Le Nouveau Slogan du Gouvernement : Balance ton Complotiste. L’Appel à la Dénonciation ! – Richard Boutry

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Time : 3 mn 02 / [1/2]

 

Tous les jours Richard Boutry, ancien présentateur sur France Tv et TV5 Monde, vous propose une chronique d‘une minute sur des faits d‘actualité ou des sujets plus intemporels, qu‘il traite avec une patte à la fois journalistique et personnelle.

 


 

Extraits :

« […] dénonciation qui rappelle en France les pires heures de l’histoire. Et dénoncer son père, ses enfants, son voisin de palier ? Mais qu’est-ce qui justifie dans la loi que ces personnes doivent être dénoncées ? Diffamation, règlement de compte personnel ? Mais de qui s’agit-il au juste ? Le mari trompé qui dénonce l’amant, le voisin qui met la poubelle plus à gauche ou le voisin qui passe la tondeuse trop souvent ? Celui qui veut prendre sa retraite à 62 ans au lieu de 65… C’est un complotiste, donc il va être jugé ? Le beau-frère qui roule avec sa vieille voiture diesel donc contre le climat et qui met la température à 20 degrés au lieu de 19 dans son appartement ? Ça va être de la folie totale ! N’importe quel paranoïaque peut être amené aujourd’hui à dénoncer. »

 

« […] donc en gros, contre le régime, puisque l’État on le sait, c’est une institution. Mais les institutions sont-elles bonnes aujourd’hui dans ce monde qu’ils ont voulu kafkaïen ? La confusion est absurde et peut même mener au suicide de la pensée selon les philosophes grecs ; et à la régression… en tout cas en matière de liberté individuelle. Ce glissement vers la surveillance devient vraiment dangereux. »

 

« On rentre dans la manipulation de masse. Avec ce ministère du Mensonge et de la Propagande, c’est devenu véritablement le Politburo, le ministère de la Vérité… Miniver selon Orwell. La police de la pensée qui veillerait au respect de l’ordre. »

 

« Mais un complotiste c’est quoi ? Un ennemi préfabriqué pour obtenir l’adhésion du peuple ? L’ennemi commun à tous en somme ? Non ! C’est tout simplement un homme qui a refusé le dressage, c’est un non-conformiste, c’est un esprit libre. Car ceux qui sont dressés sont malléables à merci […] »

 

« […] aujourd’hui, on veut éliminer les contestataires, ceux qui ne se sont pas laissé briser, pour rendre impossible toute critique de l’État et instaurer une dictature dans un silence assourdissant. »

 

Richard Boutry

 


 

A propos de Richard Boutry :

Richard Boutry, ex-journaliste et présentateur de TF1, Soir 3, France télévision et de la chaîne KTO.

 

Pendant 15 ans à France Tv et TV5 Monde comme présentateur.

 

Il fut également présentateur et journaliste TV chez FranceSoir.

 

Actuellement, il anime son site web « La Minute de Ricardo » ainsi que la chaîne YouTube « Richard Boutry ». Vous pouvez également le retrouver sur Facebook et autres plateformes.

 


 

Sonia Backès, Secrétaire d’Etat : « Le gouvernement va organiser des « assises des dérives sectaires et du complotisme »

 

 

 

Par : Putsch Media

 

Sonia Backès, Secrétaire d’État en charge de la Citoyenneté auprès du Ministre de l’Intérieur et des Outre-mer était l’invitée de BFM TV pour évoquer la lutte contre » les dérives sectaires et le complotisme en mettant un plan d’action concret car nous avons des difficultés sur le signalement. Que fait-on lorsqu’on voit son collègue de travail, son voisin touché par ça. Comment on le signale ? Comment on agit ? »

 

Sonia Backès fait référence donc à deux choses qui semblent très distinctes. D’une part, l’emprise sectaire qui représente aujourd’hui, d’après la Secrétaire d’Etat, « un enjeu majeur de santé publique et de lutte contre le séparatisme ». D’autre part, il semble beaucoup plus difficile d’appréhender avec objectivité la notion de complotisme qui a été l’arme fatale du gouvernement, de certains grands médias et de sachants pour dénigrer de nombreux acteurs de la santé, de la société civile ainsi que certains médias indépendants, jugés complotistes pendant la crise sanitaire.

 

Et c’est en cela que le propos de Sonia Backès s’appuie sur ce rapport de la Miviludes (ici en PDF) [Ndlr : de la page 28 à 30] pour lancer cette idée des « Assises des dérives sectaires et du complotisme ». En préambule, la Miviludes observe les phénomènes sectaires en France « à travers ses agissements attentatoires aux droits de l’homme, aux libertés fondamentales et autres comportements répréhensibles ». Elle « coordonne l’action préventive et répressive des pouvoirs publics à l’encontre des dérives sectaires et contribue à la formation et l’information de ses agents ».

 

Il faut donc aller fouiller du côté de ce rapport et lire le mot du président de la Miviludes, Christian Gravel, pour mieux appréhender ce qu’il se cache derrière ce mot valise de « complotisme » :

 

« La crise sanitaire a constitué un catalyseur à travers une prolifération de nouveaux acteurs, plus discrets, maîtrisant le web et ses codes, sachant contrôler les esprits, en exploitant les peurs, la perte de repères, la recherche de solutions simples face à des questionnements existentiels, par définition complexes. Les délinquants experts en manipulation savent, pertinemment, instrumentaliser les vicissitudes de nos concitoyens. Les narrations – souvent teintées de conspirationnisme – ainsi que les modes opératoires et les secteurs concernés s’adaptent aux évolutions du contexte, en exploitant systématiquement les angoisses ou les failles de trajectoires personnelles pouvant concerner chacun d’entre nous. Rappelons que ces phénomènes d’emprise à caractère sectaire touchent l’ensemble des catégories sociales et du territoire national. »

 

 

Un peu plus loin, on peut lire dans ce rapport à la page 20 :

 

« S’il est vrai qu’un grand nombre de victimes de ces dérives est parfaitement inséré dans la société et sans difficultés particulières, il est aussi indéniable que la crise engendrée par la COVID-19 a déstabilisé de nombreuses personnes en perte de repères dans une société complexe, interconnectée où l’information côtoie la désinformation. La MIVILUDES s’est retrouvée confrontée à des saisines, reflet d’une véritable crise sociale teintée d’isolement, de questionnements, de colères et de craintes ».

 

 

Ainsi, apparaît l’opposition entre information et désinformation qui précise l’objectif de ce rapport à cerner ce qu’est le complotisme, terme abordé dans la seconde partie du rapport, et présenté comme « une notion voisine » du sectarisme. La première partie traite surtout de médecines non conventionnelles, d’initiatives associatives séparatistes, ou de situations de vulnérabilité dont profiteraient des « gourous » ou « coachs » en tout genre. Ce rapport pointe aussi directement les réseaux sociaux comme principaux accélérateurs de ces « dérives sectaires ».

 


 

Time : 39 s / [2/2]

 


 

Dans ce rapport, la notion de complotisme est abordée en ces termes dans la seconde partie :

 

« Le complotisme est un mode de pensée antisystème qui s’appuie sur des arguments non falsifiables, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent être ni prouvés ni récusés, ou sur une vérité partielle, soumise à une interprétation rationnelle mais erronée (…) À ces biais cognitifs, une explication sociologique peut également être avancée. En effet, d’un point de vue sociopolitique, les théories complotistes constituent un discours de revanche contre les élites et contre le système socio-économique dans lequel l’individu vit. Plus celui-ci est indigné de sa situation, plus il trouvera un écho à sa colère dans le complotisme. Si le système est perçu comme injuste, la théorie venant le discréditer sera accueillie positivement. Plus généralement, le manque de confiance dans les élites dirigeantes et le sentiment d’une prétendue opacité de la vie publique ébranlent fortement la confiance de l’individu envers les institutions. Celles-ci sont alors considérées comme immorales et illégitimes ».

 

 

Néanmoins, les auteurs de ce rapport se dépêchent de préciser que :

 

« Il convient tout de même de souligner que chacun peut déterminer lui-même le contenu de ses représentations intellectuelles et politiques. Tout individu a le droit de douter, de s’interroger, surtout en cette période de crise sanitaire doublée d’une crise sociale. Cela relève de la liberté de pensée garantie tout aussi bien par l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen que par l’article 9 de la convention européenne des droits de l’homme. L’État se doit donc de respecter une neutralité pour permettre l’exercice de cette liberté, y compris lorsqu’il fait l’objet de critiques. »

 

 

Enfin, la MIVILUDES s’empresse de préciser que :

 

« L’adhésion aux thèses complotistes relève donc d’abord de la croyance. La MIVILUDES ne les juge aucunement et n’a pas compétence pour les valider ou les certifier mais estime dans un second temps que ce sont donc uniquement les conséquences préjudiciables sur les individus que ces croyances peuvent engendrer qui sont seules répréhensibles et sanctionnables en droit, et sur lesquelles la MIVILUDES a autorité pour révéler leur dangerosité. Ainsi, s’il est vrai que toutes les théories du complot ne sont pas dangereuses, certaines peuvent toutefois présenter des risques pour la
population.
 »

 

 

Poussant plus loin l’étude de ce rapport, on peut noter dans le tableau page 38 qui fait « état des principaux sujets d’inquiétude relevés dans les saisines traitées par la MIVILUDES en 2021 » apparaît la notion d’antivax qui auraient déclenché 148 saisines arrivant ainsi en 3ème position après la santé et le développement personnel.

 

En l’état, ce rapport entretient volontairement un flou sur les notions de dérives sectaires et de complotisme qu’il tente d’articuler pour accentuer l’urgence à agir, à légiférer, à réguler et en creux à permettre à la justice de saisir plus fermement « un enjeu majeur de santé publique et de lutte contre le séparatisme » pour lequel s’inquiète la Secrétaire d’Etat, Sonia Backès.

 


 

Dans ce rapport, on notera aussi que le fait de critiquer la société dans laquelle on évolue, contester les décisions d’un gouvernement ou déplorer la situation économique du pays pourrait constituer une dérive vers le complotisme.

 


 

A la lecture de ce rapport, il n’apparaît clairement aucune frontière bien définie entre la liberté de pensée garantie tout aussi bien par l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen que par l’article 9 de la convention européenne des droits de l’homme, et l’accusation de complotisme. Cet aspect n’est d’ailleurs pas abordé dans le cadre de la liberté d’informer. Si un média décide de publier un article sur un sujet sanitaire pour poser une série de questions : est-ce une volonté de complotisme pour « tromper ses lecteurs » ou tenter de fouiller un sujet pour comprendre et obliger l’Etat à se justifier sur les décisions prises et les actions engagées ? Dans ce rapport, cette réponse cruciale et fondamentale pour la liberté de pensée est absente et laisse une nouvelle fois la porte grande ouverte pour une foule de questions, dont les réponses peuvent générer légitimement des inquiétudes profondes.

 

Putsch Media

 


 

A propos de Nicolas Vidal :

Nicolas Vidal est le fondateur et rédacteur en chef du média Putsch Media, un site d’actualité culturelle et politique adapté aux nouveaux usages et publié quotidiennement.

 

Né à Nîmes en 1980, Nicolas Vidal a suivi un double cursus partiel Philosophie et Histoire à l’université Paul-Valéry de Montpellier. Il est ensuite parti étudier aux États-Unis où il a vécu la révolution de la culture web, particulièrement concernant les usages dans le monde des médias. C’est lors de son séjour aux États-Unis que lui vient l’idée de créer un média numérique alliant culture et web. Approche novatrice, son média est créé comme une marque à part entière, reposant sur la plus-value du contenu proposée aux lecteurs.

 

Élevé dans un environnement familial fait de livres, de lecture de la presse, il se lance dans des études de lettres au Lycée à Nîmes puis prend les chemins de la faculté où il étudie tour à tour la philosophie et l’histoire. Lassé de l’enseignement et des bancs de la faculté, il en sort pour lancer sa maison d’édition à 20 ans à Montpellier avec le postulat de découvrir de nouveaux et jeunes auteurs.

 


 

Source :

https://putsch.media/20221103/actualites/societe/video-sonia-backes-secretaire-detat-le-gouvernement-va-organiser-des-assises-des-derives-sectaires-et-du-complotisme/

 

Article :

Putsch Media

 

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Voir notamment du Dr Nicole Delépine :

Le nouveau slogan du gouvernement : tous dénoncés, tous protégés

 

Vidéo :

[1] Richard Boutry En Direct 5 Nov Balance ton complotiste : l’appel à la dénonciation ! – Richard Boutry / YouTube

[2] Sonia Backès (@SoniaBackes) annonce que le gouvernement va organiser des « assises des dérives sectaires et du complotisme » – BFMTV / Twitter

 

Photo :

Pour illustration

12 commentaires

  1. Nous avons subi, et subissons et subirons encore, bien des dégâts de la part de ce gouvernement de psychopathes. Balance ton complotiste, c’est peut-être ce qui se prépare de plus grave. La dénonciation et la délation, de, par, avec les citoyens. Pouah !

    1. Bonsoir Christine,

      Cela promet ! Il y avait déjà eu de nombreux cas de délation lors des confinements, etc… lorsque la manipulation étatique battait son plein lors du Covid (milieu de la ‘crise sanitaire’) : McKinsey et consorts obligent.

      Je te cite : « Nous avons subi, et subissons et subirons encore, bien des dégâts de la part de ce gouvernement de psychopathes. »,

      Réponse : c’est une certitude. Tout du moins pour moi.

      Merci pour ton mail Christine et désolé de répondre toujours en décalage.

  2. « Il convient tout de même de souligner que chacun peut déterminer lui-même le contenu de ses représentations intellectuelles et politiques. Tout individu a le droit de douter, de s’interroger, surtout en cette période de crise sanitaire doublée d’une crise sociale. Cela relève de la liberté de pensée garantie tout aussi bien par l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen que par l’article 9 de la convention européenne des droits de l’homme. »

    Ah, « tout de même »… Il faut remercier les auteurs de ce rapport pour ce « tout de même » qu’ils feraient presque oublier. Pour résumer, on a donc : oui mais non mais oui mais non… Une énième belle, si belle illustration de la loi pénale « claire, précise et intelligible » qui permet de dire à son sujet tout et son contraire. Et c’est surtout en cette période de « crise » que tout individu a le droit de douter etc., cette période-là qui impose aux pouvoirs publics, selon ce même rapport, d’être particulièrement vigilants, c’est-à-dire répressifs, vis-à-vis de toutes formes de manipulations mentales. Au fond, il y a donc ceux qui ont le droit et ceux qui sont manipulés et ce n’est pas de leur faute, donc il faut sévir. Puisque ce n’est évidemment pas « en même temps » pour les mêmes, ce « tout de même » : ce « tout de même », c’est en fait pour les fonctionnaires de la Miviludes. Eux ne sont pas manipulables, fragiles, dans le doute, impressionnables, voire manipulateurs, prédateurs, sectaires. Car eux ils sont payés par le gouvernement, c’est toute la différence avec le vulgaire pékin (vulgum pecus), qu’il faut protéger des « délinquants » qui propagent des paroles et des mots, oui, mesdames et messieurs, des paroles et des mots comme autant de chaînes pour la pensée libre qui plane dans l’éther administré. Tout de même. Ou est-ce plutôt « quand bien même » ? Quand bien même l’article 10 et l’article 9 disent ceci et cela, nous, nous, nous, nous pourchassons les délinquants, tous ceux qui croyaient que ces articles protégeaient leurs opinions délinquantes et leurs mots qui tuent. Car les mots tuent, au cas où l’on ne vous l’aurait pas appris. C’est la liberté d’expression mais « tout de même » des mots qui tuent. Mais si les mots tuent, pourquoi nous faire croire à la liberté des mots ? Quand des articles juridiques sont dans la catégorie « tout de même », c’est qu’ils n’existent pas.

      1. Merci. Permettez-moi de poursuivre dans l’analyse de ce grand moment de philosophie cartésienne (de Descartes, le philosophe qui a longuement disserté de la glande pinéale), le rapport de la Miviludes.

        « Le complotisme est un mode de pensée antisystème qui s’appuie sur des arguments non falsifiables, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent être ni prouvés ni récusés, ou sur une vérité partielle, soumise à une interprétation rationnelle mais erronée. »

        Les « arguments non falsifiables », qui « ne peuvent être ni prouvés ni récusés », sont un emprunt à la thèse de Karl Popper selon laquelle, en gros, la science se fonde sur des arguments falsifiables, tandis que le marxisme et le freudisme s’appuieraient quant à eux sur des arguments non falsifiables. Une thèse parfaitement saugrenue. Eysenck a surabondamment récusé les arguments du freudisme, par exemple, et bien d’autres après lui : on peut ainsi écarter le complexe d’Œdipe du point de vue darwinien, par l’absurde : si le complexe d’Œdipe existait, les personnes qui en souffrent auraient un moindre succès reproductif, compte tenu de la moindre viabilité de la descendance des couples consanguins, donc le complexe disparaîtrait : un tel complexe ne pourrait avoir la moindre réalité que si l’évolution favorisait les couples consanguins, or c’est le contraire qui se produit, la théorie de l’évolution s’oppose à la fixation dans une espèce du désir consanguin (Thornhill & Palmer, 2000), et l’idée que chaque individu, au sein d’une espèce, devrait surmonter une tendance naturelle opposée à son intérêt reproductif n’a pas le moindre sens évolutitionniste, de sorte que, au final, ou bien le freudisme (le complexe d’Œdipe) est vrai et la théorie de l’évolution est fausse ou bien l’inverse. Cette discussion n’a lieu que pour montrer que le freudisme, qu’on veuille l’appeler une science ou non, est complètement susceptible d’être ou bien récusé ou bien prouvé, comme n’importe quel ensemble de propositions, de quelque nature qu’elles soient. Mais les fonctionnaires de la Miviludes ne pensent pas : pour eux, Karl Popper a posé une vérité d’école, il existe des arguments non falsifiables et la messe est dite. Que le gouvernement ait nié l’utilité des masques quand il n’y avait pas de stocks de masques dans le pays (en dépit des mesures adoptées à la suite des épisodes de grippe aviaire et porcine qui exigeaient la constitution de stocks de masques) puis qu’il ait imposé le port du masque dans l’espace public une fois seulement que des stocks furent constitués, serait un argument non falsifiable ? Ce que nous disent, au fond, ces fonctionnaires, c’est que le gouvernement et son appareil répressif ont trouvé l’argument idéal pour supprimer toute forme de débat sérieux, à savoir qu’il existe des arguments non falsifiables qui, en tant que tels, ne pouvant être ni prouvés ni récusés, ne doivent jamais entrer dans le moindre débat. Le gouvernement aurait ainsi pour mission de traquer les arguments non falsifiables ne devant pas entrer dans le débat. Or, mesdames et messieurs, les arguments non falsifiables n’existent pas, et le gouvernement traque un fantôme. La Miviludes se trompe lourdement si elle pense que son misérable argument des propositions non falsifiables a le moindre poids.

        Si, par conséquent, le « complotisme » requiert, pour exister, des arguments non falsifiables, il n’y a pas de complotisme, seulement une autorité administrative en roue libre qui ne sait plus quoi produire pour protéger le gouvernement de la critique.

        Quant aux « vérités partielles », que la Miviludes décrit dans cet extrait de manière vague et d’ailleurs contradictoire (de quelle manière une interprétation rationnelle peut-elle être erronée ? seulement si l’on donne au sens de rationnel un sens très large, comme lorsque l’on décrit l’homme comme un animal rationnel, c’est-à-dire que la raison n’empêche pas de se tromper, mais alors c’est du bavardage puisqu’une interprétation de l’esprit humain, erronée ou pas, est toujours rationnelle puisque l’homme est un animal rationnel), elles appellent la même réponse. Si la Miviludes donne des exemples de ce qu’elle avance, je me fais fort de lui prouver que ce ne sont ni des arguments non falsifiables mais des arguments ou bien corrects ou bien erronés, ni des vérités partielles mais ou bien des vérités ou bien des erreurs.

      2. Merci. Une précision sur la dernière phrase : Je ne prétends pas juger de la vérité de n’importe quelle proposition, cela demanderait d’être omniscient, il s’agit simplement de montrer les conditions dans lesquelles on peut juger d’une proposition.

      3. Bonsoir,

        Désolé de valider votre dernier commentaire que maintenant. Je vous remercie pour ce complément.

        Cordialement.

  3. Un dernier mot sur les « vérités partielles ». Quand de prémisses justes on tire une conclusion fausse, il s’agit non pas d’une vérité partielle mais d’un argument faux. Le problème, quand une mission interministérielle emploie ce genre de langage, c’est non seulement que l’administration d’un État supposé pluraliste se permette de juger de la vérité en dénonçant certaines formes d’expression comme des vérités seulement « partielles », ce qui signifie qu’elle peut aussi en dénoncer d’autres comme entièrement fausses, et d’autres encore, ou les mêmes, comme dangereuses, mais aussi que l’administration pourrait écarter toute forme d’expression comme une vérité partielle sur le fondement des secrets qu’elle possède et qui ne sont pas divulgués au public : en effet, le gouvernement qui ne renonce pas à la raison d’État a les meilleures raisons du monde de dire que le public ne sait pas et doit donc se taire. Or ce même État nous assure qu’il défend notre liberté d’expression.