L’observateur créatif : La conscience est-elle quantique ? [Vidéo]

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Time : 44 mn 21 / [1/1]

 


 

Synopsis :

D’où provient ce sentiment que nous avons tous d’être conscient ?

 

Depuis un siècle nous avons fait des progrès extraordinaires dans notre connaissance de l’infiniment petit ou de l’infiniment grand, mais nous sommes loin d’avoir accompli les mêmes progrès dans la connaissance de nous-mêmes.

 

Il y a aujourd’hui à peu près autant de théories visant à expliquer la conscience qu’il y a de spécialistes du domaine, n’est-ce pas le signe que la science actuelle ne cherche pas dans la bonne direction ?

 

Et si la conscience pouvait exister sans avoir besoin du support des neurones, pouvait s’échapper de nos corps, mais aussi de l’espace et du temps ?

 

De l’étude des expériences d’approche de la mort aux nouveaux concepts que nous apporte la physique quantique, des études faites sur des sujets prétendants sortir de leur corps jusqu’à l’étude de miracles, toutes une série d’indices nous montre que ces hypothèses ne sont pas absurdes.

 

Emmanuel Ransford mène depuis plus 20 ans une recherche visant à développer une théorie des particules élémentaires dans laquelle celles-ci aurait une  dimension matérielle et une dimension immatérielle : le psi. Ce serait cette dimension psi qui expliquerait la nature de notre conscience et d’un certain nombre de phénomènes non encore expliqués ou admis par la communauté scientifique.

 


 

L’observateur créatif

 

 

Le bouleversement de la science

 

 

Il est étrange de voir les traces que le quotidien laisse dans notre esprit. Pour Helmut Schmidt, ce fut en particulier un article du Reader’s Digest, qu’il avait lu à l’âge de 20 ans, en 1948, alors qu’il fréquentait l’université de Cologne, dans une Allemagne qui émergeait tout juste de la Seconde Guerre mondiale. Cet article se logea dans sa mémoire durant presque vingt ans, survivant deux immigrations, de l’Allemagne aux États-Unis, puis du monde universitaire au monde industriel – c’est-à-dire d’une chaire à l’université de Cologne à un poste de physicien de rechercher au Boeing Scientific Research Laboratories, à Seattle (Washington).

 

Au cours de tous ces changements de pays et de carrière, Schmidt médita sur la signification de cet article, comme si quelque chose en lui savait qu’il jouerait un rôle central dans sa destinée – avant même d’en être conscient. De temps en temps, il réfléchissait à cet article, le ramenant dans son esprit, l’examinant sous tous les angles, avant de le classer de nouveau, comme une affaire non réglée dont il ne savait pas encore comment s’occuper. Cet article était une version abrégée de certains écrits du biologiste et parapsychologue J.B Rhine. Il traitait de ses fameuses expériences sur la prémonition et la perception extrasensorielle, y compris les tests de cartes que devaient utiliser plus tard Edgar Mitchell dans l’espace. Rhine avait effectué toutes ses recherches dans des conditions extrêmement contrôlées et celles-ci avaient donné des résultats intéressants. En effet, elles montraient qu’une personne pouvait transmettre à une autre de l’information concernant les symboles apparaissant sur des cartes, ou encore qu’il était possible d’augmenter les chances d’obtenir un certain nombre du roulement des dés.

 

Ce qui attira Schmidt dans les travaux de Rhine, c’était leurs implications en physique. Même quand il était étudiant, Schmidt avait une tendance à la contestation qui l’incitait à tester les limites de la science. En son for intérieur, il estimait que la physique et bien d’autres sciences étaient infiniment présomptueuses lorsqu’elles prétendaient expliquer une bonne part des mystères de l’Univers. Schmidt s’était surtout intéressé à la physique quantique, mais, par esprit de contradiction, il éprouvait une attirance pour ces aspects de la théorie quantique qui étaient potentiellement les plus problématiques.

 

Ce qui le fascinait le plus, c’était le rôle d’observateur. Un des aspects les plus mystérieux de la physique quantique était ce qu’on appelait « l’interprétation de Copenhague » (ainsi nommée parce que Niels Bohr, un des pères fondateurs de la physique quantique, résidait dans cette ville). Sans disposer de théorie sous-jacente unifiée, Bohr joua des coudes pour émettre plusieurs interprétations de physique quantique et présenta diverses propositions sur le comportement des électrons, propositions qui découlaient d’équations mathématiques dont les physiciens se servent désormais tous les jours partout dans le monde. Bohr (et Werner Heisenberg) notèrent ceci : l’expérience montrait qu’un électron n’était pas une entité précise, mais existait en tant que potentiel, superposition ou somme de toutes les probabilités jusqu’à ce que nous l’observions ou le mesurions, ce qui avait alors pour effet de le figer dans un état particulier. Cependant, une fois regardé ou mesuré, l’électron se dissout de nouveau dans l’éther de toutes les possibilités.

 

Si l’observateur humain stabilisait un électron dans un état fixe, dans quelle mesure pouvait-il influer sur la réalité à une grande échelle ?

 

Une partie de cette interprétation réside dans la notion de « complémentarité », laquelle implique qu’on ne peut jamais tout savoir au même moment à propos d’une entité quantique telle qu’un électron. L’exemple classique est la position et la vitesse. Si on trouve de l’information concernant un de ces aspects – sa localisation par exemple -, on ne peut déterminer exactement la direction vers laquelle elle se dirige, ni sa vitesse.

 

Bien des architectes de la théorie quantique s’étaient démenés pour comprendre la signification plus large e leurs calculs et de leurs expériences, établissant même des comparaisons avec la métaphysique et la philosophie orientale. Mais les physiciens ordinaires pris dans leur sillage se plaignirent que les lois de l’univers quantique, quoique sans doute exactes d’un point de vue mathématique, défiaient le sens commun habituel. Louis de Broglie, physicien français ayant reçu un prix Nobel, imagina ainsi une ingénieuse expérience de la pensée qui poussait la théorie quantique jusqu’à sa conclusion logique. En se basant sur la théorie quantique courante, il s’agissait de mettre un électron dans un conteneur à Paris, de diviser ce conteneur en deux, puis d’en envoyer une moitié à Tokyo et l’autre à New York. Théoriquement, l’électron devait encore occuper les deux côtés du conteneur, à moins qu’on ne jette un coup d’œil à l’intérieur – ce qui permettrait alors de déterminer sa position définitive dans l’une des deux moitiés.

 

L’interprétation de Copenhague suggérait aussi que le hasard était une caractéristique de base de la nature. Des physiciens croient qu’on peut le démontrer avec une autre expérience célèbre où la lumière tombe sur un miroir semi-transparent. Dans ce cas-ci, la moitié de la lumière est réfléchie et l’autre moitié traverse le miroir. Cependant, quand un seul photon arrive sur le miroir, soit il y sera réfléchi, soit il le traversera, mais on ne peut savoir à l’avance ce qu’il fera. Tout comme avec n’importe quel processus binaire du genre, nous avons une chance sur deux de deviner la trajectoire éventuelle du photon. Sur le plan subatomique, il n’y a pas de mécanisme causal dans l’Univers.

 

S’il en est ainsi, s’était demandé Schmidt, comment se fait-il que les sujets de Rhine étaient parvenus à deviner correctement des cartes et des dés – qui, tel un photon, sont les instruments d’un processus aléatoire ? Si les études de Rhine étaient exactes, un élément fondamental de la physique quantique clochait, car il laissait entendre qu’on pouvait prédire les prétendus processus binaires aléatoires, et même les influencer. En fait, c’était la présence d’un observateur vivant qui semblait interrompre ce processus aléatoire. Or, une des lois fondamentales de la physique quantique stipule qu’un événement du monde subatomique existe déjà dans tous ces états possibles jusqu’à ce que l’acte d’observer ou de mesurer le « fige » dans un état particulier. Ce processus est techniquement connu sous le nom d’effondrement de la fonction d’onde, où la « fonction d’onde » correspond à l’état de toutes les possibilités. Dans l’esprit de Schmidt, et de bien d’autres, c’était là que la théorie quantique, malgré toute sa perfection mathématique, s’écroulait. Même si rien n’existait dans un état unique indépendamment d’un observateur, on pouvait décrire ce que l’observateur voyait, mais non l’observateur lui-même. En mathématiques, on prenait en considération le moment de l’observation, mais non la conscience en train d’observer. Aucune équation ne tenait compte de l’observateur.

 

À cela s’ajoutait le caractère éphémère du monde subatomique. Les physiciens ne pouvaient offrir la moindre information réelle sur aucune particule quantique donnée. Tout ce qu’ils pouvaient affirmer avec certitude, c’était que si l’on mesurait à un certain moment, c’est ce qu’on trouverait. Métaphoriquement, cela revenait à capturer un papillon en vol. La physique classique n’avait pas à parler d’un observateur. Selon la version newtonienne de la réalité, une chaise ou même une planète est là, que vous soyez ou non en train de la regarder. Le monde existait indépendamment de nous. Mais dans l’étrange crépuscule du monde quantique, on ne pouvait déterminer que des aspects incomplets de la réalité subatomique, car l’observateur se limitait à immobiliser une seule facette de la nature d’un électron, au seul moment de l’observation, et non en tout temps. En somme, selon les mathématiques, le monde quantique était un monde hermétique parfait de pur potentiel qui ne devenait réel – et un sens, moins parfait – que si un intrus l’interrompait.

 

De toute évidence, bien des gens commencèrent à se poser la même question à peu près en même temps. Au début des années 1960, presque vingt ans après avoir lu pour la première fois l’article de Rhine, Schmidt – tout comme Edgar Mitchell, Karl Pribram et les autres – faisait partie du nombre croissant de scientifiques qui essayaient de mesurer la nature de la conscience humaine par rapport au questionnement que suscitaient la physique quantique et l’impact de l’observateur.

 

Si l’observateur humain stabilisait un électron dans un état fixe, dans quelle mesure pouvait-il influer sur la réalité à une grande échelle ? L’impact de l’observateur laissait entendre que la réalité n’émergeait de la soupe primordiale du vide quantique qu’avec la participation de la conscience vivante, d’où la conclusion logique que le monde physique n’existait concrètement que si nous étions impliqués.

 

Se pourrait-il vraiment, s’interrogea Schmidt, que rien n’existe en dehors de la perception que nous en avons ?

 


 

Source :

https://inexplore.inrees.com/articles/champ-unifie-observateur-creatif-lynne-mctaggart

https://go.gale.com/ps/anonymous?id=GALE%7CA280004576&sid=googleScholar&v=2.1&it=r&linkaccess=abs&issn=00223387&p=AONE&sw=w

 

Article :

INREES

 

Note : 

Extrait : Lynne McTaggart, « Le champ unifié, la force secrète de l’univers », éditions J’ai Lu, 2005, pp.205-210

 

Biographie succincte :

Emmanuel Ransford est polytechnicien, épistémologue, chercheur indépendant spécialiste de physique quantique.

 

Après des études scientifiques qui lui donnent un diplôme d’ingénieur et de statisticien, Emmanuel Ransford se tourne vers la physique quantique. Il se passionne pour les questions épistémologiques qu’elle soulève.

 

Depuis plus de 20 ans, il s’interroge en parallèle sur l’énigme de la psyché et sur celle du cerveau conscient. Cette double recherche le conduit à proposer la synthèse de l’holomatière (qu’il a aussi nommée la psychomatière), qui rajoute une dimension invisible – mais aux effets parfaitement repérables – à la matière ordinaire. Nous la croyons inerte et passive alors qu’elle ne l’est peut-être pas.

 

A partir de l’idée d’holomatière, il réinterprète les propriétés très étranges des quanta. Il parvient même à proposer une nouvelle façon, potentiellement testable, d’aborder et de comprendre le cerveau conscient.

 

Il est l’auteur de plusieurs articles, la plupart publiés en langue anglaise. En 2001 il contribue à l’ouvrage collectif : « Science and the Primacy of Consciousness » (Noetic Press, USA).

 

Vidéo : 

[1] La conscience est-elle quantique ? Avec Emmanuel RANSFORD – BEBOODA / YouTube

 

Photo :

Pour illustration

4 commentaires

  1. Le virus n’est pas conscient. Il ne connaît pas les dangers. Il ne peut savoir qu’il existe. Il n’a pas de conscience.
    La conscience est une émergence. Elle apparaît dans l’évolution des êtres vivants par la sélection et la complexité biologique. Je ne pense pas que nous sachions à l’heure actuelle le niveau de complexité biologique nécessaire pour que la conscience apparaisse. Mais elle sera sans doute trouvée.
    Sans conscience, on sauterait d’une falaise, se jetterait dans le feu ou se noierait.
    Elle devient obligatoire à un certain moment de l’évolution. Elle est certainement présente très tôt dans le monde animal pour la survie.
    Elle a sans doute un support biologique dans l’ADN.
    « la conscience pouvait exister sans avoir besoin du support des neurones » Pensez cela est très rassurant. Mais c’est hypothétique, très rassurant pour tous ceux qui se préoccupent de ce qu’il y a après la mort. Réfléchissez qu’après des accidents cérébraux certaines personnes ne sont plus conscientes.
    Pour mieux comprendre il est important de bien cerner ce que sont l’émergence et la définition du postulat.
    Je ne crois pas que la physique quantique peut justifier une conscience indépendante de son support (Le cerveau). Je pense que c’est une fuite en avant de la réalité trop angoissante pour beaucoup d’entre nous.
    Il faut savoir que la physique quantique n’est qu’un ‘mécanisme’ d’interactions entre particules. A ce jour lui attribuer d’autres propriétés relève du fantasme.

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  2. Merci Eric pour cette vidéo, je me la garde pour plus tard.
    C’est toute la différence entre le fonctionnement du cerveau (stockage/mémoire des informations) perçues par les 5 sens physiques et le fonctionnement de notre esprit/conscience par le ressenti et l’intuition (vibratoire) notre 6ème sens.
    La conscience humaine (universelle) est le stockage/mémoire de chaque conscience humaine réunies, plus on travail sur le ressenti et l’intuition, plus il est facile d’accéder aux informations. Tel le son que l’on entend et que l’on déchiffre quand on joue une note… tout est vibratoire!!
    L’esprit est bien plus fort!!!
    PS: je pense que c’est au moins la troisième fois que j’écris cette phrase dans tes articles en une semaine!!!

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    1. « Si vous voulez trouver les secrets de l’univers, pensez en termes d’énergie, de fréquence, d’information et de vibration. », Nikola Tesla.

      La future science sera l’information je pense car pratiquement tout pointe vers cette direction mais comme le disait Arthur Schopenhauer : « Toute vérité franchit trois étapes. D’abord elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence. »

      Merci pour ton commentaire Dina.

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