Chine : l’incident nucléaire à l’EPR de Taishan 1 pourrait mettre en cause la sûreté des réacteurs, dont celui de Flamanville

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Time : 9 mn 56 / [1/1]

 


 

Synopsis vidéo :

Défaut de sûreté du réacteur EPR de Taishan 1, la CRIIRAD demande aux autorités d’en tirer toutes les conséquences sur les autres EPR dont celui en construction à Flamanville.

 

D’après les informations transmises à la CRIIRAD par un lanceur d’alerte issu de l’industrie nucléaire, un problème générique pourrait mettre en cause la sûreté des réacteurs de la filière EPR.

 

Les graves dysfonctionnements au niveau du réacteur EPR n°1 de la centrale de Taishan (Chine) – révélés en juin 2021 et ayant conduit à sa mise à l’arrêt anticipé le 30 juillet dernier – seraient liés pour partie à un problème de conception de la cuve EPR.

 

Ces mêmes défaillances pourraient alors concerner les autres réacteurs EPR, à commencer par Taishan 2 (seul autre réacteur EPR en exploitation dans le monde à ce jour) mais aussi les réacteurs en construction : Flamanville 3 (France, Normandie), Olkiluoto (Finlande) et les 2 EPR à Hinkley Point en Angleterre.

 

Les problèmes liés à la conception de la cuve EPR sur le plan de l’hydraulique seraient connus des industriels depuis au moins la fin des années 2000 (essais sur maquette). La mauvaise répartition du liquide primaire dans la cuve engendrerait des niveaux de vibration élevés des assemblages de combustible nucléaire. Ces vibrations auraient été constatées dès la mise en service de Taishan 1 en 2018.

 

Les vibrations au niveau du cœur du réacteur seraient à l’origine de la dégradation des gaines des crayons de combustible nucléaire, entrainant ainsi des fuites de gaz rares radioactifs, mais aussi d’isotopes radioactifs de l’iode et du césium. Elles auraient également fragilisé les grilles de maintien de certains assemblages.

 

Ces fuites ont été constatées par les exploitants dès octobre 2020 et n’ont cessé de s’aggraver au fil des semaines. Compte tenu des risques que cela représente pour les travailleurs, les riverains et la sûreté nucléaire, la CRIIRAD estime que le réacteur Taishan 1 aurait dû être arrêté bien avant le 30 juillet.

 

Les dégâts sur le combustible nucléaire du réacteur Taishan 1 seraient considérables. Le lanceur d’alerte a indiqué à la CRIIRAD que 70 crayons sont endommagés appartenant à une trentaine d’assemblages différents. De nombreux ressorts de maintien ont cassé.

 

Qu’en est-il des Autorités de Sûreté Nucléaire française et chinoise ? Que savent les Autorités de Sûreté Nucléaire française et chinoise ? La CRIIRAD demande des éclaircissements et une totale transparence dans un courriel adressé à l’ASN française le 27 novembre 2021.

 


 

Cliquer pour accéder à 211125_Courrier_CRIIRAD_ASN_sureté_EPR_VF.pdf

 


 

Cette situation plus que préoccupante doit absolument être expertisée et les résultats doivent être rendus publics : il en va de la sûreté nucléaire et de la protection des populations.

 

Compte tenu des interrogations, la CRIIRAD demande à l’ASN si elle considère comme acceptable le chargement dans le réacteur du combustible neuf livré à l’EPR de Flamanville ?

 

A l’heure où la France déclare vouloir relancer son programme nucléaire, les citoyens méritent d’être honnêtement informés des possibles défaillances de la filière EPR, et leur protection doit être garantie comme priorité absolue vis-à-vis des intérêts économiques et financiers.

 


 

Cliquer pour accéder à Communique_de_presse_CRIIRAD_du_28_novembre_2021-Taishan_1.pdf

 


 

Centrale nucléaire de Flamanville

 

 

Un lanceur d’alerte révèle de nouvelles informations sur l’incident qui a conduit à l’arrêt du réacteur EPR de Taishan 1. De graves défauts sur le combustible pourraient se retrouver sur tous les EPR. L’Autorité de sûreté nucléaire est interpellée.

 

Le problème de sécurité qui a conduit à l’arrêt du réacteur chinois EPR de Taishan, en juillet dernier, pourrait révéler un défaut récurrent sur tous les EPR, dont celui en construction à Flamanville (Manche). C’est ce que laisse entendre la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad). Dans une lettre adressée à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le 27 novembre, et dont Reporterre a eu copie, la Criirad apporte de nouvelles informations sur l’incident. Elle les aurait obtenues par un « lanceur d’alerte qui travaille dans l’industrie nucléaire ».

 

L’arrêt du réacteur 1 de Taishan (la centrale en compte deux) est dû à des ruptures des gaines du combustible nucléaire plongé au cœur du réacteur. Selon l’informateur de la Criirad, ces dégradations « sont dues principalement à des vibrations anormales des assemblages de combustible nucléaire ». Ces vibrations seraient liées à « un défaut de conception de la cuve de la filière EPR ».

 

La Criirad rappelle que la cuve de l’EPR a été inspirée du projet de réacteur allemand Konvoi, sur lequel des défauts avaient à l’époque été identifiés. Dans les années 1990, l’EPR était en effet un projet franco-allemand, que Berlin a abandonné en cours de route, avec la perspective de sortie du nucléaire.

 

L’association demande donc à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de vérifier ces différents points, et de fournir une information publique à leur propos. Selon Bruno Chareyron, directeur du laboratoire de la Criirad, si l’incident de Taishan révélait un défaut générique des cuves de l’EPR, cela « pourrait hypothéquer le démarrage des réacteurs de Flamanville et Olkiluoto », en Finlande.

 

 

Des questions précises sont posées à l’ASN :

  • Peut-elle confirmer si une trentaine d’assemblages et soixante-dix crayons de combustible sont concernés ?

 

  • Les ressorts de maintien de ces crayons ont-ils cassé ?

 

  • Certaines grilles ont-elles perdu des plaquettes côté réflecteur neutronique ?

 

  • Est-elle informée des résultats des essais de Framatome, au Creusot en 2007-2008, sur l’hydraulique de la cuve de l’EPR ? Rappelons que cette usine a été le siège de nombreuses irrégularités dans les années 2000.

 

  • Y a-t-il un rapport entre ce qui a été observé à Taishan et les vibrations observées sur l’EPR ?

 


 

L’ASN n’a pas encore répondu à cette lettre de la Criirad.

 

Les questions posées suggèrent que le lancement de nouveaux EPR, que veut annoncer M. Macron les jours prochains, pourrait être problématique, tant que toutes les incertitudes sur leur sécurité ne seront pas levées.

 


 

Source :

http://www.criirad.org/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Réacteur_pressurisé_européen

https://en.wikipedia.org/wiki/Taishan_Nuclear_Power_Plant

https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucléaire_de_Flamanville

https://reporterre.net/Le-defaut-du-reacteur-chinois-pourrait-remettre-en-cause-tous-les-EPR

http://www.criirad.org/actualites/dossier2021/211125_Courrier_CRIIRAD_ASN_sureté_EPR_VF.pdf

http://www.criirad.org/Surete-nucleaire/Communique_de_presse_CRIIRAD_du_28_novembre_2021-Taishan_1.pdf

 

Article :

CRIIRAD

Hervé Kempf / Reporterre

 

Vidéo :

[1] Incident nucléaire à l’EPR de Taishan 1 (Chine) – CRIIRAD / YouTube

 

Photo :

Pour illustration

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