L’université, entreprise des savoirs ? [Vidéo]

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Time : 33 mn 07 / [1/1]

 

Avec Philippe Forest, professeur en littérature française à l’Université de Nantes, et Olivia Chambard, docteure en science sociales de l’EHESS, chercheuse affiliée au CNAM et enseignante à Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

 


 

 

 

Quel avenir pour l’université ? Une université connectée au Web et bien déconnectée de l’enseignement pour le professeur et écrivain Philippe Forest. Une université infusant l’esprit d’entreprise d’une société néolibérale pour Olivia Chambard. Diagnostic et tour d’horizon des enjeux éthiques et politiques de la transmission des savoirs dans nos facultés à l’heure du « distanciel ». 

 

Tous deux constatent que la situation sanitaire légitime et renforce des dynamiques du tout numérique à l’Université : quels en sont les effets sur l’enseignement, la formation de l’esprit critique essentielle à l’université ? Réponse politique à l’enjeu de la démocratisation de l’université, le numérique introduit un rapport nouveau au savoir soumis aux lois d’internet, ce que souligne Philippe Forest dans son manifeste « L’Université en première ligne. A l’heure de la dictature numérique » (Coll. Tracts, Gallimard, sept. 2020)

 

Si le numérique est une solution à bas coût, elle ne peut occulter la crise que traverse l’enseignement supérieur en manque de moyens. La prochaine Loi de programmation de la recherche risque d’en renforcer les logiques.

 

Autre réponse à cette démocratisation, la formation à un « esprit d’entreprise » s’institutionnalise depuis une dizaine d’année dans l’université. Face chômage de masse, le modèle de l’étudiant entrepreneur permettrait de tirer vers le haut une classe d’âge en mal de débouchés professionnels. Olivia Chambard y a consacré une thèse de sociologie « Business Model – L’université, nouveau laboratoire de l’idéologie entrepreneuriale » (La Découverte, 2020) démontrant les enjeux idéologiques derrière le rêve de start up nation : loin d’assurer une méritocratie du business, ces formations ancrent d’abord un habitus économique comme voie privilégiée de réalisation de soi.

 

« L’entrepreneuriat peut avoir une place. Ce qui me pose question c’est l’idée de sensibiliser à un esprit d’entreprendre sensé développer un esprit d’initiative, la confiance en soi, mais pourquoi l’entrepreneuriat serait le seul moyen de faire ça. Un ingénieur, un artiste peuvent l’être aussi. Ce que je montre dans mon enquête c’est qu’il y a autre chose derrière, c’est la diffusion des valeurs de l’entreprise, du capitalisme, de façon normative avec des savoirs-être qui renvoient à la façon de se comporter dans l’entreprise, plutôt en contradiction avec la formation à l’esprit critique (…) c’est l’idée que la rentabilité économique est le plus important. C’est un resserrement des possibles. », Olivia Chambard.

 


 

Source :

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/luniversite-entreprise-des-savoirs

 

Réalisation :

Thomas Beau

 

Vidéo : 

[1] L’université, entreprise des savoirs ? – France Culture / YouTube

 

Photo :

Pour illustration

10 commentaires

  1. Mouais, c’est aussi là que commence la « fabrique du consentement » et une masse non négligeable de jeunes sans expérience et sans cervelle, utilisés dans les manifs et débordements…
    1990… Je me revois encore, on entendais partout « Jospin t’es foutu, les lycéens sont dans la rue!!!

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    1. Je te cite :  » c’est aussi là que commence la « fabrique du consentement » et une masse non négligeable de jeunes sans expérience et sans cervelle, utilisés dans les manifs et débordements… »,

      …C’est tout à fait exact. Idem en 1968 avec les Cohn-Bendit, BHL, etc…

      Aimé par 1 personne

  2. A ce sujet, Anas K, l’étudiant qui s’est immolé à Lyonest sorti du silence…
    Oui la vie est difficile, mais avoir ce geste parce qu’il perd sa bourse universitaire en « triplant » sa seconde année en politique en plus!! Parait qu’il participait à toutes les réunions syndicales… Personne ne lui avait conseillé de « travailler » plutôt??? On en a plus qu’il n’en faut d’inutiles payaient grassement par nos impots!!!
    Bon courage à lui quand même

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  3. A ce sujet, Anas K, l’étudiant qui s’est immolé à Lyon est sorti du silence…
    Oui la vie est difficile, mais avoir ce geste parce qu’il perd sa bourse universitaire en « triplant » sa seconde année en politique en plus!! Parait qu’il participait à toutes les réunions syndicales… Personne ne lui avait conseillé de « travailler » plutôt??? On en a plus qu’il n’en faut d’inutiles payaient grassement par nos impots!!!
    Bon courage à lui quand même

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  4. J’ai abandonné le lycée à cause des programmes économiques et sociaux il y a deux ans car on nous plaçait des idées préconçues dans la tête plutôt que de nous transmettre un réel savoir qui nous permettrait de développer nous mêmes des idées sur les marchés, la consommation et les comportements sociaux. Certes ce n’était que le lycée, mais c’est l’âge ou l’ont devient adulte et entre devenir un robot ou aller chercher mon propre savoir, « la question était vite répondue » !

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    1. Je peux que valider vos propos mais cela commence bien avant le lycée : dès les toutes petites sections, l’ingénierie sociale se met en place.

      Je vous remercie pour votre visite et commentaire.

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