècle, l’essentiel de leur régime alimentaire repose sur la consommation de cette denrée. On pouvait à l’époque limiter les dégâts sociaux d’une récolte désastreuse – l’Irlande avait déjà connu des épisodes de famine dans les années 1720, 1730 et 1810 par exemple -, mais les récoltes des années 1846, 1848 et 1849 sont également décimées. Le parasite n’est pas identifié comme tel immédiatement, empêchant qu’il soit endigué. La première commission scientifique nommée par le gouvernement de Robert Peel (1841-1846) à l’automne 1845 désigne le climat humide et froid de l’été précédent comme responsable du pourrissement de la récolte et préconise d’abord la ventilation des tubercules puis leur immersion dans l’eau marécageuse.

 

La famine tue de deux manières : on estime que deux tiers des victimes meurent littéralement de faim (œdème et dysenterie) et qu’un tiers succombent à toutes les épidémies (choléra, typhus, fièvres) qui se propagent aisément au sein d’une population très affaiblie et concentrée dans les asiles pour pauvres et les grandes villes. Les enfants sont particulièrement touchés par la tuberculose et la fièvre scarlatine. Néanmoins, les plus pauvres ne sont pas les seuls affectés : les médecins, les administrateurs locaux, les prêtres et les pasteurs – tous ceux qui portent secours aux plus affaiblis – succombent eux aussi à diverses épidémies.

 

L’horreur des corps décharnés et des cadavres qui s’amoncellent dans les rues et les chaumières est rendue avec beaucoup de justesse par l’artiste dessinateur James Mahony. Les dessins qu’il publie en 1847 dans The Illustrated London News font la triste réputation des alentours de Skibbereen (comté de Cork) auprès d’un lectorat britannique et international.

 

L’Irlande faisant partie intégrante du Royaume-Uni depuis l’Acte d’union (1800), l’organisation de l’aide publique incombe donc au gouvernement britannique de Londres. Or les années 1840 marquent en Grande-Bretagne le triomphe de l’idéologie libérale, celle du libre-échange et du laisser-faire en économie. Les dirigeants sont donc tout à fait hostiles à un trop grand interventionnisme étatique. Pour interférer le moins possible avec les lois du marché, Robert Peel décide d’acheter en secret 100 000 livres sterling de maïs américain à l’automne 1845. L’objectif est de fournir le marché irlandais en céréales au printemps 1846. Pour cela, les instances d’assistance publique locales doivent le vendre à prix coûtant. En outre, Peel réactive une politique de chantiers publics sur lesquels sont embauchés ceux qui demandent de l’aide. En revanche, le gouvernement rechigne à venir en aide aux centaines de milliers d’émigrés qui doivent quitter l’île par leurs propres moyens.

 

Sous le gouvernement du libéral John Russell (1846-1852), l’aide étatique est réduite au strict minimum. Seules les soupes populaires permettent, un temps, de contrer chez certains pauvres les effets les plus sévères de la dénutrition (Soup Kitchen Act, 1846-1847). Les chantiers publics sont progressivement abandonnés (1847) et ce sont les asiles d’indigents qui accueillent les plus démunis dans des conditions déplorables de surpopulation, de misère et d’insalubrité. Ainsi, en mars 1847, l’asile de Fermoy (comté de Cork), prévu pour accueillir 800 pauvres, en héberge 1 800. Les biens portants et les malades sont logés ensemble si bien que, en l’espace de trois mois, 25 % des résidents meurent.

 

A rebours de cette analyse, le courant historiographique dit « révisionniste » a émergé en Irlande à partir des années 1930. Les historiens qui se rattachent à ce courant n’ont eu de cesse d’insister sur les conditions économiques et sociales en Irlande qui pouvaient expliquer l’impact de la famine ainsi que sa dimension régionale (concentrée dans la partie ouest de l’île). Ils diminuent ainsi la responsabilité des gouvernants et des administrateurs britanniques. Depuis les commémorations de 1995, des historiens irlandais comme Peter Gray ou Cormac O Grada (parfois qualifiés de post-révisionnistes) ont mis en valeur une interprétation plus nuancée de la responsabilité britannique et ouvert des champs de recherche nouveaux comme l’histoire comparée des famines. Peter Gray conclut ainsi que l’attitude britannique peut être qualifiée de « négligence coupable »

 


 

Source : 

https://www.lhistoire.fr/la-famine-en-irlande

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Famine_en_Irlande

 

Article :

Géraldine Vaughan / L’histoire

 

Vidéo :

[1] La Grande Famine irlandaise (1845-1851) – Nota Bene / YouTube

 

Photo :

Pour illustration

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