The Ultimate Run : la piste de ski la plus folle jamais imaginée – Markus Eder

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Époustouflant…

 

« L’ultimate run », la ligne parfaite. L’Italien Markus Eder en rêvait depuis six ans. C’est chose faite. Résultat, un des plus beaux films de ski jamais réalisés, un concentré de toutes les facettes du freeski réunies dans une séquence de 10 minutes, admirablement filmé par Christoph Thoresen, cinéaste et ancien snowboarder professionnel. Créativité, virtuosité, esthétique et engagement…difficile de faire mieux.

 


 

 

 

L‘idée de l’italien Markus Eder est toute simple : réaliser la plus belle descente, la plus belle ligne à skis qui soit. Le tournage de cette vidéo aurait nécessité un hiver entier. Le résultat est bluffant, notamment le départ à 4500 mètres d’altitude, sur les pentes du Dom, puis au milieu de ses gigantesques séracs et crevasses transformés en terrain de jeu pour skieur très (très) doué. Et ça continue ensuite, dans le park puis dans la forêt à encore des images d’anthologie.

 

 

Au cours des deux dernières saisons, le freeskieur italien Markus Eder s’était mis en tête de réaliser un objectif a priori impossible : repousser les frontières de trois disciplines du freeski dans une descente impériale du sommet d’une montagne au bas de la vallée.

 

Le résultat ? The Ultimate Run : une glisse quasi parfaite, dans laquelle l’ancien champion du « Freeride World Tour » nous emmène depuis les sommets de Zermatt en Suisse, jusqu’au bas de la vallée de Luttach en Italie, le tout avec une qualité d’images et de vidéos à couper le souffle, et un ski ultra maîtrisé.

 

 

Comment l’Ultimate Run a-t-il vu le jour et qu’est-ce qui a inspiré ce projet ?

Je rêve de cette descente depuis longtemps et ai même réalisé une tentative en 2015. Mais, je me suis déboîté l’épaule dès la première séquence. Depuis, l’idée ne m’a plus quitté. Après ma victoire au « Freeride World Tour » de 2019, j’ai contacté les gars de la société de production « Legs of Steel ». Ils ont tout de suite rejoint le projet. À partir de là, ce n’était plus uniquement mon projet, c’était notre projet.

 

J’ai toujours rêvé de montrer toute la palette de mon ski dans un gros projet, où tout s’enchaînerait avec fluidité. J’aime toutes les disciplines et cette descente m’a donc permis de les rassembler.

 

 

Du sommet des montagnes aux villes minières, le film couvre un large éventail de terrains. Comment avez-vous sélectionné les spots de la vidéo ?

J’avais prévu de rider le château et j’avais visualisé ma trajectoire le long du domaine de Klausberg depuis longtemps. Mon père est né dans ce château et j’ai appris à skier sur les pistes de Klausberg. Ces deux spots étaient donc vraiment spéciaux.

 

La plupart des autres se sont imposés d’eux-mêmes. Quand je cherchais des modules urbains, je suis tombé sur la ville minière grâce à « Google Street View ». Elle n’était qu’à une heure de celle où j’ai grandi. Trouver cette piste fut la plus grande révélation que j’ai eue depuis longtemps.

 

 

On dirait que l’immense variété de modules et de terrains vous a aidé à imaginer des tricks uniques. Derrière lequel se cache la meilleure histoire ?

Celle du backflip hors du camion est marrante. Mon pote Tofi a utilisé un camion de son entreprise de construction. Ce n’est que lorsqu’il s’est crashé dans le mur de glace que ça m’a donné assez d’élan pour réussir ce trick. Il devait freiner tard et aller droit dans le mur… Le camion était bien cabossé à la fin.

 

Enchaîner tout le rail à Klausberg aura aussi été très difficile. Il m’a fallu plus de 200 tentatives.

 

 

Enchaîner tout le rail à Klausberg aura aussi été très difficile. Il m’a fallu plus de 200 tentatives.

Je voulais faire un gros big air. Je me fichais du nombre de back slap. J’avais juste besoin d’un énorme saut et celui de Zermatt était parfait. Tout au long de la saison, la plupart de mes tricks s’étaient bien passés. Alors, quand nous sommes arrivés à Zermatt, je me suis élancé direct, sans échauffement. Pourtant, cette fois-ci, tout ne s’est pas déroulé comme prévu. J’ai mal jugé la direction du take-off et j’atterrissais tout le temps sur un terrain pourri, plein de blocs de glace. C’était vraiment délicat.

 

Je peux généralement juger de ce que je peux et ne peux pas faire. Mais ce spot a eu raison de moi.

 

 

Comment avez-vous géré la pression associée au tournage d’un projet personnel sur deux ans ?

Comme c’est de moi que venaient toutes les idées et que nous avions réuni une équipe vidéo XXL, j’avais beaucoup de pression sur les épaules. Je n’avais pas le droit de me blesser. Chaque séquence devait s’enchaîner avec la suivante et une blessure aurait fait dérailler tout le projet.

 

D’habitude, on essaie d’envoyer plusieurs figures différentes sur chaque saut. Cette fois-ci, je testais le module, je tentais un trick difficile en espérant une bonne réception puis nous mettions fin à la session. Il y a de nombreuses séquences où j’aurais pu faire mieux. Mais, en considérant le projet dans son ensemble, je ne pouvais pas en faire plus que nécessaire, car je devais rester entier.

 

 

En tant que vétéran de compétition et de tournages aux grosses équipes, était-ce compliqué d’être le seul skieur à l’image ?

Le plus grand défi du projet, mais aussi son aspect le plus cool, était justement d’être le seul skieur du film.

 

Quand on tourne avec une grosse équipe, on prend des décisions ensemble, on ride ensemble, et on affronte les difficultés ensemble. Cette fois-ci, je vivais ces expériences en solo et c’était difficile de surmonter ça mentalement. J’ai réalisé que rider un rail effrayant est bien plus facile quand on est entouré d’autres skieurs tout aussi engagés que soi.

 

D’ailleurs, j’ai hâte de retourner rider en équipe, au lieu de rester isolé sur un projet individuel.

 

 

Le run couvre tous les styles du freeski au plus haut niveau possible. Comment êtes-vous resté motivé pour passer d’une discipline à l’autre ?

Quand je repousse mes limites en hors-piste pendant un mois, j’ai hâte de faire pareil au park le mois suivant. Tous les styles de ski m’enthousiasment. Alors, quand je me lasse d’une discipline, je me lance directement dans une autre. Je crois que c’est le secret pour maintenir toutes mes capacités à un tel niveau. En général, un rider passe du park au hors-piste et ride en poudreuse le reste de sa carrière. Mais, le park est juste trop génial pour ne plus en faire. Je n’arrêterai jamais d’y aller.

 

 

Avez-vous quelque chose que vous souhaiteriez ajouter sur ce projet ?

Je suis très fier que plus de 80 % des images aient été tournées dans la région où j’ai grandi, autour de Luttach en Italie et que la plupart aient été filmées à Klausberg, la station de mon enfance. Nous ne sommes pas habitués à y avoir beaucoup de neige. Nous avons donc réellement eu de la chance. Quand nous avons commencé le projet, nous n’aurions jamais imaginé pouvoir tout filmer dans une seule région. Je suis heureux de dire que tout s’est parfaitement enchaîné.

 

Alastair Spriggs / Red Bull

 


 

Original video synopsis :

“Sometimes my mind goes kind of crazy about skiing and I ask myself, what if…?” – Markus Eder

 

What if you could link every powder turn, every rail, every cliff drop, every comp run and every kicker nailed into one ultimate run? Well, Markus Eder did just that in ‘The Ultimate Run’!

 

This is Markus’ Opus Magnum, a medley of face shots, massive tricks and even bigger drops, which was documented by Innsbruck based production company Legs of Steel over the past two years.

 

Markus has been visualizing the ultimate run since 2015. It may look like a simple undertaking in the final edit, but for arguably the most versatile skier on the planet, it meant taking his skill levels in every form and style of contemporary freeskiing to the next level.

 

“All aspects of freeskiing have fascinated me since the beginning”, states Markus.

 

The Ultimate Run kicks off on the lofty extremities of Zermatt as Markus drops into a sheer expanse of powder, before shredding his way through glacial blocks the size of buses, jumping off ice cliffs and then slips into the belly of the glacier, only to reappear above his home resort of Klausberg. Carving fields of fresh powder he joins a session with his buddies at his local snowpark, before boosting back off into the backcountry for some more face shots. The firecrackers keep on popping as he enters the snow covered architecture of Taufer castle and a mining museum. As the sun sets over the mountains Markus slides out onto the valley floor, six years of dream skiing condensed into ten minutes of pure joy and adrenaline.

 

This edit took over 90 days to film, entirely in the Alps in Markus’ home region. “The Ultimate Run is Markus’ dream project,” says Tobi Reindl from Legs of Steel, “and it also became one of the biggest and most thrilling projects we have done so far.”

 

With the first snow falling in the Alps, ‘The Ultimate Run’ is a must watch for all winter sports enthusiasts. It will reignite the passion for winter in even the most laid back snow fans for the coming season.

 


 

Source :

https://alpinemag.fr/the-ultimate-run-ski-markus-eder/

https://www.redbull.com/ch-fr/markus-eder-ultimate-run-coulisses

https://www.outside.fr/the-ultimate-run-de-markus-eder-du-ski-comme-vous-ne-lavez-jamais-vu/

 

Article :

Alastair Spriggs / Red Bull

 

Vidéo :

[1] Markus Eder’s The Ultimate Run – The Most Insane Ski Run Ever Imagined – Red Bull Snow / YouTube

 

Photo :

Pour illustration

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