Éthiopie, Usine de la Chine et esclavagisme des temps modernes

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Time : 23 mn 16

 


 

48 heures de travail hebdomadaire

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Entre 40 & 50 euros par mois (Heures supplémentaires comprises)

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Ce n’est pas de l’exploitation mais de l’esclavagisme moderne

 


 

Éthiopie

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Usine de la Chine et Nouvel Eldorado du Textile

 

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Forte d’une main-d’œuvre abondante et peu chère, mais aussi de ses ressources en matières premières, l’Ethiopie se rêve en Lion africain dans le secteur du textile. Beaucoup voient ce pays de la Corne de l’Afrique comme un concurrent sérieux aux Tigres asiatiques.

 

Ethiopie - Entreprise chinoise - 6

 

Tanju Kavlakli cherche nerveusement sa carte de visite sous une pile d’échantillons de tee-shirts imprimés. Rentré ce mardi matin d’Istanbul, le directeur commercial de la manufacture turque Ayka Addis Textile est pris au dépourvu. Mais les visites à l’improviste ne le dérangent pas le moins du monde. Il est habitué. En trois coups de fil, le tour des 10 km2 d’usine est organisé. Il faudra plus de trois heures pour voir le bout de ce site, basé dans la banlieue sud d’Addis-Abeba. Au pas de course.
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« Depuis l’ouverture de notre première unité de filage, fin 2008, nous avons entièrement délocalisé notre chaîne de production ici. », explique Tanju derrière ses lunettes d’architecte. En moins de cinq ans, Ayka Addis est devenue la plus grosse manufacture d’Ethiopie. Dans cette vitrine de la filière textile, les délégations étrangères défilent. Et 6 500 employés s’affairent vingt-quatre heures sur vingt-quatre, dans un brouhaha assourdissant, pour produire jusqu’à 70 000 pièces par jour, empaquetage compris. Exclusivement à destination du marché allemand. Tchibo ou encore certains sous-traitants d’Aldi viennent se fournir en Ethiopie pour l’habillement de base.

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Sur les boîtes de pyjamas et de tee-shirts, il n’est nulle part écrit « Made in Ethiopia ». C’est pourtant bien dans ce nouvel eldorado des manufacturiers que commencent à se bousculer Asiatiques, Européens et Américains, pour se tailler une bonne part du lion éthiopien. Le géant suédois H&M a récemment ouvert un bureau à Addis Abeba, afin d’élargir son réseau de fournisseurs à la Corne de l’Afrique. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Madeleine Rosberg, PDG de l’entreprise de conseil Responsify, qui opère sur toute l’Afrique, connaît bien le marché du textile. « Le gouvernement éthiopien soutient énormément ce secteur, comparé aux autres pays d’Afrique, explique cette Suédoise. Les exonérations de taxes peuvent aller jusqu’à huit ans selon l’importance de l’investissement. La terre, l’eau et l’électricité sont quasiment données. Comparés au Kenya ou la Tanzanie, les coûts de production sont dix fois moins chers en Ethiopie. » Pour le secteur industriel, le prix du kilowatt d’électricité est d’environ 0,04 dollar.

 

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Comme à l’armée

Sur les deux voies cabossées reliant Addis à Djibouti défile jour et nuit une interminable caravane de petits transporteurs, sans cesse freinée par les accidents, les troupeaux de bétail et les perpétuels travaux. C’est cet axe qui voit aujourd’hui passer le plus de fret de tout le pays. C’est aussi sur cette route, à 35 km au sud de la capitale, qu’est implantée l’Eastern Industry Zone, aussi appelée la « ville de la chaussure ». En 2012, l’entreprise chinoise Huajian y a installé ses deux usines, d’où sortent chaque jour 6 000 paires de chaussures en cuir, exportées vers les Etats-Unis pour des marques telles que Guess, Toms, Naturalizer, Marc Fisher, ou encore Clarks… Ce lundi matin, les 3 000 employés de Huajian paradent sur des hymnes à la gloire du géant asiatique.
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Wei Yong Quan, petit homme trapu à la tête de cette armée de travailleurs non qualifiés, aboie des ordres dans son micro. Deux cadres traduisent successivement en anglais, puis en amharique. Les meilleurs employés sont appelés sur l’estrade pour être récompensés, tandis que les plus mauvais sont contraints de s’excuser devant le parterre d’ouvriers. Les soldats, silencieux, préfèrent regarder leurs pieds. Pour Wei Yong Quan, le principal problème dont souffre l’Ethiopie est la qualité de la main-d’œuvre. « Les ouvriers chinois savent travailler très dur. Surtout, ils obéissent au chef d’entreprise. Pour en arriver à ce niveau, il faut plusieurs mois de formation ici. », explique-t-il. Et une séance de thérapie de groupe tous les lundis matins, pour faire rentrer de gré ou de force dans la tête des employés les valeurs du travail à la chinoise. « L’assiduité est aussi un problème. », assène Wei Yong Quan. Pour pallier l’absentéisme, Huajian fait travailler 45 ouvriers sur une unité de production où en Chine il en faudrait 40. Le coût du travail le permet. « En Chine, un ouvrier nous coûterait 450 dollars mensuels. Ici c’est 50 dollars ! » Le calcul coût/ productivité est vite fait. « Entre toutes les aides que nous fournit le gouvernement et le prix de la main-d’œuvre, il est vraiment très intéressant pour nous de délocaliser ici. »

 

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Le plan de développement

Assis derrière son immense bureau, au dernier étage d’un building rutilant, Dr Mebrahtu Meles, ministre de l’Industrie, ne peut qu’approuver. « Nous essayons surtout d’attirer les investisseurs étrangers directs, en leur fournissant toutes sortes d’avantages et en les poussant à exporter. Nous avons besoin des devises qu’ils font rentrer dans le pays pour financer notre développement, mais aussi de leurs transferts de technologies. Enfin, l’industrie du textile ou du cuir, qui demande peu de travail qualifié, nous permet d’endiguer le chômage. » Cette politique du « gagnant-gagnant », impulsée en 2010 par l’ancien Premier ministre Meles Zenawi – décédé en 2012 – et son « Growth and Transformation Plan » (le plan quinquennal de développement), commence à porter ses fruits.
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L’Institut pour le développement de l’industrie textile fournit gracieusement de multiples formations. Du patronage par ordinateur au tissage, en passant par des machines de couture entièrement automatisées, le gouvernement s’est doté de toutes les technologies de pointe et de laboratoires de recherche sur le coton pour pousser le secteur. Son homologue pour le cuir est à quelques encablures, en banlieue d’Addis-Abeba. Tous deux sont des résultantes de ce plan quinquennal de développement. En trois ans, le secteur textile est passé d’une partie négligeable du PIB à près de 2 %. Une centaine de manufactures ont fleuri pendant cette période. Le Growth and Transformation Plan inclut aussi la construction d’un barrage hydroélectrique sur le Nil bleu, d’une autoroute et d’une ligne ferroviaire à destination de Djibouti, afin de désenclaver le pays. Ces projets devraient voir le jour entre 2015 et 2020.


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« Le nouveau Pakistan »

Au plafond des hangars de Huajian, d’immenses bannières rappellent à chaque instant aux employés qu’« être ponctuel », « se concentrer sur l’efficacité » et « obéir aux ordres » est la clé de l’« amitié sino-africaine ». Wei Yong Quan veille au grain, pendant que les Ethiopiens cousent, poncent, cirent et collent des paires de chaussures. Le plus souvent sans masque de protection. 
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Le pays se serre la ceinture, mais le jeu en vaut la chandelle pour Mayur Kothari, patron de l’Indian Business Forum. « Il n’y a aucun doute sur le fait que l’Éthiopie sera un leader dans cette région de l’Afrique, car il y a une population énorme, de bonnes directives, des investissements dans les infrastructures, et une stabilité politique. », détaille-t-il. Addis-Abeba se voit bien remplacer les Tigres asiatiques. « Les ressources naturelles sont immenses. Elles renferment un énorme potentiel de développement pour la filière textile, au point que l’Ethiopie pourrait devenir le nouveau Pakistan. », ajoute Madeleine Rosberg. Avec le plus gros cheptel d’Afrique et 45 millions d’hectares de terres arables pour la production du coton, le pays a toutes les cartes en mains pour devenir le nouveau Lion africain.

 

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L’une des facettes du mondialisme

 

Délocalisation des entreprises et exploitation des plus faibles pour une meilleure rentabilité financière…

 


 

Carte - Ethiopie - Afrique

 

 


 

Source :

http://www.forbesafrique.com/L-Ethiopie-nouvel-eldorado-du-textile_a1096.html

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/02/12/le-made-in-ethiopia-sur-la-voie-du-bangladesh_4864513_3212.html

 

 

 

7 comments

  1. @Aphadolie
    C’est compliqué de parler de l’Afrique sur un blog surtout quand 90% des gens n’y sont jamais allés y travailler…
    (ça c’est pour dire que je ne dirai rien sur l’article, ce serait choquant et trop compliqué à expliquer)

    Par contre, si tu veut faire des articles sur l’Afrique, je te conseille de lire « Jeune Afrique ».
    Personne ne sait (ou très peu) que la Chine a été engagée pour construire une route transaharienne.
    Confrontés aux réalités locales le chantier a manqué d’être abandonné dix fois déjà.

    C’est compliqué l’Afrique surtout pour qui a été lobotomisé aux standards Européens.
    Dans certaines régions que tu sois Turc, Chinois, Occidental ou même Martien, que tu investisses ou pas on s’en fout, il n’y a pas de CRIF et de LICRA.
    Certains échanges ne sont supportés qu’en sens unique quoi qu’on en dise, surtout si on s’attache à la réalité chiffrée !

    Un coopérant blasé m’a appris une réplique :
    « Tu investis en Afrique tu pilles l’Afrique.
    Tu fais du bénévolat en Afrique tu pilles l’Afrique et tu importes ton Occidentalisme.
    Tu ne veut rien avoir à faire avec l’Afrique tu es un salaud qui laisse crever l’Afrique.
    Voilà tout ce que j’ai à te donner comme conseil, une fois que tu as intégré cela tu ne te fais aucune illusion et tu évites de souffrir »

    Aimé par 1 personne

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