Landes : La Vidéo Que La Filière Bois Voulait Eviter – Canopée, Forêts Vivantes

Publié par

Time : 11 mn 13 / [1/3]

 

Le Secrétaire Général du Syndicat des Sylviculteurs du Sud-Ouest (SYSSO), M. Eric Dumontet, nous avait promis un débat en forêt. Il n’a pas tenu promesse : erreur !

 

Au-delà de l’humour, nous abordons la question de l’adaptation des forêts aux changements climatiques.

 

Faut-il, comme le demande une partie de la filière, remplacer nos forêts par des plantations de pin maritime ? Quelles sont les vraies raisons derrière cette idée ? N’y a-t-il pas des solutions plus subtiles ?

 

Canopée explore tout ça avec un ingénieur de recherche de l’INRA, Alexis Ducousso, aux bords du Ciron dans les Landes !

 


 

 

 

Alors qu’il s’était engagé à venir débattre avec nous sur le terrain, Mr Dumontet, un responsable de la filière forêt bois landaise s’est finalement désisté puis a tenté de censurer notre compte Twitter. Mauvaise idée.

 

Nous sommes allés promener son « double » en carton sur ces coupes rases qu’il ne veut pas voir. Une rencontre avec des militants de « Landes Nature Environnement » qui tentent de protéger les dernières forêts de feuillus de la région et avec Alexis Ducousso, un ingénieur de recherche de l’IRSTEA, pour découvrir l’extraordinaire hêtraie relique qui borde le Ciron, menacée par l’extension des monocultures de pin maritime.

 

Dans quelques mois, une consultation publique permettant de réviser les règles encadrant la gestion sylvicole des forêts privées va s’ouvrir: pour soutenir notre demande de mettre fin aux coupes rases dans les forêts feuillues landaises, vous pouvez signer notre pétition.

 


 

Time : 5 mn 07 / [2/3]

 

FOREXPO, c’est le salon de l’industrialisation forestière.

 

« Alliance Forêts Bois », la plus grosse coopérative forestière française, sponsorise ce salon et y tient un stand. Le modèle d’exploitation « d’Alliance », c’est trop souvent la coupe rase suivie d’une plantation en monoculture.

 

Canopée combat ce modèle destructeur pour le vivant et irrespectueux des préférences locales des citoyens.

 

Nous nous sommes donc invités à la remise du trophée de la machine forestière de l’année pour remettre, nous aussi, un trophée… très spécial !

 


 

LE BILAN CACHÉ DU PLAN DE RELANCE EN FORÊT

 

 

 

Dans le cadre du plan « France Relance », le gouvernement a fléché 200 millions d’Euros vers la filière forêt-bois. L’objectif affiché : aider les forêts à s’adapter au changement climatique. Nous révélons dans notre enquête que cet argent public a en vérité principalement financé des coupes rases et la plantation de douglas. Le plan de relance a donc surtout permis de subventionner l’industrialisation de la gestion forestière.

 

Lire le rapport : Planté ! Le bilan caché du plan de relance forestier [1]

 

 

Les points clé du rapport

 

  • 87% des projets financés par le plan de relance en forêt privée sont des coupes rases.

 

  • Dans 83% des cas, le plan de relance permet des plantations en monoculture. Dans les 17% restants (lorsqu’une parcelle fait plus de 10 hectares), il n’exige qu’une très faible diversification.

 

  • Le douglas est l’arbre le plus planté grâce au plan de relance. Cet arbre n’est pas particulièrement bien adapté au changement climatique : c’est surtout l’arbre parfait pour industrialiser davantage la gestion forestière.

 

 

Des études de cas

Pour illustrer nos critiques, nous présentons quatre études de cas. La première d’entre elles, présentée également dans la vidéo ci-dessous, montre comment une forêt saine et intéressante d’un point de vue sylvicole est rasée par la coopérative CFBL (Coopérative Forestière Bourgogne Limousin) pour être replacée par une plantation, de douglas principalement.

 

 

Un plan d’adaptation aux besoins des industriels

Planter massivement des arbres : stratégie d’adaptation au changement climatique ou cadeau aux industriels ?

 

Le plan de relance vise à planter 50 millions d’arbres en deux ans. Le chiffre peut paraître impressionnant, mais la forêt n’a pas besoin de l’homme pour pousser : si planter des arbres en forêt peut parfois être une solution face à un constat d’échec, il s’agit aussi d’une stratégie d’industrialisation de la gestion forestière.

 

En effet, ce qui distingue la forêt de l’agriculture est que les forêts sont des écosystèmes, qui n’ont pas besoin de l’action humaine pour se renouveler. La gestion forestière s’appuie sur la dynamique naturelle de l’écosystème, et cherche à produire et à récolter des grands arbres arrivés à maturité, dont le prélèvement va ouvrir un puits de lumière permettant aux jeunes pousses du sous-bois de prendre le relais, ou aux autres arbres d’accéder à la canopée. Lorsque le forestier doit planter, c’est parce qu’il considère que la régénération naturelle n’est pas suffisante en quantité ou en qualité. Comme nous l’expliquons dans une tribune dont nous avons coordonné la rédaction avec plus de 600 scientifiques et acteurs de la filière forêt-bois, l’accent mis sur la plantation d’arbres est un moyen de se détourner du principal enjeu : « Une stratégie d’adaptation prometteuse et efficace est d’abord d’essayer d’accompagner et d’améliorer les peuplements en place à chaque fois que cela est possible ». Mais ces stratégies fines ne conviennent pas aux grandes coopératives forestières.

 

 

Les coopératives forestières : où est le problème ?

Les coopératives forestières sont des entreprises jouant un rôle central dans la filière forêt-bois.

 

Historiquement, les coopératives ont été rattachées à un territoire précis et circonscrit. Leur rôle était celui d’un conseiller aux propriétaires, qui « se partageaient » ainsi un conseiller.

 

 

Le marché est aujourd’hui dominé par cinq grandes coopératives forestières :

 

  • Alliance Forêts Bois.

 

  • La Coopérative Forestière Bourgogne Limousin (CFBL).

 

  • Forêts et Bois de l’Est et Nord-Seine Forêt.

 

 

La coopérative « Alliance Forêts Bois », à l’origine landaise (la coopérative agricole et forestière du sud-atlantique, CAFSA) est par exemple le résultat de la fusion successive de 18 coopératives locales. Aujourd’hui, « Alliance » compte plus de 650 salariés, affiche un chiffre d’affaires de 198 millions d’Euros et s’étend de Bayonne à la Normandie. Cette concentration pose problème, car elle conduit à une uniformisation des itinéraires techniques préconisés, qui reposent sur les principes du modèle de la sylviculture landaise : des coupes rases suivies de plantations.

 

La place des coopératives forestières devient hégémonique au sein de la filière bois : « Alliance » possède par exemple des entreprises de l’amont et de l’aval de la filière. La coopérative possède des parts dans des pépinières (FORELITE, SCEA Berdillan), des scieries (CBS), mais aussi des entreprises de fabrication d’engins (La Landaise) ou d’entreprises de transport (Castagnet- Duméou).

 

De plus, les coopératives effectuent certes toujours du conseil, mais elles effectuent également des travaux (de coupe ou de plantation), et achètent le bois de leurs clients. C’est généralement le même technicien de secteur qui conseille les propriétaires, achète les bois et facture les travaux.

 

Le propriétaire forestier est aujourd’hui captif de la coopérative, du plant à la planche : un modèle qui reproduit celui constaté dans l’agriculture.

 

Il résulte de ces évolutions que les coopératives forestières ont un intérêt économique à conseiller aux propriétaires des travaux lourds : ainsi, elles peuvent facturer ces travaux, l’éventuelle plantation qui s’en suit, et diriger une activité économique vers les pépinières, scieries, entreprises de fabrication d’engins et de transport qu’elles possèdent.

 

 

Le manque de transparence

« Tous les projets sont par définition publics. Moi, je ne cache rien. C’est d’une transparence totale. ». Les mots du ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, prononcés le 22 décembre 2020 lors d’une question posée par Canopée à propos du plan de relance, font aujourd’hui l’effet d’une promesse non tenue.

 

Malgré 8 demandes écrites d’accès à la liste des parcelles bénéficiant du plan de relance adressées au Ministère, cette liste ne nous a pas été transmise.

 

Les grandes coopératives forestières, comme par exemple « Alliance Forêts Bois », n’ont pas non plus souhaité communiquer la liste des parcelles pour lesquelles elles ont reçu de l’argent public.

 

Pour réaliser cette enquête, nous nous sommes donc basés sur une trentaine d’entretiens avec des professionnels de la filière forêt bois, des agents de l’ONF, des élus locaux ou des fonctionnaires.

 

 

Nos propositions pour améliorer les subventions publiques

Si Canopée critique le plan de relance, l’objectif est bien de montrer ses failles pour que les futures subventions publiques soient mieux conditionnées. Voici nos recommandations :

 

 

⇒ Soutenir une sylviculture d’amélioration et de réduction de la vulnérabilité des peuplements existants.

 

  • A chaque fois que cela est possible, il est préférable de maintenir l’ambiance forestière pour protéger les sols et le microclimat forestier. Dans de nombreuses situations, des peuplements pauvres ou vulnérables peuvent être améliorés par des travaux sylvicoles à faible impact, et, le cas échéant, par des plantations d’enrichissement.

 

  • Mettre en place de façon systématique un volet adaptation et biodiversité dans les documents de gestion en forêt privée et publique.

 

  • Encourager, par une fiscalité verte et des éco-conditions aux aides publiques, les travaux d’amélioration des peuplements existants et permettant de conserver l’ambiance forestière, de protéger les sols, de diversifier la composition en essences et la structure des peuplements.

 

  • Encadrer strictement les coupes rases, et les limiter aux seules situations de crises sanitaires lorsqu’aucune autre alternative n’est possible.

 

 

Ne pas introduire d’espèces exotiques invasives ou porteuses de pathogènes.

 

  • La création d’îlots d’avenir au sein des peuplements existants doit être mieux encadré sur l’introduction d’espèces exotiques par une analyse de risques, et il faut favoriser plutôt des tests in-situ de nouvelles provenances d’essences déjà ou potentiellement présentes.

 

 

⇒ Renforcer la recherche.

 

  • Dans un contexte de forte incertitude, il est indispensable de renforcer la recherche forestière, en particulier pour mieux comprendre les mécanismes de résilience des écosystèmes, la plasticité des essences ou le fonctionnement des sols forestiers.

 

 

⇒ Renforcer l’accompagnement des propriétaires, l’observation sur le terrain et les dispositifs de suivi sanitaire.

 

  • Les effectifs du Centre National de la Propriété Forestière (CNPF) et de l’Office National des Forêts (ONF) doivent être renforcés. Le Département de la Santé des Forêts (DSF) a développé avec ses partenaires (ONF et CNPF) des outils et systèmes de suivis performants. Pour construire une gestion adaptative face au changement climatique, ces outils doivent être développés et leur utilisation doit être facilitée par un renforcement des formations des propriétaires et gestionnaires forestiers.

 

 

La réponse de la CFBL

Avant publication de notre rapport, nous avons envoyé chaque étude de cas mentionnée dans le rapport aux entreprises concernées.

 

La « Coopérative Forestière Bourgogne Limousin » nous a fait parvenir sa réponse, que nous partageons ici : « Parcelle AP 97 à Doranges » [2].

 

Nous remercions la « CFBL » pour sa réponse et le dialogue ainsi entamé. En revanche, nous ne partageons pas les constats mentionnés dans cette réponse, ni les choix de sylviculture qui ont été faits par la suite. Nous sommes ouverts à une visite sur le terrain avec des représentants ou représentantes de la « CFBL » pour discuter plus amplement de la gestion des peuplements qui entrent dans la catégorie « peuplements pauvres » du plan de relance.

 


 

Time : 8 mn 45 / [3/3]

 

Notre enquête sur le plan de relance du gouvernement, présenté comme un plan d’adaptation des forêts au changement climatique, montre qu’il sert en réalité surtout à rendre service aux industriels de la filière bois.

 

Dans 87% des cas, les opérations financées sont des coupes rases. La grande majorité des projets permet de planter des monocultures. L’arbre le plus planté est le douglas, mal adapté au changement climatique mais parfait pour l’industrialisation de la gestion forestière.

 

Nous vous emmenons en Auvergne, dans le Livradois, pour vous montrer un projet mené par la « CFBL » (Coopérative Forestière Bourgogne Limousin). Une forêt saine et prometteuse y est coupée à ras, pour être replacée par une plantation, principalement de douglas.

 

Cette vidéo aborde aussi quelques notions de sylviculture à couvert continu, grâce à la gestionnaire forestier indépendante Virginie Monatte, qui présente ici l’alternative à la coupe rase.

 

Pour en savoir plus, voici le lien vers notre rapport complet sur le plan de relance, chiffré et sourcé : https://www.canopee-asso.org/wp-content/uploads/2022/03/Canopee_Bilan-Plan-de-relance.pdf

 

MISE A JOUR IMPORTANTE :

Suite à des échanges avec la « CFBL », cette vidéo a été légèrement modifiée. Nous avons choisi de supprimer une expression, qui contrariait fortement la « CFBL ». La phrase en question se situait entre les minutes 6:39 et 6:40, entre les mots « La question qu’il faut se poser, c’est : pourquoi ? » et « Le responsable, c’est la « CFBL » ». Cette phrase était : « A qui profite le crime ? ».

 

Le contexte : un engin forestier de la « CFBL » a été incendié le lendemain de la parution de cette vidéo. Un communiqué de l’Union des Coopératives Forestières (CFBL) a alors été publié : https://lescooperativesforestieres.fr/actualites/les-cooperatives-forestieres/menaces-de-mort-agressions-incendies-criminels-les-cooperatives-forestieres-disent-stop/

 

Ce communiqué semble établir un lien entre Canopée et l’incendie de cet engin, mais aussi entre Canopée et des menaces de mort. Ces insinuations sont graves et inacceptables. Notre réaction : https://youtu.be/IYi0-zfru8g

 


 

Sauvons les dernières forêts vivantes du massif landais

 


 

Source :

https://www.canopee-asso.org/coupes-rases-la-video-qui-derange-la-filiere-bois-landaise/

https://www.canopee-asso.org/sauvons-les-dernieres-forets-vivantes-du-massif-des-landes/

https://www.canopee-asso.org/wp-content/uploads/2022/03/Parcelle-AP-97-a-Doranges-communication-Canopee.pdf

https://www.lejdd.fr/Societe/assises-nationales-de-la-foret-et-du-bois-lalerte-de-600-scientifiques-associatifs-et-acteurs-du-secteur-4087893

https://lescooperativesforestieres.fr/actualites/les-cooperatives-forestieres/menaces-de-mort-agressions-incendies-criminels-les-cooperatives-forestieres-disent-stop/

 

Dossier : https://www.canopee-asso.org/nos-campagnes/forets-francaises-vivantes/

 

Article :

Sylvain Angerand / Canopée Forêts Vivantes

Bruno Doucet / Canopée Forêts Vivantes

 

Pétition :

https://www.canopee-asso.org/sauvons-les-dernieres-forets-vivantes-du-massif-des-landes/

 

Référence :

[1] https://www.canopee-asso.org/wp-content/uploads/2022/03/Canopee_Bilan-Plan-de-relance.pdf

[2] https://www.canopee-asso.org/wp-content/uploads/2022/03/Parcelle-AP-97-a-Doranges-communication-Canopee.pdf

 

Note personnelle :

Etant inscrit sur « Canopée Forêts Vivantes » et trouvant leurs actions pour la nature et contre le lobbying… une cause juste et nécessaire ; je partage ci-dessous l’essentiel du mail que l’association m’a adressé ce jour. Courriel que j’ai repris en partie dans cette publication et que vous pouvez faire suivre si vous vous sentez concernés pour le vivant : NOS FORÊTS (entre autre).

 

E-mail : jeudi 31 mars 2022

Canopée : sylvain.angerand@canopee-asso.org

 

Procès, blocage de nos comptes, diffamation : la filière forêt bois veut nous faire taire. En vain.

 

Procès, blocage nos réseaux sociaux, diffamation, basses manœuvres pour nous marginaliser : certains, au sein de la filière forêt-bois, ne ménagent pas leurs efforts pour tenter de nous faire taire. En vain. On vous explique tout.

 

Un procès pour nous bâillonner.

 

Demain, nous serons en procès. Notre crime ? Avoir promené une silhouette en carton d’un responsable de la filière bois au milieu de forêts rasées dans les Landes.

 

Ce même responsable s’était pourtant engagé, face caméra, à venir débattre avec nous sur le terrain lors d’une précédente action.

 

Finalement, il s’est déballonné. Bien sûr, on aurait pu en rester là… mais c’est bien mal nous connaitre. Car ce qui est en jeu est important : la préservation des dernières forêts de feuillus du massif des Landes, et notamment une incroyable forêt de hêtres, plus ancienne que la grotte de Lascaux. Ces derniers lambeaux de forêts ont une valeur écologique inestimable. Ils sont pourtant grignotés peu à peu par la monoculture de pins.

 

Après avoir tenté de bloquer notre compte Twitter, ce responsable de la filière forêt-bois nous intente aujourd’hui un procès pour supprimer cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=47k9vhz08Y8 , de notre compte. Il nous demande 20 000€ de dommages et intérêts : un véritable procès pour nous bâillonner. Mais nous ne nous laisserons pas faire.

 

Deux trucs simples à faire pour nous soutenir : le premier, nous aider à payer nos frais d’avocats : https://canopee-asso.iraiser.eu/b/mon-don?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_content=don&utm_campaign=newsletter-mars-2022

 

Soyons clairs, pas de pression : chacun fait ou ne fait pas en fonction de ses moyens.

 

 

#1. Nous appuyons là où ça fait mal

Si l’on dérange, c’est parce que nous menons un travail de fond, toujours solidement étayé scientifiquement. Pendant un an, nous avons enquêté sur l’utilisation qui a été faite de l’argent du plan de relance pour les forêts. Et ce que nous avons découvert fait franchement tache.

 

Un exemple : alors que ce plan était censé aider les forêts à s’adapter aux changements climatiques, il a surtout consisté à planter massivement du douglas, en monoculture ou presque, au bénéfice des grandes coopératives forestières. Un comble quand on sait que le douglas est peu adapté à un climat qui se réchauffe. Pour en savoir plus, vous pouvez lire notre rapport « Planté ! Le bilan caché du plan de relance ».

 

Et si vous êtes un peu découragé à l’idée de lire un rapport de 48 pages, vous pouvez commencer par cette vidéo de Bruno : https://www.youtube.com/watch?v=iRhMjCqEkkc : la preuve en images que ce plan de relance a financé la coupe rase abusive de forêts.

 

Il y a quelques jours, l’Union des Coopératives Forestières Françaises a diffusé un communiqué de presse établissant un lien indirect entre Canopée et des menaces de mort, des agressions et l’incendie d’un engin forestier. Le but : nous discréditer. Classique. Notre réponse en vidéo démonte soigneusement cette stratégie et explique notre choix de la non-violence : https://www.youtube.com/watch?v=IYi0-zfru8g

 

 

#2. Une mobilisation qui grandit

Aujourd’hui, vous êtes 217 343 personnes à nous lire et à participer à nos actions. Et ça, c’est insupportable pour les représentants « officiels » de la filière forêt-bois. Derrière une unité de façade se cachent, en réalité, des intérêts et des réalités très différentes : beaucoup d’acteurs ne se retrouvent plus dans les dérives actuelles de quelques-uns et souhaitent un changement de cap. C’est ce que prouve notre tribune co-signée par plus de 600 acteurs de la filière, scientifiques ou militants associatifs : https://www.lejdd.fr/Societe/assises-nationales-de-la-foret-et-du-bois-lalerte-de-600-scientifiques-associatifs-et-acteurs-du-secteur-4087893

 

Partout dans les territoires, nous sommes de plus en plus nombreux à nous intéresser à la forêt et à vouloir débattre de son avenir. C’est ce que prouve également le succès du rassemblement de l’appel pour des forêts vivantes à Nestier : https://reporterre.net/Les-luttes-contre-l-industrialisation-de-la-foret-s-organisent

 

Les médias suivent aussi : ils nous contactent et s’intéressent à la forêt, avec des articles de fond comme dans Le Monde : https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/03/17/dans-les-forets-landaises-les-coupes-rases-ont-toujours-la-cote_6117825_3244.html

 

…ou des reportages de qualité comme sur France Inter : https://www.franceinter.fr/emissions/interception/interception-du-dimanche-06-fevrier-2022

 

Et ça, c’est insupportable pour ceux qui se présentent comme les « sachants », pour ceux qui prétendent sortir de l’ignorance ces citoyens (vous) à grand renfort de campagnes de pédagogie.

 

Mais ça n’est pas tout.

 

 

#3. Des premiers résultats

« D’abord ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez ».

 

Si la filière commence à paniquer, c’est parce que nous faisons bouger les lignes. En 2021, nous avons fait un petit bilan : 310 parlementaires de tous bords politiques ont défendu au moins un de nos amendements pour mieux gérer et protéger les forêts.  Malheureusement, tous ces efforts n’ont pas permis de changer les lois autant qu’il le faudrait. Mais cela pèse, et cela commence à dessiner une ligne de fracture entre les bonnes pratiques en forêt, et celles qu’il faut faire cesser.

 

Difficile d’entrer dans les détails dans ce courrier, mais sachez que Canopée participe à de nombreux groupes de travaux techniques. Le dernier en date, ce sont les Assises Nationales de la Forêt : la filière et le ministère de l’agriculture ont tout fait pour nous en exclure, mais le ministère de la transition écologique a tenu bon. Certes, le résultat n’est pas à la hauteur de l’enjeu, mais ça bouge : https://www.canopee-asso.org/cloture-des-assises-de-la-foret-et-du-bois-notre-reaction/ : désormais, les aides publiques à la forêt pourront être bonifiées avec des conditions environnementales. Entre les lignes, c’est bien l’aveu que certaines pratiques sont moins favorables que d’autres.

 

Dans les prochains mois, de nouvelles règles, qui encadreront la gestion forestière dans les forêts privées, vont être mises en consultation publique dans chaque région : pour la première fois, des règles encadrant les coupes rases sont mises sur la table. Mais elles sont très variables d’une région à l’autre. Donc il ne va tenir qu’à nous de nous mobiliser pour renforcer ces règles et les tirer vers le haut. Gardez l’œil sur nos prochains messages, ça va démarrer très vite pour la région Bourgogne- Franche-Comté.

 

Voilà les amis, c’est tout pour ce mois-ci. Soyez assurés d’une chose : nous sommes plus déterminés que jamais. Et nous avons pleins d’idées dans les cartons pour les prochains mois. Pour celles et ceux qui le peuvent : vos dons sont précieux : https://canopee-asso.iraiser.eu/b/mon-don?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_content=don&utm_campaign=newsletter-mars-2022 car ils nous donnent les moyens de ne pas céder à leur chantage en justice, à enquêter et mettre sur la place publique ce qu’ils aimeraient bien cacher.

 

 

PS : Un dernier mot pour vous parler d’un livre d’Alain Persuy, écologue et forestier : « Sauvez les forêts ! Petit manuel de résistance citoyenne ».

 

En fin connaisseur de ce petit monde, Alain vous guide dans ses méandres, vous en décrypte le jeu d’acteurs et vous montre surtout les multiples façons d’agir en tant que citoyen. A retrouver dans votre librairie !

 

 

Suivez-nous sur les réseaux sociaux.

 

Vous avez reçu cet email car vous vous êtes inscrit sur Canopée.

 

© 2022 Canopée

 

Vidéo :

[1] Landes : La vidéo que la filière bois voulait éviter – Canopée / YouTube

[2] On s’infiltre à FOREXPO pour remettre un prix très spécial ! – Canopée / YouTube

[3] On révèle la face cachée du plan de relance en forêt – Canopée / YouTube

 

Photo :

Pour illustration