Citation | Quote : « …ils ont abandonné le réel à une toute petite minorité. » – 2047 : Virtual Revolution (2016)

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Nash, détective privé

 

 

« Nous sommes en 2047, un siècle de révolution technologique. La révolution a bien eu lieu mais pas vraiment de la façon à laquelle les gens s’attendaient. Les gens imaginaient des robots, des voitures volantes, un redémarrage de l’exploration spatiale ; toutes ces choses sont là aujourd’hui, mais aucune n’a été une révolution. La révolution n’a pas consisté à nous rendre acteur et maître de notre monde réel. A la place, nous nous sommes enfuis. Ça a commencé avec les jeux vidéos, les univers virtuels qu’on appelle les « Verses » où les joueurs s’incarnent avec leurs avatars dans tout un tas de monde… médiéval, science-fiction, western. C’est comme on veut. Les Verses sont devenues de plus en plus réalistes au fil du temps. Au point qu’il est devenu quasi-impossible de distinguer la réalité… de la simulation. C’est qu’on a simplement plus vu l’intérêt de rester dans le monde réel. La société s’est transformée. Et les 75% de la population qu’on appelle les connectés… n’en ont tout bonnement plus rien à foutre de la réalité. Ils vivent leurs vies ailleurs, en ligne ; et se faisant, ils ont abandonné le réel à une toute petite minorité. La Révolution a bien eu lieu… Oui ! Mais pas de la façon dont les gens s’y attendaient. », Nash – Détective privé

 

 

Nash et Dina de Synternis Corporation 

 

 

« Je n’aime pas l’idée qu’INTERPOL mette son nez dans nos affaires. Nous sommes alliés… mais sûrement pas amis. Nous payons à l’État les impôts qu’il demande. L’État verse aux connectés leurs revenus universels et les connectés nous payent pour aller dans les Verses. C’est une question d’équilibre. », Dina – Synternis Corporation à Nash.

 

« Mais pour les États payer tous ces revenus universels, est-ce que c’est pas un peu cher ? », Nash à Dina.

 

« Non ! Ce ne sont que des petites sommes. Ils payent pour… leurs loyers, un peu de nourriture et… leurs connections réseaux. Souvenez-vous qu’avant ça, il leurs fallait payer pour la sécurité sociale, les retraites, les allocations chômages. Aujourd’hui ça leurs coûtent beaucoup moins. Et surtout… moins longtemps. L’espérance de vie des connectés ne dépasse pas pour la plupart 40 ans. Ils sont obèses, sous-alimentés, leur hygiène est mauvaise ainsi que leur santé. On sait ce que ça donne… ne vous faites pas d’idées. Les politiciens profitent pleinement de cet état de fait… ce n’est pas dans leurs intérêts que ça change. », Dina à Nash.

 

 

Nash et un connecté à un Verse.

 


 

Synopsis :

« Virtual Revolution » se déroule à Paris en 2047. Si l’Homme a perfectionné la robotique, inventé des voitures volantes et conquis les étoiles, c’est la réalité virtuelle qui a réellement changé le monde. Les mondes fictifs sont devenus tellement passionnants (et surtout tellement plus excitants que la réalité) que 75% de la population ne vit plus que dans des univers virtuels, ne retournant à la réalité que pour se nourrir. On suit les aventures de Nash, un détective privé dans la vraie vie (et guerrier médiéval dans la fausse) qui est engagé par une entreprise de réalité virtuelle pour enquêter et démanteler un groupe de terroristes qui tente de pousser la population à revenir à la réalité en commettant des meurtres de masse. Instrumentalisé de toutes parts, souvent menacé, torturé par son passé… Nash aura bien du mal à tirer cette affaire au clair.

 

La première chose qui frappe le spectateur amateur de science-fiction c’est l’esthétique du film, et notamment des décors. Le film suit la même voie que « Blade Runner », mêlant des éléments de décors vintages, voir vieillots, à des éléments futuristes et ultra-technologiques, ce qui donne une authenticité et une noirceur à la ville dystopique. C’est d’autant plus intéressant que le film se passe à Paris et que le panorama d’immeubles haussmanniens mêlés à de gigantesques tours futuristes cyberpunk entre lesquels circulent des voitures volantes est particulièrement impressionnant. Une nuit éternelle et une pluie qui n’en finit pas règnent sur le Paris de 2047, exactement comme sur le Los Angeles de 2019 dans lequel se déroule « Blade Runner », ce qui accentue encore la déprime ambiante, la noirceur, la décrépitude de la société. Les deux mondes virtuels qui nous sont présentés (Médiéval Fantastique à la World Of Warcraft / The Witcher et Post-Apo futuriste style Fallout / Borderland) sont eux aussi très réussis. Les effets spéciaux tiennent bien la route alors que le film a presque intégralement été tourné en décors naturels.

 

Le scénario de « Virtual Revolution » est également bien ficelé. Retournements de situations, suspense, personnages énigmatiques, détestables ou attachants… Bref tout ce qu’on attend d’un film de genre…

 

« Virtual Revolution » fourmille de clins d’œil. Les influences de « Blade Runner » et de « Metal Hurlant » (magazine) se font clairement sentir. Le film fait par moment penser à « Metal Hurlant Chronicles », la série de Robert Rodriguez. On peut également dresser des parallèles avec « Matrix », « Ubik », « Ultimate Gamer », « Judge Dredd », les BD d’Enki Bilal, etc… Les mondes virtuels, regorgent évidement de références vidéo-ludiques.

 

Mais « Virtual Revolution » brille surtout dans ses thèmes et dans la façon dont il les aborde. Il traite de la réalité virtuelle, rêve des années 80 qui se concrétise de plus en plus avec les casques de réalités virtuelles.

 

Dans le monde du film, des chaises spéciales nous font tomber en transe et nous immergent entièrement dans l’univers fictif. La question est donc de savoir si la vie dans un « faux » monde qu’on perçoit et qu’on ressent exactement comme le vrai monde devient plus agréable que la vraie vie, est-ce bien raisonnable de délaisser totalement la réalité ? Les relations entre avatars ont-elles la même valeur que les relations réelles ? Peut-on fermer les yeux sur l’outil d’instrumentalisation politique que ça représente ? Sur la manipulation et l’abrutissement des masses ? Est-ce une vie convenable qu’une vie passée comme un légume sur une chaise ?

 

« Virtual Revolution » ne répond pas à ces questions. « Virtual Revolution » ne dit pas comment il faut penser, il vous donne les outils nécessaires pour mener votre réflexion et faire votre propre choix.

 


 

 


 

« Virtual Revolution » est produit par Guy-Roger Duvert, ainsi que la société de production Lidderdalei. Productions dont le budget est d’environ 900.000 dollars. 21 000 dollars ont été récolté en Crownfunding. Il n’en reste pas moins que « Virtual Revolution » est un véritable petit bijou dans la catégorie des films dystopiques.

 


 

Facebook veut créer un metaverse, un monde virtuel où nous nous retrouverons tous… Une sorte d’Internet incarné, d’après Mark Zuckerberg.

 


 

Source :

https://www.imdb.com/title/tt4054004/

https://en.wikipedia.org/wiki/Virtual_Revolution

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=247756.html

 

Référence :

Film : 2047 : Virtual Revolution

Réalisation : Guy-Roger Duvert

Pays de production : France/Amérique

Genre : Science-fiction, policier

Sortie : 2016

 

Photo :

Pour illustration