Vaccin anti-Covid Valneva : un succès d’une start-up française… au Royaume-Uni !

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Près de 44 millions de personnes ont déjà reçu au moins une dose de vaccin anti-Covid en France. S’il faudra attendre décembre pour apercevoir le sérum du laboratoire français Sanofi, celui du groupe franco-autrichien Valneva, installé près de Nantes (Loire-Atlantique), poursuit son développement. Le produit n’est cependant précommandé ni par Bruxelles, ni par Paris, mais par Londres.

 

La production est prévue en Écosse et la mise en flacons en Suède.

 


 

 

 

Valneva, start-up franco-autrichienne basée à Nantes, est en train de finaliser les premières phases d’essais cliniques de son vaccin anti-Covid. Cependant, les premières doses de cette entreprise tricolore ne seront pas livrées aux Français, mais aux Britanniques. Les pays de l’UE, eux, devront attendre 2022.

 

C’est l’histoire d’un succès français raté. Alors que tous les pays européens cherchent à sécuriser des doses de vaccin anti-Covid pour leur population, la start-up franco-autrichienne Valneva, basée à Nantes (Loire Atlantique), prévoit cet automne de livrer outre-Manche le premier vaccin anti-Covid français.

 

Si Londres a pu devancer Paris dans la commande des vaccins Valneva, c’est que les Britanniques n’ont pas hésité à mettre la main au porte-monnaie pour soutenir la biotech (entreprise dont l’activité s’appuie sur les biotechnologies).

 

« Moins de trois mois après avoir annoncé que notre vaccin allait bientôt rentrer en phase de test, le gouvernement britannique nous a signé un premier contrat de précommandes. Au total, si toutes les options sont levées d’ici à 2025, c’est plus de 1,4 milliard d’euros que le Royaume-Uni aura déboursé pour une livraison de 190 millions de doses », a indiqué le directeur général de Valneva, Franck Grimaud, au Parisien.

 


 

Selon lui, l’entreprise a sollicité les gouvernements européens dès le mois d’avril, avant de se tourner vers les Britanniques, plus réactifs. 

 


 

Un financement dès juillet

« Il nous fallait absolument ce financement dès juillet pour commencer les essais cliniques avant la fin de l’année et monter cette usine. C’est ce qu’ils [les Britanniques] nous ont apporté rapidement », a expliqué le dirigeant sur Public Sénat le 26 janvier.

 


 

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Une entreprise de biotech franco-autrichienne dont le siège est basé à Saint-Herblain en banlieue de Nantes est en train d’achever avec succès les essais cliniques d’un vaccin contre le covid-19, mais la France ne sera pas servie en premier.

 


 

Paris et les Européens auraient donc traîné à répondre aux sollicitations de Valneva. La ministre déléguée chargée de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a, elle, affirmé sur Twitter que le gouvernement avait eu des « discussions nourries avec le laboratoire dès le 6/05/20 ». Selon elle, « Valneva a pris la décision d’avancer au Royaume-Uni, où ils disposent par ailleurs de leur unité de production ».

 

Pour Nadine Levratto, économiste et directrice de recherche au CNRS contactée par France 24, c’est peut-être le montant offert par les Britanniques qui a permis un accord rapide entre la biotech et Londres. « La situation sanitaire au Royaume-Uni a peut-être fait que le gouvernement britannique n’a pas négocié sur les prix », contrairement à l’Union européenne et à la France.

 

 

Une biotech spécialiste du vaccin

Née en 2013 dans les laboratoires publics de l’Institut national de la recherche agronomique et environnementale (Inrae), la biotech Valneva est le résultat de la fusion entre la société autrichienne Intercell AG et la start-up française Vivalis.

 

L’entreprise, qui compte 600 collaborateurs, commercialise déjà des vaccins contre l’encéphalite japonaise et le choléra, et travaille aussi, notamment, à développer un vaccin contre la maladie de Lyme, actuellement en phase 2 des essais cliniques sur l’homme (la phase intermédiaire visant à assurer l’efficacité).

 

Malgré cette spécialisation, l’entreprise ne joue pas dans la même cour que les géants du secteur, tels que Sanofi ou Pfizer. « La pénurie de vaccins et le fait que les majors se révèlent incapables d’honorer les commandes qui ont été réalisées par l’UE a mis la start-up sur le devant de la scène », explique Nadine Levratto.

 

 

Essais cliniques

C’est dans son usine de Livingstone, en Écosse, que Valneva a développé son vaccin anti-Covid. Contrairement à ceux de Pfizer et Moderna, la start-up a développé son vaccin selon la technique traditionnelle du virus inactivé. Le processus permet de créer une réponse immunitaire chez les patients en leur injectant un virus privé de ses capacités de nuire.

 

« Compte tenu de l’urgence de la situation, nous menons actuellement de front les phases 1 et 2 sur 150 volontaires », a déclaré Franck Grimaud, directeur général de Valneva.

 

Les résultats de ces premiers essais cliniques sont attendus pour le mois d’avril.

 

« On passera alors en phase finale d’essais, pour un enregistrement du vaccin au second semestre au Royaume-Uni, et on espère ensuite rapidement en Europe », a affirmé le dirigeant.

 

Valneva affirme être en phase finale de négociations avec l’Union européenne pour la livraison de 60 millions de doses. Londres en a déjà commandé 100 millions à la biotech franco-autrichienne. Les premières doses devraient être disponibles au Royaume-Uni à l’automne 2021. Elles ne devraient pas l’être en France avant 2022.

 


 

Le laboratoire français Valneva annonce les premiers résultats d’un vaccin anti-covid 19 « classique » mais utilisant un nouvel adjuvant

 

 

 

Le vaccin VLA2001 mis au point par le laboratoire Valneva, une « biotech » française « spécialisée dans la prévention des maladies engendrant des besoins médicaux importants ou non satisfaits », est un vaccin à virus inactivé. Il se démarque des vaccins ARN (Comirnaty de Pfizer-BioNTech et COVID-19 Vaccine Moderna) ou à vecteur viral (AZD1222 de AstraZeneca et Ad26.COV2.S de Janssen) par le recours à un procédé (ou plateforme) plus ancien et éprouvé, déjà utilisé dans plusieurs vaccins à usage humain tels ceux de la poliomyélite, de l’hépatite A, de la rage ou de la grippe. Valneva produit déjà, selon le même procédé, le vaccin anti-encéphalite japonaise Ixiaro, autorisé par les principales agences du médicament internationales (EMA pour l’Union européenne, MHRA pour le Royaume-Uni et FDA pour les Etats-Unis) depuis plus de 10 ans.

 

VLA2001 est composé du coronavirus responsable de la covid 19, le SARS-CoV-2, cultivé sur cellules Vero (des cellules mises au point et contrôlées pour éviter toute contamination du vaccin par un autre agent). Le virus produit est concentré, « tué » par action d’un agent chimique, la β-propiolactone, puis purifié. Pour induire une immunité efficace et durable, un virus inactivé doit être associé à des adjuvants. A la suite des essais effectués chez l’animal (essais précliniques), c’est une association de deux adjuvants, l’hydroxyde d’aluminium et le CpG 1018, qui a été choisie. Cette association a permis d’obtenir le meilleur taux d’anticorps neutralisants et d’orienter la réponse immune vers une composante cellulaire Th1, plus protectrice.

 

Alors que l’aluminium et ses sels sont utilisés de longue date dans les vaccins et ont démontré leur efficacité et leur innocuité, le CpG 1018 est un nouvel adjuvant mis au point par la société Dynavax, qui n’a que récemment été autorisé par la FDA dans la composition du vaccin HEPLISAV-B, disponible aux Etats Unis. Une demande d’autorisation de ce vaccin a été examinée par l’EMA, dont le comité chargé des produits médicaux à usage humain (CHMP) a donné un avis favorable le 10 décembre 2020.

 

L’adjuvant CpG 1018 est composé des bases C (cytosine) et G (guanine) que l’on trouve dans l’ADN. Naturellement, les dinucléotides CpG sont rares dans l’ADN humain ; ils sont surtout présents dans l’ADN des bactéries, et ils ont pour effet de provoquer une réponse immune chez les mammifères. Cet effet passe par des récepteurs cellulaires spécifiques (TLR-9) dont l’activation déclenche une réponse dite innée, suivie d’une réponse adaptative au cours de laquelle sont produits les anticorps et les cellules cytotoxiques. Associé au virus inactivé (l’antigène), CpG 1018 amplifie ainsi la réponse immune en activant préférentiellement les cellules de type CD4+/Th1 associées à un effet protecteur (voir l’actualité « Covid 19 et immunité » du 10 décembre 2020).

 

Le vaccin VLA2001 est entré en phase d’essai clinique le 16 décembre 2020. Il s’agit du premier essai mené chez l’homme, de phase 1/2, destiné à évaluer l’innocuité, la tolérance et l’immunogénicité du vaccin sur 150 volontaires sains âgés de 18 à 55 ans. L’étude a été conçue pour tester 3 doses différentes de vaccin, chacune devant être administrée deux fois à 21 jours d’intervalle. Les résultats sont attendus pour avril 2021.

 

Le vaccin VLA2001 devrait pouvoir être conservé entre 2 et 8 °C. Si les essais de phase 1/2 en cours, puis de phase 3, sont concluants, Valneva espère solliciter une autorisation de mise sur le marché (AMM) au mois d’octobre 2021. Les procédés éprouvés utilisés pour la fabrication devraient simplifier l’évaluation par les autorités de santé. D’ici là, le vaccin aura peut-être l’occasion de montrer s’il est actif contre les variants de SARS-CoV-2 qui tendent à supplanter la souche originale du virus.

 

Hugues Tolou, MD, PhD

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Valneva_SE

https://www.inrae.fr/actualites/valneva-succes-dun-vaccin-dune-societe-nee-laboratoires-inrae

https://www.france24.com/fr/europe/20210203-covid-19-le-royaume-uni-premier-client-du-vaccin-de-la-start-up-française-valneva

https://www.mesvaccins.net/web/news/16946-le-laboratoire-francais-valneva-annonce-les-premiers-resultats-d-un-vaccin-anti-covid-19-classique-mais-utilisant-un-nouvel-adjuvant

 

Article :

Julia Dumont / France 24 / Publié le 3 février 2021

Hugues Tolou, MD, PhD, ancien directeur scientifique de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) / Mes Vaccins / Publié le 24 janvier 2021

 

Vidéo :

[1] Vaccination : Valneva, un succès français… au Royaume-Uni – RT / YouTube

[2] Vaccin Valneva: « Le Royaume Uni a été réactif » confie Franck Grimaud,directeur général – Public Sénat / YouTube

 

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