« L’École fabrique une masse énorme de consommateurs semi-illettrés. On va arriver à des mouvements insurrectionnels extrêmement violents. », Jean-Paul Brighelli

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Note :

A titre personnel, je ne valide pas tout. Reste néanmoins des interviews intéressantes sur de nombreux points. Il appartient à chacun de se forger sa propre opinion.

 


 

Extrait…

Time : 2 mn 04 / [1/3]

 


 

Version intégrale…

Time : 1 h 01 / [2/3]

 

La mort programmée de l’école.

L’École de la transmission des savoirs et de la formation des citoyens est à l’agonie. Elle accomplit aujourd’hui ce pour quoi on l’a programmée voici un demi-siècle : adaptée aux nécessités du marché, elle fabrique à la chaîne une masse de consommateurs semi-illettrés et satisfaits d’eux-mêmes. Soucieuse d’élaborer enfin l’égalité promise par la République en nivelant par le bas, elle a réussi à détruire ce que la France avait mis deux cents ans à élaborer.

 

Jean-Paul Brighelli

 

Chapitres :

0:00 – Introduction.

02:01 – Pourquoi a-t-on démantelé ce qui avait fait le succès du système scolaire français ?

07:45 – École et cooptation des élites.

10:20 – Quel est le poids du collège unique et du regroupement familial dans l’effondrement de l’École ?

16:34 – Qui sont les pédagogistes, quelle est leur influence ?

23:45 – Les élèves issus de milieux défavorisés, premières victimes des pédagogistes ?

26:12 – Pourquoi l’enseignement traditionnel de l’histoire de France a-t-il été abandonné ?

31:46 – Quelles sont les conséquences de l’abandon de l’enseignement traditionnel de l’histoire de France pour le développement des enfants ?

35:45 – Quel est le sort réservé aux enseignants qui choisissent d’instruire véritablement leurs élèves ?

39:52 – Quelles sont les conséquences de la méthode idéovisuelle pour l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ?

41:57 – Quelles sont les conséquences de la désinstruction pour notre société ?

44:58 – Que vaut le diplôme du bac ?

50:04 – Les élèves et leurs parents ont-ils conscience de la dépréciation du bac ?

52:41 – L’état de l’École reflète-t-il celui de la société ?

55:55 – L’Éducation nationale a-t-elle failli sur la question de la laïcité ?

1:00:28 – L’apocalypse scolaire peut-elle encore être évitée ?

 


 

 

 

Normalien et agrégé de Lettres modernes, Jean-Paul Brighelli a enseigné pendant 45 ans au collège, au lycée et en classes préparatoires. Il est également l’auteur de nombreux livres dont plusieurs essais consacrés à l’École.

 

Il est fait chevalier de la Légion d’honneur lors de la promotion du 14 juillet 2009 sur proposition du ministère de l’Éducation nationale (33 ans de services civils). La décoration lui est remise le 16 juillet 2009 par Xavier Darcos (latiniste, haut fonctionnaire, homme de lettres, diplomate, homme politique et académicien français).

 

 

Dans son dernier ouvrage, « La Fabrique du crétin – Vers l’apocalypse scolaire », publié aux éditions l’Archipel, Jean-Paul Brighelli revient sur les dérives successives ayant conduit à l’effondrement du niveau scolaire en France.

 

« On a fait de l’École d’excellence à la française quelque chose qui n’est même pas en milieu de tableau, quelque chose d’absolument dérisoire. On recrute des maitres et on les forme de façon à ce qu’ils enseignent l’ignorance avec une continuité́ remarquable. », observe l’enseignant.

 

« Il n’est plus question de savoirs, mais de savoir-faire, de savoir-être, de savoir s’exprimer, de savoir se passer la main dans le dos et de savoir manipuler son portable pendant les cours. […] Il faut que l’élève soit heureux, il ne faut pas le contrarier, il ne faut pas lui mettre de mauvaises notes. »

 

Mais selon Jean-Paul Brighelli, « l’école ne dysfonctionne pas » comme certains pourraient être tentés de le croire, elle accomplit au contraire « ce pour quoi on l’a programmée » depuis plusieurs décennies.  « On l’a détruite sciemment, on a voulu ce qui se passe actuellement », explique-t-il.

 

Selon lui, le démantèlement du système scolaire français s’inscrit en effet dans le cadre de la libéralisation de la société et de l’avènement du capitalisme mondialisé, qui n’a pas besoin d’un peuple instruit mais de « consommateurs semi-illettrés, susceptibles d’être déplacés comme des pions dans un système ubérisé des pieds à la tête, abrutis de télévision, manipulés à chaque élection pour la plus grande gloire d’une caste en auto-remplacement. »

 

« Autrefois, on disait panem et circenses, du pain et des jeux. Actuellement, on dit salaire universel et foot sur TF1. […] Ça suffit à tenir une société́, et à la tenir très longtemps. »

 

Pour Jean-Paul Brighelli, deux mesures ont joué un rôle phare dans l’effondrement du système scolaire français et la désinstruction des enfants. La première est la loi Haby du 11 juillet 1975 [1] qui met fin à l’organisation de la scolarité en filières et instaure le collège unique. La seconde est le décret signé par Jacques Chirac, alors Premier ministre sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing […].

 

Outre ces deux mesures, Jean-Paul Brighelli insiste également sur la façon dont les méthodes des pédagogistes promues à partir des années 70 – notamment l’apprentissage de la lecture et de l’écriture via la méthode idéovisuelle ou semi-globale initiée par Jean Foucambert, mais aussi l’idée que l’enfant doit construire lui-même ses savoirs – ont largement contribué à la destruction du système scolaire français.

 

Si les enfants des classes moyennes et populaires sont les premières victimes de la désinstruction nationale, Jean-Paul Brighelli souligne que ceux issus de milieux aisés font toutefois aussi les frais de l’effondrement du niveau scolaire.

 

« Actuellement, on ne forme même plus des élites, on va les recruter chez “les fils et les filles de”. C’est un système qui me fait vomir. Je ne suis pas pour privilégier tel ou tel segment de la population, je suis pour que chaque élève aille au plus haut de ses capacités. On en est très loin, on ne les incite plus, sauf exception. […] C’est une déperdition totale de capacités. La France est aussi en train de s’effondrer en même temps, tout va de pair. »

 


 

Après 45 ans passés à enseigner, Jean-Paul Brighelli se montre relativement pessimiste quant aux chances de voir l’École française retrouver son niveau et sa vocation. 

 


 

« Toute personne qui voudrait véritablement réformer l’École serait éliminée, marginalisée ou ridiculisée, pourvu que le système continue sur sa lancée. Les parents le savent si bien, d’ailleurs, que ceux qui sont informés essaient de biaiser, de ruser, d’inscrire leurs enfants dans tel ou tel établissement qui a une meilleure réputation que tel autre, parce qu’effectivement, il y a 10% des établissements, privés ou publics, ça n’a aucune importance, qui sont de très bons établissements et 90% des établissements qui sont profondément viciés. »

 

 

Et Jean-Paul Brighelli de conclure  :

« Toute réforme de l’École ne portera ses fruits que dix ou quinze ans plus tard. Il faut avoir un projet politique global sur la longue durée, ce qui n’est pas du tout dans les gènes du système actuel où l’on navigue à vue en donnant des primes aux uns et aux autres. » 

 

Epoch Times France

 


 

Bonus…

Time : 16 mn 53 / [3/3]

 

François Asselineau analyse les sujets d’Histoire, Géographie et Instruction civique du Brevet 2022 destiné aux collégiens français de 15 ans.

 

La question dite « de géographie » porte sur les coopérations transfrontalières promues par l’Union européenne, dont le jeune collégien doit vanter les mérites.

 

Il n’y a aucune vérification des connaissances, même sommaires, de la géographie de la France métropolitaine et de son Outre-mer.

 

– La question dite « d’histoire »

Elle porte sur le régime politiquement allemand de 1933 à 1945, sujet constamment ressassé dans les médias. Il n’y a aucune vérification des connaissances, même sommaires, de telle ou telle grande période de l’Histoire de France.

 

La question « d’instruction civique » porte sur la méfiance de principe qu’il faut nourrir à l’encontre des réseaux sociaux, avec le lourd sous-entendu que seuls les médias mainstream seraient fiables et dignes de foi.

 

Il n’y a aucune vérification des connaissances, même sommaires, des grands principes de la République, de la démocratie, de nos institutions ou de notre Constitution.

 

En somme, le Brevet 2022 inflige aux écoliers une vision étroite et biaisée contraire aux principes fondamentaux des valeurs de l’instruction républicaine, qui devrait d’abord consister à enseigner aux collégiens les grandes caractéristiques historiques, géographiques et institutionnelles de la République française.

 

Cette technique d’omission systématique de tout ce qu’est la France, et l’imposition d’un narratif européiste à la place, ressemblent à s’y méprendre aux pratiques de tous les régimes totalitaires qui essayent par tous les moyens de formater les esprits juvéniles afin de donner naissance à un « homme nouveau », détaché de tout passé et de tout repère, et sommé de réciter le discours dogmatique du régime.

 

Que les européistes en soient encore à vouloir imposer leur camelote idéologique aux enfants, 65 ans après le Traité de Rome, en dit long sur le fait qu’ils sont aux abois face aux réveils des peuples et de leur soif de souveraineté nationale.

 

François Asselineau

 


 

Source :

https://www.epochtimes.fr/lecole-fabrique-une-masse-enorme-de-consommateurs-semi-illettres-jean-paul-brighelli-2087815.html

 

Article :

Par : Epoch Times France

 

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Référence :

[1] https://www.vie-publique.fr/eclairage/38483-le-debat-sur-le-college-unique

 

La réforme Fouchet Capelle de 1963 met en place les collèges d’enseignement secondaire (CES). La loi Haby du 11 juillet 1975 supprime la distinction entre CES et CEG qui deviennent tous des collèges. Elle met fin à l’organisation de la scolarité en filières. L’hétérogénéité des classes est établie, des actions de soutien et des activités d’approfondissement sont organisées. Le brevet des collèges remplace le brevet d’études du premier cycle du second degré (BEPC). Pour ses détracteurs, le collège unique ne contribue pas à démocratiser l’enseignement mais, en supprimant les filières, il appauvrit les programmes et répond principalement à un souci de réduction des dépenses d’enseignement.

 

Vidéo :

[1] « On va arriver à des mouvements insurrectionnels extrêmement violents » – Jean-Paul Brighelli – Epoch Times France / YouTube

[2] « L’École fabrique une masse énorme de consommateurs semi-illettrés » – Jean-Paul Brighelli – Epoch Times France / YouTube

[3] Diplôme national du brevet 2022 : l’épreuve d’Histoire-Géographie infligée aux collégiens ! – Union Populaire Républicaine / YouTube

 

Photo :

Pour illustration