Après le Brexit, l’Ecosse veut devenir une nation européenne indépendante

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« Il est temps de tracer notre propre avenir », a lancé la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, après la conclusion d’un accord entre l’UE et le Royaume-Uni.

 

Le Brexit devrait avoir bien lieu le 31 janvier après l’obtention par le parti conservateur de la majorité absolue au Parlement lors des élections législatives de ce jeudi 12 décembre. La Première ministre de l’Écosse, Nicola Sturgeon, demande un nouveau référendum pour sortir cette province britannique du Royaume-Uni. Mais le chemin pour une nation écossaise indépendante est encore très long.

 

Le parti national écossais (SNP) a obtenu 48 sièges lors des élections législatives anticipées au Royaume-Uni, ce jeudi 12 décembre. Les troupes de Nicola Sturgeon, Première ministre de cette province britannique, gagnent 13 sièges à la Chambre des communes.

 

La large victoire des Conservateurs, qui obtient la majorité absolue avec 364 sièges, assure à Boris Johnson de faire passer l’accord de retrait négocié avec les Européens. Le Brexit devrait donc avoir lieu au 31 janvier. Cette perspective hérisse le SNP qui souhaite maintenir l’Écosse dans l’Union européenne. Ce pays, rattaché depuis 1707 à la couronne d’Angleterre, jouit déjà depuis 1997 d’une autonomie accrue au sein du Royaume-Uni, qui comprend également l’Angleterre, le pays de Galles et l’Irlande du Nord.

 

Alors, peut-on considérer que le vote lors de ces élections générales est un nouveau pas en direction de l’indépendance de l’Écosse ?

 

 

Les électeurs ont favorisé les partis proeuropéens

Lors de la campagne pour ces législatives anticipées, les électeurs écossais ont favorisé les partis qui avaient clairement mis en avant comme argument le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Ainsi, le SNP a obtenu 48 des 59 sièges. Quatre autres sièges ont été accordés au parti très proeuropéen des Libéraux démocrates (LibDem). Les conservateurs de Boris Johnson n’ont obtenu que six sièges dans le nord et le sud du pays, tandis que les travaillistes un seul.

 

De plus, ce sentiment d’indépendance est aussi nourri par une Écosse qui penche à gauche, notamment quand le pouvoir à Londres est tenu par les conservateurs, plus centralisateurs.

 

 

Nicola Sturgeon demande un nouveau référendum

« L’Écosse doit être autorisée à organiser un nouveau référendum d’autodétermination après la victoire écrasante des nationalistes aux élections générales », a déclaré vendredi Nicola Sturgeon, cheffe de file du Scottish National Party (SNP) et du gouvernement local. « Il y a maintenant un mandat en vue d’offrir au peuple écossais le choix de son propre avenir », a déclaré Sturgeon à la chaîne de télévision Sky News. Boris Johnson a peut-être reçu un mandat pour faire sortir l’Angleterre de l’Union européenne. Il n’a absolument pas le mandat de faire sortir l’Écosse de l’Union européenne. L’Écosse doit avoir le choix de son propre avenir.

 

Le résultat des élections législatives britanniques renforce le mandat pour un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Écosse, a estimé vendredi la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon.

 

 

Où en est le sentiment d’indépendance en Écosse ?

Le 5 août 2019, un sondage montrait que les électeurs écossais se prononceraient majoritairement en faveur de leur indépendance. Selon cette étude, 46 % des 1 019 électeurs sondés voteraient en faveur d’une sécession d’avec le Royaume-Uni tandis que 43 % s’y opposeraient. En excluant les indécis et ceux qui n’entendent pas voter, la proportion d’indépendantistes s’élèverait à 52 %.

 

Un résultat inverse au référendum de septembre 2014. À l’époque, l’un des principaux arguments pour les partisans du maintien de l’Écosse dans le Royaume-Uni était justement la libre circulation des biens et des personnes dans l’Union européenne que l’Écosse perdrait avec son indépendance. Avec le Brexit, cet argument disparaît.

 

 

Pourquoi elle n’est pas du tout sûre de l’obtenir

Ce n’est pas Nicola Sturgeon qui décide de la mise en place du référendum. Il faut qu’il soit validé par le chef de gouvernement britannique, à l’instar de David Cameron signant en 2012 « l’accord d’Édimbourg » avec le Premier ministre écossais de l’époque, Alex Salmond. Ce texte avait alors abouti à un accord très poussé sur la date du vote, l’âge des participants ou le type de question posée.

 

De plus, la campagne de 2014 avait montré certaines faiblesses du camp indépendantiste, notamment au niveau économique et sur la question de la monnaie qui aurait cours une fois la sortie du Royaume-Uni obtenue. Mais, à l’époque, la plupart des dirigeants du continent européen freinaient des quatre fers et refusaient toute idée d’intégration rapide de l’Écosse dans l’Union européenne, par peur d’encourager les sécessionnistes de leur propre pays.

 

Enfin, si Boris Johnson réussit à obtenir un accord à la norvégienne, avec un alignement sur la réglementation européenne contre l’accès au marché unique, le fait de devoir être membre de l’Union européenne pour pouvoir circuler librement sur le continent ne serait plus nécessaire. Le Premier ministre britannique peut donc arguer des discussions avec les Européens sur les relations futures entre Royaume-Uni et Union européenne pour repousser toute discussion autour d’un nouveau référendum.

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicola_Sturgeon

https://www.ouest-france.fr/europe/ecosse/avec-le-brexit-l-ecosse-va-t-elle-devenir-independante-6652885

https://www.leparisien.fr/international/apres-le-brexit-l-ecosse-veut-devenir-une-nation-europeenne-independante-24-12-2020-8415994.php

 

Article :

Fabien Cazenave / Ouest-France

 

Photo :

Pour illustration

5 commentaires

  1. Avec le Brexit qui est désormais signé et l’Écosse qui avait voté en grande majorité conte le Brexit, il y a de fortes chances qu’avec le temps et les désagréments de ce Brexit, les Ecossais veuillent un nouveau référendum et se prononcent de façon plus importante pour une indépendance face au Royaume-Uni.
    Les Écossais savent qu’ils ont plus à perdre qu’à gagner avec ce Brexit.
    Pour calmer cette ferveur indépendantiste, Boris Johnson peut toujours négocier un accord à la norvégienne mais il y a peu de chance qu’il l’obtienne.
    Les Européens craindraient trop que l’Angleterre passe par l’Écosse pour écouler ses produits. La meilleure des solutions pour les Écossais et de voter massivement « OUI » à un referendum pour l’indépendance.
    Bien sûr les Anglais feront tout pour que le Royaume uni ne rétrécisse pas mais ils devront à la longue faire avec le véritable droit à l’autodétermination qui été reconnu lors de la création de l’O.N.U. Les Anglais devront alors faire avec la Charte de l’O.N.U qui reconnaît explicitement le « principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes»
    Et si cela finissait par arriver, comme je serais heureux !

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